Google a obtenu la levée du blocage de YouTube au Pakistan. Mais en contrepartie, il lui faudra masquer les vidéos considérées blasphématoires dans le pays.

Au Pakistan, on ne plaisante pas avec les contenus blasphématoires. Google ne le sait que trop bien. Ces dix dernières années, son service d’hébergement de vidéos, YouTube, a fait souvent l’objet d’un blocage de l’accès dans le pays, qu’elle soit prononcée par la justice ou bien ordonnée par le gouvernement lui-même. Avec parfois des sanctions d’une durée très longue : la dernière en date s’est étalée sur un an.

Mais les choses sont en train de changer.

YouTube Historique

En effet, la firme de Mountain View va pouvoir à nouveau accueillir les internautes pakistanais sur son service. Lucide sur le fait qu’Islamabad ne va pas transiger sur les questions religieuses, la société américaine fournit depuis peu une version « localisée » de YouTube pour atteindre le Pakistan, mais des nations voisines, à l’image du Sri Lanka et du Népal, fait savoir l’AFP.

Avec cette déclinaison « localisée » de YouTube, Google devrait pouvoir agir sur une vidéo jugée offensante par les autorités pakistanaises, afin de se conformer à la législation locale (le délit de blasphème est inscrit dans une loi adoptée en 1986), sans empêcher toutefois des internautes provenant d’autres pays de la consulter. C’est au prix d’une censure ciblée des contenus qu’il héberge que YouTube peut revenir.

Si YouTube a souvent été bloqué au Pakistan, l’action la plus médiatique est certainement celle causée par la sortie en 2012 du film pamphlétaire sur l’islam, L’Innocence des musulmans. Il dépeint en effet un Mahomet caricatural, adepte de l’homosexualité et de la pédophilie, ce qui a sans surprise entraîné des réactions très vives et des protestations parfois violentes dans des pays à forte population musulmane.

Les vidéos blasphématoires dans le collimateur du Pakistan.

Au moment de l’affaire, Google avait rappelé le règlement de la communauté de YouTube, qui encourage a liberté d’expression et défendons le droit de chacun à exprimer des points de vue, même « peu populaires », à condition qu’ils ne soient pas le véhicule de « discours incitant à la haine, qui attaquent ou rabaissent un groupe en raison de […] la religion ».

Le site rappelait cependant que « tout ce que vous verrez ne vous plaira peut-être pas. Certains contenus sont susceptibles de vous choquer. Si vous pensez qu’ils sont contraires à nos conditions d’utilisation, cliquez sur ‘Peut offenser’ […] Si la vidéo n’est pas contraire à notre règlement, cliquez simplement sur une autre vidéo. Pourquoi perdre votre temps à regarder des vidéos que vous n’aimez pas ? ».

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