Selon une étude publiée par l'Hadopi, les lecteurs de livres numériques sont pour une grande majorité d'entre eux disposés à acheter des livres, mais le prix de vente proposé reste souvent trop élevé.

La Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) a publié jeudi une étude sur le livre numérique menée en partenariat avec le Groupement pour le développement de la Lecture Numérique (GLN), et réalisée avec l'IFOP. Extrêmement riche et bien faite, avec à la fois des sondages auprès près de 3000 personnes et des études qualitatives en petits groupes, l'étude permet d'en savoir plus sur l'utilisation des livres électroniques, et l'attente des lecteurs.

Elle apporte de nombreux enseignements intéressants, et notamment que :

  • 26 % des lecteurs de livres numériques font attention à la présence ou non de DRM, et 34 % ont déjà converti un fichier de livre pour le rendre lisible dans un autre format ;
     
  • 11 % des français de plus de 15 ans lisent des livres numériques (en tous genres : romans, essais, livres de cuisine, guides pratiques, BD…), dont une majorité de 58 % en lit moins de cinq par an ;
     
  • 46 % des lecteurs de livres numériques en "prêtent" à des tiers ;
     
  • Les lecteurs les plus sélectifs, qui recherchent les ouvrages les plus pointus difficiles à trouver en papier, sont paradoxalement les moins satisfaits par l'offre numérique, et les moins enclins à payer cher.
     
  • Le lecteur type d'un livre numérique est un homme (60 %) de moins de 35 ans, de catégorie socio-professionnelle supérieure, parisien et ou habitant une grande ville, et ayant fait des études supérieures ;
     
  • Mais le plus gros lecteur (plus de 11 livres numériques sur l'année écoulée) est une lectrice, à 54 % ; 
     
  • Pour 46 % des lecteurs, c'est le fait d'avoir accès à un support de lecture numérique (liseuse, tablette, smartphone…) qui a déclenché l'envie de l'utiliser pour lire un livre électronique. Dit autrement, c'est le marché qui crée la demande ;
     
  • La tablette tactile est l'appareil le plus utilisé pour lire (37 %), et particulièrement pour lire des romans, alors que l'ordinateur est utilisé plus volontiers pour les ouvrages techniques, scolaires ou scientifiques ;

Mais Hadopi oblige, c'est aussi sur les aspects liés au piratage et à l'offre légale ou illégale que l'étude est très instructive. Ainsi :

  • 71 % des lecteurs lisent le plus souvent ou exclusivement gratuitement  ;
     
  • Mais 61 % des lecteurs ont tout de même acheté un livre numérique au cours des 12 mois ;
     
  • 40 % de ceux qui lisent gratuitement estiment qu'ils n'auraient pas lu le livre s'ils avaient dû l'acheter (c'est dire la valeur culturelle du domaine public et du piratage) ;
     
  • 33 % n'achètent pas car le prix est trop élevé ;
     
  • Un lecteur sur cinq n'imagine pas payer pour un objet dématérialisé ;
     
  • 59 % des lecteurs trouvent les livres numériques trop chers ;
     
  • Le prix optimal d'un livre numérique serait de 8 euros pour un roman (croisement des courbes entre le prix jugé intéressant par le lecteur, et le prix jugé trop cher), et 10 euros pour un livre de sciences humaines. Un livre scientifique est vendu en moyenne 17 euros, alors que le prix optimal serait de 10 euros.
     
  • 34 % des lecteurs avouent se procurer des livres en piratant ;
     
  • Dont 41 % parce que le prix est trop élevé, contre 21 % "seulement" qui ne veulent pas payer dès lors qu'ils peuvent avoir le livre gratuitement. 23 % piratent "par habitude".

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