Arnaud Montebourg est toujours favorable à la fusion de Bouygues Telecom avec un autre opérateur de téléphonie mobile. Le ministre considère que cette étape est indispensable pour un groupe en grande difficulté dans un secteur économique pourtant en croissance.

À défaut d'avoir réussi à marier Bouygues avec SFR, celui-ci ayant préféré la proposition de Numericable, Arnaud Montebourg est toujours déterminé à lui trouver un partenaire. C'est ce que le ministre a indiqué lors d'un déplacement en Haute-Savoie. Selon lui, il est indispensable que Bouygues fusionne avec un autre opérateur pour tenir le coup face aux deux poids lourds du secteur.

Jusqu'à présent seule entreprise de très grande taille dans le marché des télécoms, Orange va désormais être rejoint par Numericable, grâce à l'acquisition de SFR. Cette absorption modifie profondément le rapport de force entre les opérateurs. Les deux firmes restantes, Bouygues et Free, du fait de leur plus petite envergure, risquent dorénavant d'être beaucoup plus exposées.

D'où les pressions d'Arnaud Montebourg en faveur d'une fusion entre Bouygues Telecom et Free Mobile. Le ministre du redressement productif avait déjà esquissé ce scénario en avril devant la commission des affaires économiques et des finances. Cette semaine, Arnaud Montebourg est revenu sur cette éventualité, considérant que le secteur a besoin d'être consolidé.

"Le gouvernement se bat depuis deux ans pour obtenir la consolidation du secteur et le renforcement des entreprises. […] Il est parfaitement possible aujourd'hui à deux opérateurs de fusionner et M. Bouygues est parfaitement en mesure d'imaginer des solutions avec d'autres que SFR. […] Je l'y invite, il le sait, je le lui ai dit", a déclaré le ministre, dans des propos repris par l'AFP.

L'invitation d'Arnaud Montebourg survient dans un contexte difficile pour Bouygues Telecom. À en croire une information du Figaro, un plan social est dans les cartons. Celui-ci pourrait affecter jusqu'à 2000 personnes, c'est-à-dire pratiquement un quart (23 %) des effectifs du groupe. L'un des objectifs de la fusion de Bouygues serait de renforcer l'opérateur, qui est à la peine malgré un secteur en croissance.

Une fusion entre Bouygues et Free, à supposer que le trublion des télécoms soit effectivement l'heureux élu, ramènerait le nombre d'acteurs sur le marché de la téléphonie mobile de quatre à trois. Arnaud Montebourg est persuadé que cette réduction du nombre de concurrents n'affecterait pas la concurrence, puisque la baisse constatée dans la facture est selon lui acquise de façon définitive.

En revanche, le retour à trois opérateurs stabiliserait le marché et permettrait, toujours selon le ministre, à ces derniers de dégager de nouveaux profits pour préparer l'avenir de la téléphonie mobile et soutenir le déploiement de la fibre optique. En particulier, le gouvernement souhaite que les opérateurs aient des moyens suffisants pour que les futures licences 5G soient vendues à prix d'or.

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