Voici une initiative pour le moins originale que tente EMI avec le célèbre chanteur britannique Cliff Richard, dont la carrière a commencé dans les années 1950 avec les Shadows. L’ancien rockeur reconverti en crooner et gendre idéal de la ménagère anglaise doit sortir un nouvel album, « Love, The Album« , le 12 novembre prochain. Pour assurer ses ventes numériques, EMI propose à ses fans un système de vente groupée qui fait baisser le prix de l’album à mesure que le nombre de pré-commandes augmente.

Les fans peuvent ainsi se rendre sur le site LoveCliffRichard.com et écouter des extraits de chacune des 15 chansons de l’album. Ils peuvent ensuite pré-commander l’album en téléchargement s’ils le souhaitent, à un prix de départ fixé à 7,99 ⣠(env. 10,3 euros). Mais pour chaque pré-vente enregistrée, le prix baisse de 1 centime. Le jour de la sortie de l’album, chacun des internautes qui a pré-commandé l’album est débité du prix le plus bas atteint grâce aux ventes. Le seuil en dessous duquel le prix de l’album ne baissera plus a été fixé à 3,99 ⣠(4,4 euros). Ceux qui ont joué le jeu recevront en plus deux chansons bonus supplémentaires, qui ne figureront pas sur l’album dans les bacs.

Pour EMI, les avantages à ce modèle sont multiples. Ils permettent d’abord de générer un buzz et un marketing viral efficace, puisque les acheteurs vont vouloir convaincre amis et familles d’acheter eux aussi l’album pour faire chuter le prix. La promotion se fait toute seule. Il suffit pourtant uniquement de 400 pré-commandes pour atteindre le prix minimum de 3,99 â£. Mais pour EMI, il s’agit sans doute moins de générer le maximum de ventes numériques que de convertir un public plus âgé qui n’est pas habitué à consommer de la musique par Internet.

Comment se répartissent les sommes versées ?

Même si techniquement les maisons de disques pourraient se passer de l’essentiel des intermédiaires de la chaîne traditionnelle, pour vendre directement des MP3 sur des sites créés en interne, et s’assurer la marge bénéficiaire la plus grande, il est intéressant de noter qu’en pratique l’intermédiaire est toujours très présent, et coûteux. Le site LoveCliffRichard a ainsi été confié à la société eMusu, qui facture entre 468,83 ⣠et 1761,33 ⣠la création du site, puis un minimum de 14,69 ⣠par mois pour la bande passante et l’hébergement. Ensuite, chaque vente réalisée sur le site donne droit à une commission et génère un paiement de droits à l’équivalent britannique de la Sacem, la MCPS-PRS. Ainsi pour une vente de 10 â£, eMusu retient 1 ⣠de frais et commissions, et 8 % (soit 0,8 â£) vont à la MCPS-PRS. Il faut aussi soustraire 1,49 ⣠de TVA britannique. Au final, EMI touche 6,71 â£, dont il devra verser une partie (sans doute autour de 10 %) à Cliff Richard.

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