Même si Free a cassé les prix, l'arrivée du nouvel entrant sur le marché de la téléphonie mobile n'a pas eu l'effet dévastateur annoncé pour les autres opérateurs télécoms. Les revenus sur les services mobiles n'ont reculé en 2012 que de 7,3 %.

N'en déplaise à Martin Bouygues, qui avait tenté de faire croire à une vague de licenciements dans le secteur des télécoms si Free accédait au marché mobile, l'arrivée de Free Mobile n'a pas eu les effets dévastateurs annoncés. L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a en effet publié les résultats provisoires de son observatoire des marchés des télécoms (.pdf) pour l'année 2012, qui montrent que "le nombre de salariés des opérateurs de communications électroniques est resté stable en 2012". Il y a même une reprise des embauches depuis 3 ans, "après un peu plus de dix ans de baisse continue". Actuellement, 129 000 personnes sont employées par les opérateurs télécoms en France.

Par ailleurs, alors que certains opérateurs affirmaient que le tassement des prix handicaperait la progression technologique, "le montant des investissements réalisés par les opérateurs est, pour la troisième année consécutive, en forte hausse" constate l'Arcep. Les opérateurs ont investi plus de 10 milliards d'euros en 2012, dont 7,3 milliards hors achats de fréquences, ce qui ne s'était jamais vu depuis l'ouverture à la concurrence du marché des télécoms, en 1998. Le mobile représente la moitié des investissements, avec environ 4 milliards d'euros destinés au haut débit mbile (3G et 4G).

Enfin, malgré la forte pression sur les prix exercée par Free lors du lancement de Free Mobile en janvier 2012, le marché ne s'est pas écroulé. Les clients finals ont payé collectivement 42 milliards d'euros de factures télécoms en 2012 (fixe et mobile), ce qui ne représente qu'une baisse de 4,1 %. Les prix sur les services mobiles n'ont chuté "que" de 11,4 % en moyenne annuelle. Les plus gros consommateurs, qui ont le plus gagné avec la généralisation des forfaits mobiles, n'ont vu en moyenne leur facture baisser "que" de 15,5 %, ce qui n'est pas la dégringolade annoncée.

"Si le marché des services mobiles avait déjà été marqué en 2011 par un recul du revenu des opérateurs suite au changement du taux de TVA appliqué aux services de diffusion audiovisuels, la baisse des revenus en 2012 est largement imputable à la baisse des tarifs des opérateurs en lien avec l’arrivée de Free mobile sur le marché. Le revenu des services mobiles s’élève à 17,6 milliards d’euros en 2012, en recul de 7,3 % sur un an", précise l'Arcep.

L'effet de Free Mobile s'est surtout fait ressentir sur le volume des échanges. Le volume d'heures de communications a ainsi augmenté de 13,6 %, tandis que les data ont atteint près de 100 000 To contre 60 000 To en 2011. Les SMS et MMS ont aussi explosé, avec 185 milliards de messages émis (+ 25,3 %).

L'arrivée de Free a "servi de révélateur du basculement de la valeur, de la voix vers la data sur les réseaux 3G", expliquait le patron de l'Arcep en début d'année. "Certes, les opérateurs se trouvent actuellement, en France comme dans beaucoup d'autres pays, notamment européens, dans une situation moins favorable que par le passé. Mais notre conviction est que leur avenir réside dans leur capacité à investir pour faire émerger de nouveaux services de communications répondant aux besoins".

"Même en baisse, les marges devraient suffire, en 2013 et à moyen terme, à financer l'investissement".

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