La NASA travaille à la conception d'une plateforme automatisée pour réguler le trafic aérien des drones, qui pourrait être fortement densifié par le e-commerce, si les projets de livraisons par drones d'Amazon et Google se concrétisent.

Amazon l’a assuré en écrivant cet été aux autorités de régulation de la sécurité aérienne aux Etats-Unis pour demander l’autorisation de tester la livraison par drones : « un jour, voir (des drones livrer des commandes) sera aussi normal que de voir des camions de courriers sur la route aujourd’hui« . C’est aussi un avis partagé par Google, qui a révélé son propre Project Wing testé en Australie. Mais en attendant, de nombreux obstacles techniques et réglementaires restent à soulever, à commencer par l’élaboration d’une forme de code de la route aérienne destinée aux drones.

Comment des centaines de drones qui se rendent dans les mêmes quartiers ou repartent vers les mêmes entrepôts pourront-ils se répartir l’espace aérien de façon intelligente, coordonnée, pour éviter les collisions et évoluer de la façon la plus fluide possible ? Si chaque fabricant de drones détermine ses propres règles, c’est l’accident assuré. Une interopérabilité et un contrôle central semblent indispensables.

Aux Etats-Unis, la NASA a donc commencé à travailler sur une plateforme automatisée qui aurait pour mission de se substituer au traditionnel contrôle aérien opéré par des humains, en séparant l’espace aérien en deux grandes parties. En haute altitude, les avions continueraient à être de la responsabilité des contrôleurs aériens, tandis qu’à quelques centaines de mètres de hauteur, au royaume des drones, ce sont des algorithmes et des systèmes de communication sans fil qui permettraient de s’assurer de la sécurité des vols.

Vers des règles renforcées en Europe

Il ne s’agit pas seulement de déterminer des règles et de les faire appliquer, mais aussi d’avoir l’autorité pour mettre au sol les drones en cas de risques liée à météo, ou de déterminer des zones d’exclusion aérienne où les drones seraient purement et simplement interdits. Notamment à proximité des aéroports, pour ne pas troubler le décollage ou l’atterrissage des avions pilotés par un humain — les règles françaises d’encadrement des drones civils prévoient déjà de telles zones d’exclusion.

Au niveau européen, la Commission a annoncé son intention de renforcer les règles sur les drones civils, en matière de sécurité et de respect de la vie privée. Mais à notre connaissance, il n’est pas encore prévu de contrôle aérien automatisé pour réguler l’ensemble du trafic.

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