La TNT et la 4G utilisent des fréquences très proches. L'agence nationale des fréquences craint que des perturbations apparaissent à mesure que les deux usages vont se développer. Afin de permettre aux opérateurs de tester des solutions, un nouveau test grandeur nature va être lancé le mois prochain à Saint-Étienne.

En France, la télévision numérique terrestre (TNT) utilise principalement les bandes de fréquences dites IV et V. Celles-ci s'étalent de 470 à 862 MHz dans le spectre électromagnétique. La TNT n'est pas le seul usage exploitant les ondes UHQ (Ultra High Frequency, de 300 MHz à 3 GHz). Il y a en a beaucoup d'autres, à commencer par la téléphonie mobile.

Les ressources électromagnétiques étant rares, il convient de ne négliger aucune bande. Néanmoins, la variété des usages nécessitant des fréquences constitue un problème dans certains cas. La 4G, par exemple, se déploie dans les bandes de fréquences 800 MHz et 2,6 GHz. Or comme indiqué plus haut, la bande 800 MHz est aussi employée par la TNT. Partiellement.

La proximité des fréquences utilisées pour la TNT et la 4G, deux usages amenés à se développer dans les prochaines années, pose évidemment une question : quid des perturbations ? Pour le savoir, l'Agence nationale des fréquences (ANFR) va conduire une nouvelle expérimentation à Saint-Étienne après celle menée à Laval en 2011.

Prévu depuis juillet 2012, ce nouveau test se fera en compagnie des trois opérateurs ayant déposé une offre pour obtenir des fréquences dans la bande des 800 MHz (à savoir : Orange, SFR et Bouygues). Une participation qui n'est guère étonnante, car un rapport de l'ANFR prévoit de faire laisser à la charge des opérateurs le coût des solutions destinées à résoudre le moindre brouillage.

"En cas de brouillage, les opérateurs prennent les mesures nécessaires permettant de rétablir la réception des services de télévision par tout moyen approprié" et supportent "une partie du coût" et "répartie entre les opérateurs en fonction de la part de brouillage qu'ils occasionnent". Mieux vaut donc tester les solutions très en amont du déploiement de la 4G, tant que les perturbations sont encore anecdotiques.

Lors du test à Laval, des pistes prometteuses comme l'usage d'un filtre au niveau de l’amplificateur ont été explorées. À Saint-Étienne, l'expérimentation débutera en avril. L'occasion de constater si la 4G et la TNT se gênent mutuellement, si le problème est d'importance et de tester les solutions pour améliorer la situation. D'autant que l'Arcep voit la bande 700 MHz comme un enjeu majeur pour le très haut débit mobile.

Le risque d'interférence n'est donc pas à négliger. Afin de recueillir les plaintes des usagers, l'ANFR met à disposition numéro (0970 818 818). Les téléconseillers les transféreront ensuite aux opérateurs qui devront alors intervenir pour corriger la situation. L'ANFR prévoit de faire un premier bilan cet été. Ensuite, les opérateurs pourront engager la "phase industrielle" du déploiement de la 4G en 800 MHz.

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