Affaire Techland : la réponse de la CNIL aux internautes menacés

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 11 Juillet 2007 à 15h10 - posté dans Société 2.0

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) a commencé à répondre aux internautes qui l'ont saisi suite aux nombreux courriers envoyés par une avocate française dans la désormais célèbre affaire Techland. Pour mémoire, ces internautes étaient informés par lettre simple qu'une procédure pénale lourde et très coûteuse allait être engagée contre eux sauf s'ils acceptent de payer 400 euros de dédommagement à l'ordre du cabinet d'avocat. Très menaçant sur les conséquences d'une action pénale, le courrier était accompagné d'un extrait de relevé d'adresse IP tendant à prouver que le destinataire de la lettre avait été trouvé en train de télécharger et de mettre à disposition sur des réseaux P2P le jeu Call of Juarez de l'éditeur polonais Techland.

On sait depuis que quatre fournisseurs d'accès à Internet (Neuf Cegetel, Orange, Télé2 et Alice) avaient protesté avec succès contre l'ordonnance leur demandant de révéler l'identité des internautes repérés. Mais quelques fournisseurs d'accès, en particulier Free, n'avaient pas jugé opportun de vérifier que l'ordonnance judiciaire avait bien été accordée sur la base d'un relevé autorisé par la CNIL, ce qu'exige la loi. Les abonnés de Free concernés par l'affaire Techland ont donc reçu la lettre de l'avocate, et pour certains obtempéré face au ton menaçant employé.

Une action serait possible contre le cabinet Elizabeth Martin

Or dans sa réponse aux internautes qui la saisissent (voir les PDF : page 1, page 2), la CNIL confirme que "les traitements automatisés de données à caractère personnel mis en oeuvre par un auxiliaire de justice (avocats) doivent faire l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL". "Je vous précise qu'après vérfication et sauf erreur de notre part, le cabinet Elizabeth Martin n'a, à ce jour, effectué aucune déclaration auprès de la CNIL", répond à l'un de ces internautes un chargé de mission de la Commission.

Celui-ci précise que l'article 226-16 du Code Pénal ouvre la possibilité d'une action pénale contre le cabinet Elizabeth Martin, car "le fait, y compris par négligence, de procéder ou de faire procéder à des traitements de données à caractère personnel sans qu'aient été respectées les formalités préalables à leur mise en oeuvre prévues par la loi est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende".

De quoi rappeler une nouvelle fois que même lorsqu'il s'agit de lutter contre le piratage, les règles élémentaires d'un Etat de droit s'appliquent. Piratage ou non, on ne peut pas faire n'importe quoi pour se faire justice.

(Note aux intéressés : nous vous rappelons qu'un forum dédié à l'affaire Techland est ouvert sur Ratiatum)

 
 
19
Commentaires à propos de Affaire Techland : la réponse de la CNIL aux internautes menacés
 
 
Le 11 Juillet 2007 à 15h33
Et les article 9 et 25 de la LIL ?
La CNIL ne s'en soucie pas ?
 
Le 11 Juillet 2007 à 15h45
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Et les article 9 et 25 de la LIL ?
La CNIL ne s'en soucie pas ?


tu veux pas être clair quand tu parles?
bile666
Le 11 Juillet 2007 à 15h51
La CNIL a répondu en tenant compte de tous les éléments, je ne pense pas qu'ils aient oublié ces 2 articles.

Il faut croire que cette décision ne t'enchante guère ;-)
 
Le 11 Juillet 2007 à 16h15
Déjà ce n'est pas une décision mais une simple lettre d'un chargé de mission.
Qu'il faille qu'il y ait déclaration ou pas de la part de l'avocat m'indiffère mais je mets simplement en doute le fait que la CNIL ait répondu en tenant compte de tous les éléments :
- l'adresse IP n'est visiblement pas une donnée personnelle d'après les dernieres décisions (c'est discutable mais je constate...:))
- le responsable du traitement des données personnelles (nom, prenom, adresse) est la juridiction qui a délivré l'ordonnance plutôt que Me Martin qui n'agit que sur autorisation judiciaire
- en tant qu'auxiliaire de justice, et même si l'adresse IP est une donnée personnelle, l'avocat est dispensé d'autorisation par l'article 25 de la LIL et de déclaration par l'article 22 vu qu'il n'y a rien d'automatisé dans ce que fait l'avocate.
bile666
Le 11 Juillet 2007 à 16h26
Qu'importe les mots, cette réponse et tous les éléments précédent sont une porte ouverte à d'éventuelles poursuites que nous encourgerons avec tous les moyens en notre possession.

Il nous reste un point à combler, celui de trouver un lésé qui a le courage d'aller jusqu'au bout.

Maintenant tu pourras tjs écrire à la CNIL pour leur donner un petit cours de droit :)
Jean_R
Le 11 Juillet 2007 à 16h32
DANS LE PIF TARTIFLOU !!

C'est puéril, gratuit, mais ça soulage. :p
 
Le 11 Juillet 2007 à 16h33
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Qu'importe les mots, cette réponse et tous les éléments précédent sont une porte ouverte à d'éventuelles poursuites que nous encourgerons avec tous les moyens en notre possession.


Vu les revers que se prend la CNIL en ce moment, je suis pas sûr que suivre ses avis soit une bonne idée pour les "lésés" dont tu parles :)
Par contre, j'encourage également ces poursuites mais uniquement pour que la situation soit clarifiée :D
ard-mortal
Le 11 Juillet 2007 à 16h41
MDR tu devrait cacher ta joie TARTIFLOU, ou devrait je dire NATASHA.....En tout cas t'a vu ? la bande de débiles avec ses deux gouroux C2 et L2 et leur avocat vendu à Famille de France ne s'en sortent pas si mal que ça .....moi je leurs rend hommage parce qu'avec tous les coups de putes que certains de ce forum leurs ont fait moi je leurs dit bravo!!!!!!
bile666
Le 11 Juillet 2007 à 16h58
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Qu'importe les mots, cette réponse et tous les éléments précédent sont une porte ouverte à d'éventuelles poursuites que nous encourgerons avec tous les moyens en notre possession.


Vu les revers que se prend la CNIL en ce moment, je suis pas sûr que suivre ses avis soit une bonne idée pour les "lésés" dont tu parles :)
Par contre, j'encourage également ces poursuites mais uniquement pour que la situation soit clarifiée :D


je vois pas en quoi ca serait une mauvaise idée. Mis à part le risque financier, je ne crois pas que cela soit une mauvaise idée et là encore rien n'est perdu ;-)
ze_katt
Le 11 Juillet 2007 à 16h59
C'est clair qu'ils s'en sortent pas mal, et c'est tant mieux.
Ceci dit, ils n'y sont pas pour grand chose...
 
Le 11 Juillet 2007 à 17h14
'bile666', le 01/01/1970 - 01:00
Mis à part le risque financier


Il est justement là le risque :) d'où la mauvaise idée les concernant si par malheur ils perdaient leur procès.
Il est clair que cette réponse de la CNIL les encourage dans cette voie.
phileg
Le 11 Juillet 2007 à 17h53
Pas s'ils se regroupent derrière 1 avocat...
bile666
Le 11 Juillet 2007 à 19h33
Et pas non si on les aide, ce que je compte bien faire.

Faut arrêter de nous les casser avec les problèmes de coût financier.

Mais c'est maintenant que l'on va voir si les anciens qui voulaient se battre voudront aller jusqu'au bout ou si ce n'était que par pur égoisme.
bourgpat
Le 11 Juillet 2007 à 20h49
'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Déjà ce n'est pas une décision mais une simple lettre d'un chargé de mission.
Qu'il faille qu'il y ait déclaration ou pas de la part de l'avocat m'indiffère mais je mets simplement en doute le fait que la CNIL ait répondu en tenant compte de tous les éléments :
- l'adresse IP n'est visiblement pas une donnée personnelle d'après les dernieres décisions (c'est discutable mais je constate...:))
- le responsable du traitement des données personnelles (nom, prenom, adresse) est la juridiction qui a délivré l'ordonnance plutôt que Me Martin qui n'agit que sur autorisation judiciaire
- en tant qu'auxiliaire de justice, et même si l'adresse IP est une donnée personnelle, l'avocat est dispensé d'autorisation ou de déclaration par l'article 25 de la LIL


Quelqu'un à deja répondus sur un aute fils sur cette affaire.

Florent16
Note: 0
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posté Aujourd'hui, 16:05
Message #25



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CITATION(Samenerve @ 11/07/2007, 14:52) *
Enfin, cher Bile666, je ne crois pas non plus possible de se retourner contre Me MARTIN qui bénéficie d'une des dispositions de la loi informatiques et libertés en tant qu'auxiliaire de justice.



Je te cite le courrier de la CNIL :

"Je vous informe également que conformément aux dipositions de l'article 22 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée en aout 2004 les traitements automatisés de données à caractere personnel mis en oeuvre par un auxiliaire de justice (avocats) doivent faire l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL".


Après parler de données non personnelle, or Me martin avait en sa possession les adresses IP et les noms correspondants à ces adresses fournies par les Fai. IL devient plus compliqué d'argumenter sur le caractère non personnel des donnés du listing obtenus par la fusion des deux bases de données.
 
Le 11 Juillet 2007 à 20h58
'bourgpat', le 01/01/1970 - 01:00
Quelqu'un à deja répondus sur un aute fils sur cette affaire.


Non, quelqu'un a simplement copié/collé la lettre de la CNIL, qui est justement l'objet de ce topic.

'bourgpat', le 01/01/1970 - 01:00
Après parler de données non personnelle, or Me martin avait en sa possession les adresses IP et les noms correspondants à ces adresses fournies par les Fai. IL devient plus compliqué d'argumenter sur le caractère non personnel des donnés du listing obtenus par la fusion des deux bases de données.


Personne n'a dit le contraire.
TotoRhino
Le 11 Juillet 2007 à 21h02
Enfin, la CNIL se réveille, enfin elle prend une position dans cette affaire !

Et n'est-il pas possible qu'une association de consommateurs se lance dans l'aventure, sachant qu'il y a bien faute de la part de l'avocate, de FREE et de la Société Logimachin ?
Florent16
Le 12 Juillet 2007 à 11h49
Attention à ce que vous dites sur Free : http://www.01net.com...ient-en-colere/

Je ne ferais aucun commentaire, j'ai évité un procès c'est pas pour en avoir un autre :biggrinthumb: Chacun tirera ses conclusions...
 
Le 12 Juillet 2007 à 13h12
'Florent16', le 01/01/1970 - 01:00
Attention à ce que vous dites sur Free.
Je ne ferais aucun commentaire, j'ai évité un procès c'est pas pour en avoir un autre

Si tu veux les diffamer, fais le sur leur forum:
http://www.freenews....hp?id=28235&p=5
Natasha
Le 13 Juillet 2007 à 14h23
A lire en ligne :

Affaire Techland : les FAI n'ont plus à dénoncer leurs clients

Affaire Techland : les FAI n'ont plus à dénoncer leurs clients
par Hélène Puel, 01net.
Le tribunal de grande instance de Paris a cassé l'ordonnance qui forçait les FAI à fournir l'identité de clients soupçonnés de téléchargement illégal à l'éditeur polonais du jeu « Call of Juarez ».

Nouveau rebondissement dans l'affaire Techland. Le tribunal de grande instance de Paris a annulé l'ordonnance du 22 janvier 2007 qui obligeait les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à communiquer les coordonnées de certains clients à l'avocate de l'éditeur polonais du jeuCall of Juarez. Les internautes en question étaient soupçonnés d'avoir téléchargé illégalement ce jeu qui se déroule à l'époque de la conquête de l'Ouest américain. Pour les prendre sur le fait, des relevés d'infractions comprenant les adresses IP des machines incriminées avaient été établis par un tiers, la société helvétique Logistep.

Certains FAI s'étaient soumis à cette ordonnance. Des abonnés avaient ainsi eu la désagréable surprise de recevoir un courrier dans lequel était proposé un règlement à l'amiable : en échange du versement d'une somme de 400 euros, ils échappaient à toute poursuite judiciaire.

Mais Alice, Neuf Cegetel, Orange et Tele2, refusant de se soumettre à cette injonction, ont contre-attaqué. Soutenus par l'Association française des fournisseurs d'accès (AFA), ils ont engagé un « recours en rétractation », selon le terme officiel, pour la faire annuler.« Tout en étant fort attachés au respect du droit des auteurs, nous ne pouvons accepter des procédés contraires à notre droit et aux principes de respect de la vie privée de nos clients », argumentait Tele2. La justice leur a finalement donné raison.
.../...
Les internautes déjà identifiés pourraient être poursuivis
Aujourd'hui, les conséquences de l'affaire Techland varient pour les internautes. La rétractation de l'ordonnance vaut pour tous, même pour les abonnés des FAI n'ayant pas engagé de recours. Ceux qui ont téléchargé illicitement le jeuCall of Juarez et n'ont pas reçu de lettre de conciliation ne verront en principe arriver aucun courrier, du moins tant qu'une nouvelle ordonnance ne sera pas prononcée.

En revanche, ceux qui ont reçu cette fameuse lettre ne sont pas certains de ne pas être inquiétés, à terme, par la justice pour téléchargement d'oeuvre protégée.« L'identification des internautes avec leur adresse IP est un autre volet. Celles qui ont été faites l'ont été avant la rétractation de l'ordonnance [elle était donc valable, NDLR].Les consommateurs identifiés devront faire valoir leurs droits dans une procédure à part, dans laquelle ils pourront utiliser notre recours en rétractation », explique la juriste de l'AFA.

Par ailleurs, les internautes peuvent saisir la Cnil pour l'alerter de la constitution illégale de fichiers informatiques comportant des données personnelles. Cette déclaration peut être faite au moyen d'un formulaire en ligne. Certains ne s'en sont pas privés.« Nous avons reçu des plaintes. Les internautes doivent savoir qu'ils disposent d'un droit d'accès à ces données et d'un droit de rectification. Ils peuvent par ailleurs saisir les tribunaux », conseille Mathias Moulin.

En effet, selon l'article 226-16 du code pénal,« le fait, y compris par négligence, de procéder ou de faire procéder à des traitements de données à caractère personnel sans qu'aient été respectées les formalités préalables à leur mise en oeuvre prévues par la loi est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende ». Le cabinet d'avocats de Techland en France ne serait ainsi pas à l'abri de poursuites judiciaires. Contacté, il s'est refusé à tout commentaire sur les éventuelles suites de l'affaire.

[Lire l'article complet en ligne]


Pour les personnes qui ont été concernées par le courrier de Me Martin, il ne leur reste plus qu'à saisir les Tribunaux, en invoquant l'article 226-16 du code pénal, afin de faire cesser définitivement en France ce genre de pratiques.
 
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