Il ne faut guère être qu’une major pour encore croire aux DRMs. L’industrie a mis (trop) longtemps à se rendre compte qu’ils constituaient un frein considérable à la consommation ; et même si EMI ne s’est pas caché pour affirmer que son catalogue se vend bien mieux sur Internet depuis que ses protections ont été abandonnées, on ne savait pas trop dans quelle proportion cela jouait. Les chiffres fournis par 7 Digital devrait permettre de se faire une idée.

Selon la plateforme britannique, les consommateurs achètent quatre fois plus de morceaux sans DRM qu’avec. En fait, 80 % des ventes du site concerneraient des morceaux non protégés. « Le MP3 est le seul format interopérable qui marche avec l’iPod, la plupart des téléphones mobiles (y compris l’iPhone) et les lecteurs MP3 » a déclaré Ben Drury, fondateur et président du site. « Les consommateurs ont plus de bon sens que certains ne le pensent. » Si même les sites de téléchargement désignent les DRMs comme une arnaque complète, on se demande pourquoi on peut encore en trouver ; et il serait temps que l’industrie arrête de profiter de la méconnaissance du « débutant » pour lui faire acheter des morceaux sans que celui-ci ait forcément conscience du fait qu’il ne pourra pas les utiliser comme bon lui semble.

Mais ce n’est pas tout. Toujours selon 7 Digital, les consommateurs seraient plus enclins à acheter des albums complets que ceux qui achètent du contenu sous DRM. Si les fervents défenseurs des DRM ont souvent cru qu’une absence de protection pousserait à l’achat au titre par titre, voilà une idée qui fond encore comme neige au soleil. EMI a déjà fait le saut, Universal y avance à tâtons, mais Sony BMG et Warner sont encore en plein dedans. Comme quoi, si il y a une chose que les majors ont réussi à prouver avec brio ces dernières années, c’est leur extraordinaire capacité à pouvoir se tirer une balle dans le pied et continuer d’avancer tant bien que mal vers ce qu’elles croient bon pour elles.

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