Après une année 2012 euphorique pour la consommateur, l'année 2013 devrait revenir à plus de mesure. Le président de l'Arcep, Jean-Ludovic Silicani, reconnaît que les prix ne peuvent pas baisser durablement dans la téléphonie mobile. Les opérateurs devraient profiter de la 4G pour rebondir en termes de croissance et de prix.

Arrivée d'un quatrième opérateur mobile, baisse remarquée des prix, succès des formules téléphoniques sans engagement… incontestablement, 2012 aura été une année très particulière dans l'histoire des télécoms avec l'ouverture du marché à un quatrième opérateur mobile doté d'une licence 3G. Cela a profondément transformé le paysage de la téléphonie mobile en France.

Les grandes manœuvres auxquelles on a assisté ces douze derniers mois suite au lancement d'un nouvel opérateur devraient toutefois se faire plus rares en 2013. Invité de BFM Business ce vendredi matin, le président de l'autorité des télécoms estime que les évolutions au niveau du prix ne devraient plus être aussi spectaculaires. "On ne peut pas avoir des prix qui baissent durablement".

Jean-Ludovic Silicani ne remet toutefois pas en cause le bien-fondé d'introduire un quatrième acteur dans le marché de la téléphonie mobile. D'abord parce qu'il "y avait dans le mobile un oligopole, un système de rente" permettant à Orange, SFR et Bouygues Télécom de dégager des marges brutes d'exploitation considérables, entraînant des prix "supérieurs à la moyenne européenne".

Ensuite parce que "ces très forts bénéfices n'allaient pas au consommateur, mais un peu à l'investissement, et surtout aux dividendes", poursuit le président de l'Arcep. Il était donc grand temps de "revoir le partage de la valeur entre actionnaires, salariés et consommateurs". Avec Free Mobile, c'est "2 milliards d'euros de pouvoir d'achat en un an" qui ont été rendus aux mobinautes, estime le gendarme des télécoms.

Les raisons avancées par Jean-Ludovic Silicani avaient déjà été listées quelques jours plus tôt lors de la présentation de ses vœux. Le président de l'Arcep avait alors rappelé que les trois opérateurs ont conservé des marges très confortables malgré une concurrence accrue dans la téléphonie mobile. "Même en baisse, les marges devraient suffire, en 2013 et à moyen terme, à financer l'investissement".

La 4G devrait toutefois donner l'occasion aux opérateurs de contrebalancer la baisse des prix des forfaits 2G et 3G. Le président de l'Arcep estime ainsi que cette nouvelle norme va "apporter des opportunités de rebond en croissance et en prix". Et les opérateurs n'ont pas traîné. La preuve avec Orange, qui va proposer des forfaits 4G plus chers au motif que ceux-ci profitent d'un réseau de meilleure qualité.

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