Kim Dotcom compte lancer sa messagerie sécurisée l'année prochaine. Dans un contexte très pesant pour le chiffrement des communications électroniques, le patron de Mega a par ailleurs fait savoir qu'il projette de déplacer certaines de ses activités en Islande, un pays considéré comme plus respectueux vis-à-vis du secret des correspondances.

L'actualité du chiffrement des communications électroniques connaît de vifs soubresauts depuis quelques jours : Lavabit, qui aurait été utilisé par Edward Snowden lors de sa cavale en Russie, a choisi de fermer ses portes, à cause de pressions extérieures. Silent Circle a fait de même en mettant un coup d'arrêt à Silent Mail, tandis que Cryptocat a indiqué qu'il pourrait à son tour être en difficulté.

Dans une moindre mesure, les projets de Kim Dotcom en matière de messagerie sécurisée sont également contrariés. Le fondateur du célèbre service d'hébergement de fichiers Mega souhaite ouvrir une plateforme de communication sûre. Or, le rôle trouble des services secrets néo-zélandais (GCSB), qui ont espionné illégalement l'ancien patron de MegaUpload, oblige ce dernier à quelques aménagements.

Autrement dit, pour que son projet soit viable, il doit voir le jour dans un autre pays. Pas question en effet de le lancer aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Les agences de renseignement de ces différents pays exploitent en effet le réseau Echelon, via le traité UKUSA, et partagent des informations selon leur niveau de coopération en matière de renseignement. Trop risqué.

C'est donc en Islande que les opérations de Mega en matière de vie privée et de confidentialité se dérouleront, alors que le législateur néo-zélandais se penche sur une nouvelle législation (Telecommunications Interception Capability and Security Bill) qui renforcera les prérogatives du GCSB. Kim Dotcom invite d'ailleurs les startups et sociétés à s'installer ailleurs, en Islande ou dans un pays similaire.

Kim Dotcom prévoit de sortir son service de messagerie sécurisée l'année prochaine. Connu pour sa fanfaronnade, il promet que son outil "changera à jamais la manière dont les gens utilisent l'e-mail", au point de "mettre un terme à la surveillance de masse". Rien que ça.

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