Motorola a annoncé le lancement du projet Ara, qui vise à mettre en place une plateforme matérielle libre et ouverte. L'ambition de l'entreprise américaine est de pouvoir laisser la possibilité aux utilisateurs de composer eux-mêmes leur téléphone.

La téléphonie mobile va-t-elle entrer dans une nouvelle ère dans laquelle les utilisateurs pourront personnaliser totalement leur futur smartphone, en choisissant ses composants, ses fonctionnalités et son look ? À une époque où les constructeurs déterminent leur stratégie autour d'un produit phare et faiblement individualisable (comme l'iPhone d'Apple ou le Galaxy S de Samsung), Motorola veut aller plus loin.

Le fabricant a annoncé dans un billet de blog le lancement du projet Ara, "une plateforme matérielle libre et ouverte pour créer des smartphones hautement modulaires" afin de"faire pour le matériel ce que la plateforme Android a fait pour le logiciel : créer un écosystème actif de développeurs tiers, abaisser les barrières à l'entrée, augmenter le rythme de l'innovation et réduire considérablement les délais de développement".

Jusqu'à présent, la personnalisation d'un smartphone se faisait à la marge : il est par exemple possible d'acheter une nouvelle coque dans le commerce pour remplacer celle fournie par défaut par le constructeur. Lors de l'achat du mobile, le client peut également choisir la capacité de stockage du mobile, la couleur de la coque ou la compatibilité avec les réseaux 4G.

Avec le Moto X, Motorola a commencé à s'engouffrer dans cette direction. Avant l'achat, ce nouveau terminal propose un certain niveau de configuration. Il est possible de définir l'aspect de la façade avant et arrière, de styliser le contour de certains éléments (boutons, capteurs) et de graver un court message sur le mobile. Le projet Ara constitue un pas supplémentaire.

L'entreprise affirme travailler sur le projet Ara depuis plus d'un an. Il faut dire que le groupe, qui appartient désormais à Google, peut accéder à de nouvelles ressources : en 2011, Google a acheté les brevets de la société Modu, qui planchait sur un téléphone modulable, pour 4,9 millions de dollars. Il paraît évident que le projet Ara s'appuie sur ces ressources industrielles.

Dernièrement, la société indique avoir rencontré le créateur du projet Phonebloks, un concept de téléphone modulaire où ses éléments internes sont prévus (sur le papier en tout cas) pour être interchangeables. Celui-si s'est chargé de constituer une communauté tandis que Motorola s'est concentré sur l'aspect technique du projet Ara.

"Notre objectif est de bâtir une relation plus réfléchie, expressive et ouverte entre les utilisateurs, les développeurs et leurs téléphones. Pour vous donner le pouvoir de décider ce que votre téléphone fait, à quoi il ressemble, en quoi il a été fabriqué et à quel endroit, combien il coûte, combien ça coûte et combien de temps vous allez le garder", s'enthousiasme Motorola.

Motorola n'est pas le seul constructeur à s'intéresser au principe d'un mobile entièrement modulaire. Microsoft possède des brevets en ce sens. Mais le projet Ara a manifestement une longueur d'avance, puisqu'il est en passe de dépasser le stade de la table à dessin pour devenir réalité.

Selon Motorola, des invitations seront adressées dans "quelques mois" à des développeurs et la sortie en version alpha du kit de développement modulaire est prévue pour cet hiver.

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