Une application mobile développée pour iOS proposait aux internautes de participer au sauvetage de migrants en mer Méditerranée. Mais elle a été supprimée de l'App Store après que de graves dysfonctionnements ont été dénoncés.

Un fake ? L’application pour iOS nommée I Sea semblait poursuivre un but noble. La plateforme proposait à sa communauté de participer au sauvetage de migrants en mer Méditerranée. Pour cela, Grey Digital, l’entreprise qui a créé l’application, s’est associée à l’ONG humanitaire maltaise Migrant Offshore Aid Station (MOAS) qui utilise des images satellite pour permettre aux utilisateurs de repérer les bateaux qui peuvent être en détresse.

L’application divisait lesdites images en des millions de fragments. Chaque internaute recevait une photographie unique à surveiller. Lorsque celui-ci pensait avoir repéré un navire de migrant, il était invité à le signaler. Toutes les alertes devaient ensuite être traitées par MOAS afin d’effectuer des opérations de sauvetage en mer. 

Un objectif humanitaire salué et bienvenu pour solutionner l’un des plus grands défis du 21e siècle. Un projet enthousiasmant même, à l’instar de toutes les technologies développées pour mettre fin à cette tragédie en mer Méditerranée.

Sauf que l’application a été supprimé lundi de l’App Store. Et pour cause, plusieurs utilisateurs ont dénoncé des dysfonctionnements de la plateforme. Un problème de taille a notamment été remarqué : les images fournies par l’application ne seraient pas prises en temps réel. Pire encore, celles-ci dateraient de 2015.

Une application inutile et bien trop indiscrète

D’autres internautes ont également souligné le fait que, pour pouvoir lancer une alerte pour un sauvetage, l’application demandait un nombre trop important d’informations personnelles… dont le numéro de passeport. Pour quoi faire ?

Grey Digital n’a pas encore réagi officiellement à la suppression de I Sea sur l’App Store. Néanmoins, dans un communiqué publié dimanche, l’éditeur écrivait que «  l’application est actuellement en phase de test ». L’entreprise y reconnaissait « qu’au cours de cette période d’essai, les images satellitaires disponibles ne sont pas en temps réel  ».

« Nous travaillons encore pour optimiser la technologie, mais nous sommes fiers de ce que nous avons accompli à ce jour et nous sommes reconnaissants envers tous ceux qui ont manifesté leur intérêt pour aider à améliorer l’application », ajoutait-il, face au scandale croissant.

Des milliers d’hommes, femmes et enfants, venus d’Afrique et du Moyen-Orient, traversent chaque jour la Méditerranée pour rejoindre le continent européen. Mais pour faire le voyage, ils ne disposent que d’embarcations extrêmement précaires et la mer s’est transformée en un véritable cimetière. Depuis le début de l’année, plus de 1 300 personnes y ont trouvé la mort.

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