Invité sur RMC, Pascal Obispo s'est montré toujours aussi remonté contre le piratage, qu'il accuse d'être l'unique responsable de la faillite annoncée des magasins Virgin Megastore.

En 2008, Pascal Obispo faisait partie des 52 artistes de majors à demander la loi Hadopi. "Le projet de loi (…) nous donne de très bonnes cartes pour qu'internet, la culture et la création soient réconciliés", affirmait-il avec ses co-signataires, dans un texte où il regrettait que "la France aime beaucoup l'Internet haut débit et, à outrance, les téléchargements de musique ou de films".

Visiblement, même s'il est devenu numéro 1 des ventes sur iTunes, Pascal Obispo a toujours en travers de la gorge ce qu'il considère être l'arrivée trop tardive de la loi Hadopi. Invité sur RMC, l'artiste a multiplié les scuds contre les gouvernements successifs qui ont tardé à agir contre le piratage de la musique en ligne, ou qui ne prennent pas encore (selon lui) le phénomène suffisamment au sérieux.

"Je suis solidaire des gens qui n'ont plus de boulot et qui vivent parce qu'ils aiment la musique. Il y a aussi tous les gens qu'on n'emploie quand on fait des tournées, qu'on emploie plus parce qu'on a pas résolu ce problème de piraterie", assure-t-il. "Si on vendait des disques, on pourrait avoir beaucoup plus de monde sur scène. Au début quand je faisais mes tournées, on était 50. Aujourd'hui, on est 10".

Et attention, mieux vaut ne pas lui parler de la loi Hadopi qu'il appelait de ses voeux. "Qui ça ?", répond-t-il. "Mais vous avez habité où pendant des années ? Hadopi, ah oui, c'est grâce à ça que le Virgin Megastore va rester ouvert je crois", commente-t-il avec sarcasme et agacement. 

"Certaines personnes auraient dû s'occuper de la piraterie un petit peu plus tôt".

Rappelons tout de même à Pascal Obispo que selon un rapport réalisé par la Cour des comptes, les perceptions de droits d'auteur ont augmenté de 60 % entre 2000 et 2010, soit trois fois plus vite que l'inflation sur la même période. Et que s'il y a un problème dans l'économie artistique, il est peut-être à rechercher d'abord du côté des inégalités et des problèmes de répartition. Selon nos calculs, seulement 1,2 % des 142 000 sociétaires de la Sacem touche l'équivalent d'un SMIC en droits d'auteur. Et 40 % des sociétaires ne touchent strictement rien. Quant aux auteurs qui touchent le plus, dont fait certainement partie Pascal Obispo, la Sacem ne livre pas de statistiques assez précises pour connaître leur nombre et le montant de leurs perceptions.

Rappelons aussi à Pascal Obispo qu'en 2005, les patrons du site internet de Virgin Megastore avaient dénoncé la pression financière exercée par les majors, qui "proposent un modèle en ligne destiné à ceux qui ne vivent pas de la musique". A l'époque, Virgin Mega expliquait qu'il gagnait 0,01 euro par morceau vendu 99 centimes, contre 70 centimes pour les majors. Dont celle de Pascal Obispo.

Et que dans le même temps, Virgin Mega continuait de prôner les DRM, parce que "la musique en ligne doit vivre dans un environnement sécurisé". On voit aujourd'hui à quel point cette obsession l'a servi. La plateforme avait changé d'avis en 2006. Mais ça, sans doute n'était-ce pas trop tard ?

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