Dans un billet publié hier sur nin.com, Trent Reznor annonce la sortie de Y34RZ3R0R3M1X3D. Il s’agit d’une compilation de remixes faits par divers artistes (dont deux de son pote Saul Williams) à partir de son dernier album Year Zero. Le leadeur de Nine Inch Nails prévoit d’offrir, pour la version physique de cette compile, un DVD dans lequel seront entreposées toutes les pistes master de Year Zero ; il s’agit des sessions d’enregistrement issues du studio, indispensables pour quiconque souhaite remixer un morceau.

« Il y a plusieurs années, j’ai persuadé ma maison de disque de me laisser publier les fichiers de mon enregistrement master sur nin.com » explique le frontman de Nine Inch Nails. « Beaucoup de choses vraiment funs en sont sorties… Les communautés se sont développées, des sites web furent crées, et même la radio traditionnelle entra dans le jeu en diffusant les mixes des fans. » Seule pièce manquante selon Reznor, l’hébergerement. « De nombreux fans intrépides ont fait du bon boulot en fournissant une destination permettant aux gens de publier leurs mixes, mais j’ai senti que c’est une fonction que j’aurais dû mieux soutenir. »

Seulement, dès que l’on s’attaque à la question d’héberger les remixes, cela pose problème. Year Zero et l’album de remixes sont tous les deux chez Interscope Records, un label détenu par Universal. Or, Universal est en guerre ouverte avec YouTube et MySpace, où les internautes diffusent des contenus sans son autorisation ; et il est bien connu que les remixes utilisent fréquemment des samples issus de différentes sources dont l’auteur n’a pas forcément les droits d’utilisation. « Ils partent du principe que si un fan décide de remixer un de mes masters avec du contenu qu’Universal ne possède pas – un « mash-up », un sample, ou n’importe quoi d’autre – et qu’il le dépose sur le site, il n’y a pas d’exception légale au regard du DMCA et ils feront exactement ce que MySpace et YouTube font. Ce comportement pourrait être repris par la cour et avoir un impact sur leurs poursuites. »

Bref, c’est par peur de se voir décrédibiliser devant le tribunal qu’Universal a insisté pour que nin.com héberge lui même ces remixes et en assume la responsabilité. En échange, la major autorise Trent Reznor à diffuser ses masters, mais demande malgré tout au chanteur d’obliger les remixeurs en herbe à signer un contrat stipulant qu’ils n’utilisent pas de contenu non autorisé. « Si ils le font quand même, tout le monde poursuit tout le monde et la Terre s’arrête soudainement de tourner » ironise-t-il. Quoiqu’il en soit, Trent Reznor se dit profondément affecté par le fait que les détenteurs de contenu continuent « d’étouffer l’innovation face à la révolution numérique » et promet de vite trouver un moyen de mettre en œuvre son idée.

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