Condamné en France en début d'année, Google pourrait aussi être sanctionné en Allemagne. L'équivalent de la CNIL pour le land de Hambourg veut en effet que la firme américaine modifie sa politique en matière de vie privée, qui lui permet de croiser les données personnelles entre ses innombrables services.

Comme en France, l'Allemagne goûte assez peu la nouvelle politique de Google en matière de vie privée. Depuis 2012, la firme de Mountain View s'autorise en effet à croiser toutes les informations entre ses différents services (recherche, Maps, Gmail, YouTube, Picasa, Drive, Docs…) afin de dresser le profil le plus précis possible de chacun de ses utilisateurs.

Contacté par Bloomberg, Johannes Caspar, qui est responsable de la protection des données personnelles au sein du land allemand de Hambourg, a déclaré que les nouvelles règles du moteur de recherche américain sont illicites au regard de la législation allemande, dans la mesure où il compile les données des internautes allemands sans leur demander au préalable leur consentement formel.

Le croisement des informations en provenance des principaux services de l'entreprise américaine (une soixantaine) constitue une base de données très utile, car Google dispose ainsi d'informations fouillées sur chaque internaute utilisant ses solutions. Or, Google ne devrait pas pouvoir collecter de tels éléments sans l'obtention du feu vert des intéressés.

Johannes Caspar précise que Google doit changer de politique, au risque de se prendre une amende. Des discussions sont en cours avec la CNIL du land d'Hambourg. Selon Bloomberg, l'autorité compte laisser quelques semaines à l'entreprise américaine pour mettre de l'ordre dans ses règles, avant de passer à une étape plus offensive si rien ne bouge.

En France, la CNIL a condamné Google à 150 000 euros d'amende et l'a obligé à afficher pendant 48 heures sur sa page d'accueil une information indiquant aux internautes que ses services en ligne ont enfreint leurs droits de protection des données personnelles. D'abord contestée devant le Conseil d'Etat, cette décision a finalement été exécutée par le groupe américain.

Outre la France et l'Allemagne, quatre autres CNIL en Europe ont également dénoncé la violation des règles de protection des données commise par l'entreprise.

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