La réparation du bouton central ou de l'écran d'un iPhone ou d'un iPad est devenue si fréquente que des entreprises se sont lancées spécifiquement pour ça. Mais Apple vient de bouleverser ce secteur d'activité avec grand bruit.

Les smartphones sont de plus en plus chers. Ils sont aussi de plus en plus fragiles à cause de la technologie qu’ils embarquent. La réparation de ces appareils est devenue classique pour s’éviter des dépenses supplémentaires. Mais Apple semble avoir décidé de ne plus laisser les réparateurs indépendants comme Save s’occuper de leurs iPhone et iPad : si vous avez fait installer un écran ou un bouton central qui ne provient pas directement d’Apple, via un Apple Store ou une société agréée Apple, vous risquez de perdre l’usage total de votre périphérique. La raison invoquée ? La sécurité.

Un marché de la réparation juteux pour Save et donc pour Apple

Le porte-parole d’Apple l’a justifié en expliquant que le problème réside dans les pièces utilisées par les réparateurs. Le bouton central des iPhone et iPad intègre la reconnaissance de l’empreinte, celle-la même qui permet d’effectuer des paiements via son mobile ou sa tablette. Pour éviter tout piratage, iOS 9 fait une vérification de l’intégrité du périphérique avant de se relancer. Si les pièces physiques ne sont pas certifiées, le système d’exploitation rend inutilisable l’appareil.

Dans ce cas, plus rien n’est possible si ce n’est d’acheter un nouveau téléphone. Ce qui est une véritable déclaration de guerre aux sociétés qui font de la réparation de téléphones et de tablettes, comme Save. Cette startup, lancée en 2013 et qui a récemment levé 15 millions d’euros pour accélérer sa croissance, pourrait perdre une grosse partie de ses clients avec cette nouvelle, Apple étant le leader incontesté sur le segment des smartphones haut de gamme.

Pour se sauver, Save va devoir devenir un point de vente Apple

Apple vient d’expliquer qu’il n’était pas question que son investissement dans ses boutiques Apple Store aille en pure perte. Ces Apple Stores sont un investissement lourd en termes d’acquisition et de fidélisation des clients. Et il n’est pas acceptable de voir ses clients partir chez Save sans qu’ils n’obtiennent un dédommagement. Dédommagement qui sera certainement sous forme de licence pour devenir « réparateur agréé ». Mais l’accord ne devrait pas s’arrêter là.

Apple n’a pas l’habitude de laisser des choses au hasard quand on parle de leurs produits. Pour avoir le droit de vendre des produits Apple, la Fnac doit par exemple créer un point de vente spécifique respectant la charte Apple Store et avoir des vendeurs dédiés. Il n’est pas impossible que les réparateurs agréés doivent mettre en place un point de vente dédié Apple et respecter une charte spécifique en plus des frais de licence. Frais qui seront certainement un pourcentage du chiffre d’affaires généré par l’enseigne partenaire.

Appartenir à une chaine de valeur ou à un écosystème

Cette annonce est un nouveau rappel aux sociétés qui appartiennent à un écosystème : vous êtes redevables de toutes les actions engagées par le créateur de l’écosystème et soumis à ses décisions. Dans le cas présent, Apple a décidé et les réparateurs vont devoir se plier à sa décision. Car la création d’une entreprise démarre souvent dans une niche avec peu de clients pour valider la technologie ou en créant un service complémentaire d’un service majeur.

Mais l’objectif est de s’extraire de la niche ou de la dépendance à un service majeur. Ce que les sociétés comme Save vont devoir rapidement faire en sortant de l’ombre d’Apple ou au contraire en acceptant totalement la soumission. L’impact de l’arrivée massive des Apple Store sur les revendeurs Apple devrait leur donner un exemple du résultat s’ils ne trouvent pas les bonnes réponses rapidement.

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