Save répare 250 smartphones par heure en Europe. La startup qui vient de lever quelques millions d'euros pour s'étendre s'est exprimée par l'intermédiaire de son CEO sur le bad buzz lié à l'erreur 53 sur iPhone.

L’erreur 53 sur l’iPhone : personne n’en parlait il y a deux semaines et maintenant, tout le monde est au courant. Sur Numerama, nous avons publié un premier article qui expliquait comment Apple avait toujours préféré prendre le contrôle des réparateurs et autres revendeurs plutôt que de les laisser faire ce qu’ils entendaient avec les appareils de la marque. Un deuxième article a complété le premier pour analyser la réponse d’Apple que nous jugions peu satisfaisante, au moins au niveau de la communication.

Aujourd’hui, le patron de Save, une société française de réparation d’appareils technologiques — et particulièrement de smartphones —  a pris la plume sur Medium pour donner son point de vue sur la situation. Et Damien Morin est surpris par l’ampleur qu’a pris cette affaire… et se demande pourquoi elle ne décolle que maintenant : « En réalité chez Save, nous sommes très surpris de n’entendre parler que maintenant de cette histoire. Nous connaissons l’erreur 53 depuis longtemps, depuis la sortie du touch ID sur iPhone (depuis l’iPhone 5S). Cela fait donc presque 3 ans  », affirme-t-il, avant de rappeler qu’un smartphone est aujourd’hui aussi une carte bancaire et que l’argument d’Apple sur la sécurité n’est pas à prendre à la légère.

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Les précisions qui suivent sont tout aussi intéressantes : Morin affirme qu’une grande partie des composants d’un iPhone sont appairés et qu’Apple peut détecter cela à distance sans le moindre souci. C’est pour cela qu’une erreur 53 se déclenche quand le bouton Touch ID est modifié : si l’iPhone ne détecte pas le TouchID appairé à la carte mère, il lance cette protection violente sous la forme d’une erreur qui fige l’appareil. La raison est bien simple : l’empreinte digitale n’est pas sauvegardée dans la carte mère d’un iPhone mais sur la puce Touch ID. Et Morin de commenter : « Cela veut dire que s’il n’y avait pas cette sécurité, nous pourrions démonter deux iPhone, intervertir les Touch ID et avoir accès aux données de l’autre iPhone ». Une technique qui ferait plaisir aux gouvernements en recherche de backdoors, mais pas forcément aux utilisateurs.

En creux, cela signifie donc que vous pourrez continuer à aller faire réparer vos iPhone à peu près où vous le souhaitez : des millions d’iPhone sont passés par un SAV tiers, Apple le sait depuis longtemps et n’a aucun intérêt à les bloquer. Le seul véritable problème vient de Touch ID et de sa réparation — ou de son remplacement — qui touche à la sécurité de vos données et de vos comptes en banque, contrairement à un composant comme l’écran ou la batterie. Pour autant, si votre Touch ID est endommagé, vous devrez le faire remplacer chez Apple pour éviter les soucis. Si vous avez fait réparer votre écran par exemple et que vous avez une erreur 53, c’est que votre réparateur a fait n’importe quoi et a touché des câbles liés à Touch ID ou a détérioré votre bouton Touch ID lors du démontage.

Reste à Apple à mettre un terme à cette polémique et à adopter des guidelines claires vis à vis de ses clients

Même son de cloche chez WeFix, le concurrent de Save, qui affirme que les équipes de maintenance de la société connaissent bien l’erreur 53 et savent réparer un appareil sans la provoquer : « Chez WeFix nous connaissons parfaitement ces appareils aussi nos interventions sont faites pour ne jamais entraîner cette fameuse Erreur 53. Nous sommes convaincus qu’Apple trouvera à ce problème les réponses appropriées dans le respect du droit et des clients.  » Edouard Menantaud, président de l’entreprise, souhaite tout de même que l’affaire fasse progresser leur relation avec Apple, sous la forme d’un partenariat ou d’un agrément : « Par ailleurs il serait bon qu’Apple envisage d’agréer des entreprises de réparation comme WeFix qui, grâce à un réseau de proximité, propose un service réactif et de qualité.  »

Reste à Apple à mettre un terme à cette polémique et à adopter des guidelines claires vis à vis de ses clients et des personnes qui travaillent, même indirectement, à faire perdurer leur écosystème fermé.

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