La 11e édition du festival Hors Pistes se tient au Centre Pompidou du 23 avril au 8 mai 2016. Au programme : art, révolte et contestation sur fond de nouvelles technologies et de cyber activisme.

Chaque année depuis 11 ans, le festival Hors Pistes prend ses quartiers au Centre Pompidou. L’édition 2016 baptisée « Ciné-tracts » se tient du 23 avril au 8 mai 2016 et s’est fixée comme thème : l’art et la révolte. Mais c’est bel et bien le web qui est à l’honneur pour cette nouvelle édition du festival puisque celle-ci s’est ouverte avec une conférence de Gabriella Coleman, anthropologue et écrivain qui a basé son travail sur le cyber activisme et en particulier sur le mouvement Anonymous.

Lors de sa programmation, les organisateurs du festival avaient-ils prémédité la Nuit Debout et tous ses rassemblements à travers le pays, coordonnés par les réseaux sociaux ? Il n’y a pas meilleur moment que celui-ci pour aller voir ce qu’il se passe au Musée Beaubourg.

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Le festival Hors Pistes se servira du 7e art et de l’héritage des ciné-tracts comme medium privilégié pour faire passer un message. Les ciné-tracts tiennent leurs origines de mai 68 et de toute la vague de révolte qui a secoué le pays sous Georges Pompidou. Ces films d’une durée d’environ trois minutes avaient pour but de réveiller le spectateur mais aussi le pousser à s’engager dans le mouvement de Mai 68. À l’origine réalisés par Godard ou Resnais pour ne citer qu’eux, ces très courts-métrages étaient présentés au sein même des universités ou des usines, des lieux sujets aux révoltes.

Art, contestation et lanceurs d’alerte

Presque 50 ans après Mai 68, soit un demi siècle plus tard, le Festival Hors Pistes se réapproprie les ciné-tracts à la mode 2016. Nouvelles technologies obligent, cette 11e édition du festival tire ses images et ses enregistrements de smartphones, de webcams ou encore de drones. Le festival organisera également toute une série de conférences et de débats autour de l’art et la révolte.

L’art est un moyen d’expression de premier choix et a toujours été le témoin et le reflet de la société dans laquelle il évolue. Ces dernières années, une nouvelle forme d’art a fait son entrée dans les musées d’art contemporain puisque des journalistes et des lanceurs d’alertes s’y font progressivement une place.

En février dernier, le Whitney Museum a mis Laura Poitras à l’honneur en organisant Astro Noise, une exposition tournant autour du travail de la journaliste et réalisatrice. Laura Poitras est connue pour son travail portant sur la surveillance de masse, elle est à l’origine de la publication des révélations sur la NSA. Ces informations lui avaient été fournies par le lanceur d’alerte Edward Snowden, ce qui avait donné lieu au formidable documentaire CitizenFour, primé aux Oscars.

Dans Astro Noise, la réalisatrice projetait des vidéos comme cet interrogatoire du chauffeur de Oussama Ben Laden par la CIA, au sol les mains dans le dos :

Il y a fort à parier que la culture et l’art devront désormais composer avec les lanceurs d’alertes et autres cyber activistes.

Le festival se tient du 23 avril au 8 mai 2016 au Centre Pompidou. 6 euros / 4 euros en tarif réduit.

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