Selon CNN, l'entreprise russe Internet Research Agency que l'on retrouve derrière de nombreuses tentatives d'influence de la vie numérique américaine en 2016 aurait étendu sa sphère d'influence jusqu'aux joueurs de Pokémon Go. Le jeu de Niantic aurait servi de prétexte pour souligner les tensions entre la police et la communauté afro-américaine.

Internet Research Agency est sortie de l’ombre dans laquelle elle se terrait depuis 2016. Son rôle dans l’influence russe sur la présidentielle américaine est partiellement mis en lumière par une enquête parlementaire. Facebook, Pinterest ou encore Tumblr ont retrouvé des traces de faux-comptes liés à cette entreprise dans différentes communautés et le réseau social de Mark Zuckerberg est allé jusqu’à souligner que l’entreprise avait dépensé une centaine de milliers de dollars en publicités sur sa plateforme.

En somme, Internet Research Agency apparaît comme un pion dans la stratégie d’influence de l’opinion menée par la Russie. Or si, comme la manifestation de Houston le soulignait, les agents étrangers se sont joués de la droite radicale, ils ont également incité des communautés afro-américaines à appuyer sur le sentiment de fracture. Un jeu sur les deux bords de l’échiquier qui devait conduire à accentuer les clivages américains.

Un concours pour créer du ressentiment

Selon CNN qui fonde sa découverte sur les sources de l’enquête Mueller, le réseau de microblogging Tumblr a été utilisé pour atteindre les communautés afro-américaines. En juillet 2016, un blog créé par l’entreprise russe organisait un concours pour les joueurs de Pokémon Go, jeu mobile de Niantic, qui étaient sympathisants des mouvements Black Lives Matter, les invitant à se rendre près des lieux où des Afro-Américains ont subi des violences policières pour chasser des créatures fictives. En outre, le concours demandait à ses participants de changer le nom des créatures pour leur donner les patronymes des victimes.

Capture d’écran du concours organisé par des russes / CNN

La chaîne américaine note que le concours faisait partie d’un vaste réseau inspiré du mouvement Black Lives Matter appelé Do Not Shoot Us qui comprenait plusieurs comptes sur des réseaux et un site internet. L’intégralité de cette communauté a été construite par les agents d’Internet Research Agency selon l’enquête. Les pages Instagram, Facebook et Twitter de cette vraie fausse communauté ont été suspendues. Il reste néanmoins sa page YouTube et le blog Tumblr qui a néanmoins changé sa cible, passant des fractures ethniques, à la question du conflit israélo-palestinien.

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