La Nasa a réalisé la semaine dernière ses premiers tests grandeur nature d'un système de coordination automatisée des drones, pour permettre aux engins de voler sans se gêner les uns les autres.

Pendant que nous regarderons à travers les toitures vitrées de nos voitures autonomes, nous verrons un jour dans le ciel au dessus de nos têtes des dizaines et des dizaines de drones se croiser, pour livrer des pizzas ou nos nouvelles chaussures. Et cela paraîtra aussi naturel que d’utiliser dans la rue des téléphones miniatures capables d’afficher des informations à la demande sur un écran, ce qui paraissait inconcevable il y a un moins d’un demi-siècle. Mais en attendant, il faut encore mettre au point les systèmes qui éviteront que les drones ne se cognent entre eux et tombent sur nos têtes.

C’est à cela que travaille la Nasa. L’agence spatiale avait annoncé en 2014 travailler à la conception d’une plateforme de contrôle aérien automatisée pour faire cohabiter tous les drones, dans un programme rejoint depuis par des acteurs comme Google ou Amazon. La semaine dernière, la Nasa a annoncé avoir réalisé avec succès un premier test en conditions réelles.

drone

L’agence a fait décoller simultanément jusqu’à 22 drones, répartis sur six sites de test de l’Administration aérienne fédérale (FAA), en Alaska, au Dacota du Nord, au Nevada, dans l’état de New York, en Virginie, dans le Maryland, et au Texas. Le but était de tester la coordination de l’ensemble des drones, de constructeurs différents, à travers la même plateforme de gestion automatisée du trafic aérien. Certains drones communiquaient directement avec la plateforme, d’autres étaient pilotés par des centres de commandement.

Des tests au moins jusqu’en 2019

Dans un communiqué, la Nasa a annoncé que l’opération avait parfaitement fonctionné, en combinant à la fois la vingtaine de drones physiques mis dans l’espace aérien, et plusieurs douzaines d’autres insérés virtuellement dans le logiciel de contrôle, pour simuler un trafic plus intense. La plateforme permet de fournir à chaque drone son plan de vol en fonction des objectifs demandés, en s’assurant que l’ensemble des vols soient compatibles.

Pour l’instant les tests réalisés à vue sur des champs dégagés sont uniquement d’un niveau 1 de complexité, sur une échelle à 4 crans. Le niveau 4 correspondra aux vols intensifs de drones en milieu urbain.

« Le logiciel s’est comporté superbement », s’est félicité Richard Kelley, l’ingénieur en chef du centre d’innovation sur les systèmes autonomes avancés de l’Université du Nevada, qui participait à l’expérience. Selon lui, celle-ci devrait « fournir des données précieuses et pointer vers des questions ouvertes auxquelles la communauté scientifique devra répondre, pour intégrer de façon sûre les drones au système national [de contrôle aérien] ».

L’objectif de la Nasa est de confier la plateforme à la FAA d’ici 2019, pour qu’elle-même réalise ensuite ses propres tests avant de donner un éventuel feu vert à une circulation de drones entièrement automatisée.

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