Internet, les concerts, et l'éthique du public selon Manu Chao

Cédric L. - publié le Lundi 30 Juillet 2007 à 10h27 - posté dans Musique Numérique

Malgré la sortie le 3 septembre prochain de La Radiolina, Manu Chao ne croit plus vraiment au disque. C'est donc l'occasion pour lui d'engager un nouveau rapport à Internet et d'esquisser un avenir pour le business de la musique. Un avenir où les artistes se défendront avant tout sur les planches et où le public ferait preuve d'une certaine éthique vis à vis des émergents.

On parle beaucoup de la réaction des majors face au piratage, mais pas assez de celle de leurs artistes, qui, après tout, sont tout autant concernés. Et si le consensus est de mise pour ces premières, les réactions divergent quant aux seconds.

On retrouve deux types de discours. Le premier, assez récurrent, va dans le même sens que l'industrie et condamne sans concession la pratique, allant même jusqu'à faire des paroles des chansons de véritables diatribes contre les téléchargeurs.

Le second, quant à lui, prend la mesure des choses et en tire les conséquences tout en dessinant des voies possibles pour l'avenir. Manu Chao en fait parti. Dans un éditorial accordé à Courrier International, le chanteur annonce sa décision d'arrêter de produire des albums et de faire de La Radiolina son dernier CD à sortir sur le marché. "Je n'arrêterai pas la musique" rassure-t-il, "mais, vu l'évolution technologique, peut-être que, par la suite, dès que j'aurai une nouvelle chanson, je la mettrai en ligne."

La Radiolina, qui veut dire "La petite radio" en espagnol, est emblématique du concept qu'il souhaite développer dans le futur. En effet, l'album devrait se voir élargir de nouveaux titres qui apparaîtront au fur et à mesure sur le site Web dédié. "J'utiliserai mon site Internet comme une station de radio. [...] L'idée, c'est de continuer d'envoyer des cartes postales sonores sur mon site, de mettre les chansons les unes derrière les autres sans penser systématiquement 'album'."

Bref, La Radiolina marque la fin d'une époque et le début d'un nouveau rapport à la musique que le chanteur considère comme inévitable. "Les grandes maisons de disques sont en difficulté, c'est un peu la fin des dinosaures" concède-t-il, pendant que "d'autres industries, notamment celles qui fabriquent les lecteurs MP3, engrangent les bénéfices. Les uns perdent, les autres gagnent. Et nous, chanteurs, devons trouver notre place pour continuer."

Alors plutôt que de jeter la pierre aux téléchargeurs - avouant même avoir eu pendant son adolescence 90 % de sa discographie "piratée" - Manu Chao esquisse deux optiques de développement pour l'avenir de la musique : Internet et les concerts. "Ceux qui se défendent sur les planches s'en sortiront mieux que ceux qui dépendent du studio ou qui ne sont pas à l'aise en direct".

Le modèle (ou les modèles) économique pour l'industrie musicale par rapport à Internet n'est pas encore défini. Certains le voient comme une simple évolution de support après le CD, d'autres comme un élément avant tout promotionnel destiné à alimenter un autre secteur qui marche très bien, celui du spectacle vivant.

Manu Chao, lui, ne prétend pas avoir trouvé la solution idéale mais tente de s'adapter. Son passé de 'pirateur" et la conscience qu'il a de la quasi-impossibilité pour les adolescents de satisfaire les exigences pécuniaires de l'industrie du disque l'ont-ils aidé à avoir une vision plus lucide du marché ?

Il faut en tout cas noter que le chanteur partage non seulement un discours que l'on retrouve souvent dans la bouche des pirateurs mêmes - "Nous n'avions pas assez d'argent pour acheter de la musique, mais nous avions envie d'en écouter." - mais aussi l'éthique que ceux peuvent parfois montrer : "Que les gens piratent les 'gros' comme moi, ça ne me gêne pas. Mais qu'ils fassent l'effort d'acheter la musique des petits labels".

 
Publié par Cédric L., le 30 Juillet 2007 à 10h27
 
 
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Commentaires à propos de «Internet, les concerts, et l'éthique du public selon Manu Chao»
 
'Cédric, le 01/01/1970 - 01:00
Malgré la sortie le 3 septembre prochain de La Radiolina, Manu Chao ne croit plus vraiment au disque. C'est donc l'occasion pour lui d'engager un nouveau rapport à Internet et d'esquisser un avenir pour le business de la musique. Un avenir où les artistes se défendront avant tout sur les planches et où le public ferait preuve d'une certaine éthique vis à vis des émergents.

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Qu'entend-il par "avouant même avoir eu pendant son adolescence 90 % de sa discographie piratée" ?
Vu son âge, ça m'étonnerait que ce soit pour téléchargement. Quant au gravage ou à la copie cassette, relevant de la copie privée, ce n'était pas illégal. Il serait quand même temps d'arrêter de considérer la copie privée comme du piratage (et là, je dois avouer que Rat' m'étonne sur ce coup-là ...).

Cela étant, un artiste mainsteam de plus à tourner casaque aux majors ...
'killerz', le 01/01/1970 - 01:00
'Cédric, le 01/01/1970 - 01:00
Malgré la sortie le 3 septembre prochain de La Radiolina, Manu Chao ne croit plus vraiment au disque. C'est donc l'occasion pour lui d'engager un nouveau rapport à Internet et d'esquisser un avenir pour le business de la musique. Un avenir où les artistes se défendront avant tout sur les planches et où le public ferait preuve d'une certaine éthique vis à vis des émergents.

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Qu'entend-il par "avouant même avoir eu pendant son adolescence 90 % de sa discographie piratée" ?


"Combien de disques vinyles n'avons-nous pas copié sur des cassettes étant plus jeunes ? Adolescents, quand un ami achetait un album, nous étions 80 à l'enregistrer. Je n'exagère pas : à l'époque, 90 % de ma discothèque était piratée."

Que ça soit dans la bouche de l'artiste concernant le vinyle ou celle des majors concernant le peer-to-peer, le terme est de toute façon galvaudé.
Non on milite pour une stricte application du concept de cercle familial aux 80 personnes les plus proches de notre entourage et à la fin du concept ridicule de 5 copies maximum autorisée dans la mesure ou ton système est compatible avec ce drm respectant la vie privée et le droit de revendre un album.
tient ça fait longtemps qu'il n'est pas passé nous voir l'ami Raoul.....
à 100% d'accord avec Manu Chao, sur le fond... L'industrie du disque est un dinosaure qui va a terme perdre de sa puissance....

Sidi, Ta bannière ca veut dire quoi ? Je dois te rappeler ce que veut dire "démocratie" ? Et comment elle est mise en place en france ?
Mais je suppose que les cours d'histoires tu ne connais pas, et que le mot dictature et ses applications dans le monde tu ne connais pas non plus...
Si tu te trouve en dictature en France, alors va faire un voyage en Afrique, à défaut de ne pas connaître ton histoire, va faire du tourisme la bàs ;)
'Cédric, le 01/01/1970 - 01:00
Manu Chao, lui, ne prétend pas avoir trouvé la solution idéale mais tente de s'adapter. Son passé de 'pirateur" et la conscience qu'il a de la quasi-impossibilité pour les adolescents de satisfaire les exigences pécuniaires de l'industrie du disque l'ont-ils aidé à avoir une vision plus lucide du marché ?
Très probablement. L'ère du MP3 est récente, on est encore dans un situation de transition. Dans quelques années (dizaines tout au plus), nombres d'artistes auront grandi avec le web, auront touché de près ou de loin au téléchargement illégal (que ce soit de la musique ou non, d'ailleurs), et il rejoindront probablement le point de vue de Manu Chao, qui est encore un "précurseur" aujourd'hui. Alors les majors chez lesquelles ces artistes se tourneront devront revoir leur politique, faute de quoi ils pourraient être tenté de ne pas signer chez elles...

'remixtech', le 01/01/1970 - 01:00
[...]
Don't feed the troll ;) (pas à jour en plus :D)
'killerz', le 01/01/1970 - 01:00
Qu'entend-il par "avouant même avoir eu pendant son adolescence 90 % de sa discographie piratée" ?
Vu son âge, ça m'étonnerait que ce soit pour téléchargement. Quant au gravage ou à la copie cassette, relevant de la copie privée, ce n'était pas illégal. Il serait quand même temps d'arrêter de considérer la copie privée comme du piratage (et là, je dois avouer que Rat' m'étonne sur ce coup-là ...).
Tu penses bien que ce qu'il a copié sur cassette, c'est pas les disques qu'il avait acheté mais ceux qu'il emprunté à ses copains, à la discothèque voire les chansons passant à la radio.
C'est des choses qu'on oublie vite, mais à l'époque des cassettes vierges, les majors se plaignaient déjà des conséquences du "piratage" (enfin moins qu'aujourd'hui, quand même)

crise du disque, 1980
Brassens parle de la crise du disque
J'ai pas retrouvé mais j'avais vu une vidéo dans laquelle Brassens disait qu'il fallait arrêter ceux qui font commerce des copie sur cassette et non ceux qui copie les chansons à la radio parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour acheter les disques. La même chose que Chao, en gros.
'Achille', le 01/01/1970 - 01:00
'killerz', le 01/01/1970 - 01:00
Qu'entend-il par "avouant même avoir eu pendant son adolescence 90 % de sa discographie piratée" ?
Vu son âge, ça m'étonnerait que ce soit pour téléchargement. Quant au gravage ou à la copie cassette, relevant de la copie privée, ce n'était pas illégal. Il serait quand même temps d'arrêter de considérer la copie privée comme du piratage (et là, je dois avouer que Rat' m'étonne sur ce coup-là ...).
Tu penses bien que ce qu'il a copié sur cassette, c'est pas les disques qu'il avait acheté mais ceux qu'il emprunté à ses copains, à la discothèque voire les chansons passant à la radio.
C'est des choses qu'on oublie vite, mais à l'époque des cassettes vierges, les majors se plaignaient déjà des conséquences du "piratage" (enfin moins qu'aujourd'hui, quand même)

crise du disque, 1980
Brassens parle de la crise du disque
J'ai pas retrouvé mais j'avais vu une vidéo dans laquelle Brassens disait qu'il fallait arrêter ceux qui font commerce des copie sur cassette et non ceux qui copie les chansons à la radio parce qu'ils n'ont pas assez d'argent pour acheter les disques. La même chose que Chao, en gros.

Je n'avais pas vu cet extrait, mais il est intéressant ...
Tout comme il est intéressant de voir que le piratage de l'époque n'a pas si mal réussi que ça aux nouveaux artistes vu que les ventes de CD ont explosé les années qui ont suivi.
Tout comme il est intéressant de voir, encore une fois, un artiste dire que pour lui, ça ne le dérange pas, mais qu'il faut penser au voisin que ça peut gêner. Parceque moins de 500 sociétaires SACEM (sur 110 000) gagnent en moyenne un smic par mois (ou plus), il faudrait que des millions de personnes vivent avec le risque de voir les flics débarquer à 6h du mat' pour une perquisition en bonne et dûe forme ? Pas sûr que du temps de la cassette magnétique, on envoyait les flics pour copie de vinyls ...
J'ai jamais rencontré Brassens, mais vu le gadjo, ça m'étonnerait que ce soit ce systéme-là qu'il défende lors de cette interview ...
D'autant que la vente de support vierge a considérablement augmenté les revenus annexes des auteurs, au travers de la taxe pour la copie privée.
Et que les vrais victimes actuelles (de la dématérialisation, et pas seulement du piratage), ce sont les magasins de disques, et non les maisons de disques.
'remixtech', le 01/01/1970 - 01:00
à 100% d'accord avec Manu Chao, sur le fond... L'industrie du disque est un dinosaure qui va a terme perdre de sa puissance....

Sidi, Ta bannière ca veut dire quoi ? Je dois te rappeler ce que veut dire "démocratie" ? Et comment elle est mise en place en france ?
Mais je suppose que les cours d'histoires tu ne connais pas, et que le mot dictature et ses applications dans le monde tu ne connais pas non plus...
Si tu te trouve en dictature en France, alors va faire un voyage en Afrique, à défaut de ne pas connaître ton histoire, va faire du tourisme la bàs ;)

ma signature n'est plus à jour car heureusement pour nous RDDV est aux oubliettes....

pour le reste je n'ai pas envie de me prendre la tête sur le fait qu'on est en démocratie ou pas avec le petit nouveau qui débarque.....

alors certes on n'est pas au niveau de l' Afrique ou de la Russie, quoique nico est allé prendre des cours en Lybie. Maintenant libre à toi de te voiler la face en pensant qu'ici tout il est beau et que la démocratie marche à fond :rolleyes:

car ce n'est pas parce qu'ailleurs c'est dix fois pire qu'il ne faut rien faire ici si on commence à en prendre le chemin tout doucement....le peuple allemand a mis au moins 10 ans pour en arriver à des trucs dégueux....
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