Bouygues Télécom va en justice. L'opérateur a décidé d'attaquer Free pour dénigrement, en s'appuyant sur les publicités du trublion des télécoms et des propos de son fondateur, Xavier Niel. Bouygues Télécom réclame 100 millions d'euros en guise de dédommagement.

Bouygues Télécom passe à l'attaque. Après avoir encaissé en silence les critiques de Free Mobile lors de son lancement, la filiale du groupe Bouygues a décidé de riposter par la voie judiciaire. Challenges signale qu'une "assignation à bref délai" a été déposée le 6 décembre dernier contre Iliad, la maison-mère de Free, pour "dénigrement et concurrence déloyale".

L'opérateur de téléphonie réclame pas moins de 100 millions d'euros de dommages et intérêts au trublion des télécoms. Selon des employés de Bouygues sous couvert d'anonymat, certaines piques de Free Mobile n'ont pas du tout été appréciées. Pour l'un d'eux, quelques attaques en particulier sont allées beaucoup plus loin que ce qu'autorise habituellement le jeu de la concurrence.

"La question qui est posée à travers cette plainte, c'est de savoir s'il est normal que la concurrence, même intense, puisse passer par le fait d'insulter des concurrents, et ce de manière répétée et systématique. De telles injures, un tel dénigrement sont constitutifs de dénigrement et portent atteinte au bon fonctionnement du marché dans son ensemble", explique un salarié cité par le magazine.

Parmi les médisances perçues comme telles, il y a une publicité de Free Mobile. Celle-ci présente les clients des autres opérateurs comme des pigeons, puisqu'ils acceptent de payer des forfaits présentés comme beaucoup trop chers. Mais d'autres critiques peuvent également être ciblées par la plainte, comme celle visant la compétence des techniciens de Bouygues Télécom par exemple.

Du point de vue des autres opérateurs, Free a d'une certain façon accentué artificiellement l'engouement autour de son arrivée dans le mobile en présentant systématiquement les offres concurrentes comme des arnaques, car trop chères. Selon eux, les clients, sensibles à ces affirmations, se sont plus volontiers désabonnés au profit de Free. Un autre argument aurait moins payé.

C'est en tout cas ce qui transparaît des éléments confiés par le salarié, puisque celui-ci estime que les attaques de Free Mobile ont pu porter "au bon fonctionnement du marché dans son ensemble". Bouygues Télécom paraît en tout cas déterminé. Si aucune plainte n'avait été déposée avant, le buzz autour de Free Mobile rendant la concurrence inaudible, cela aura toutefois permis à Bouygues de préparer sa riposte.

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