Une semaine après la publication des offres de Free Mobile, le ministère de l'industrie a rappelé mardi dans une réponse à une question parlementaire que sept opérateurs mobiles avaient obtenu leur label "tarif social" pour leur offre à 10 euros par mois réservée aux titulaires du RSA. Une offre désormais beaucoup plus chère que le forfait à 2 euros de Free, et même moins avantageuse que les nouvelles offres proposées par les opérateurs à tous leurs clients, bénéficiaires ou non du RSA.

C’est un peu la blague du jour offerte par le gouvernement. Il y a quelques mois, la députée Muriel Marland-Militello (UMP) avait interrogé le ministère de l’industrie pour savoir où en était la labellisation des offres se conformant aux exigences du tarif social dans la téléphonie mobile. Elle rappelait que Orange, SFR, Bouygues Telecom et les opérateurs virtuels Oméa telecom, Transatel, Coriolis telecom, Auchan telecom, NRJ Mobile, et Call in Europe avaient signé une convention les engageant à proposer une telle offre dans les six mois. Or, six mois après la signature de cette convention en mars 2011, seules deux offres avaient été labellisées.

Le gouvernement a attendu cette semaine pour répondre à l’élue des Alpes-Maritimes, en faisant comme si Free n’avait en rien démontré le scandale dissimulé par ce « tarif social » négocié par Bercy à un montant plafond de 10 euros par mois pour 40 minutes d’appels et 40 SMS.

« À ce jour, sept opérateurs ont obtenu ce label pour des offres qui répondent au cahier des charges annexé aux conventions signées par ces opérateurs avec l’État et utilisables sur le territoire métropolitain. Il s’agit d’Orange, SFR, Bouygues, Coriolis, Auchan Télécom, Call in Europe et La Poste« , explique le ministère de l’industrie. Il renvoie vers son site internet où sont listées les offres labellisées.

La moins chère est celle d’Auchan Télécom, proposée à 8,99 euros, et réservée sur dossier aux seuls titulaires du RSA.

Or depuis le 10 janvier, Free propose à tous les consommateurs une offre à 2 euros par mois pour 60 minutes de communication et 60 SMS, sans conditions de ressources. Soit 5 fois moins cher que le « tarif social » négocié entre les opérateurs et Bercy, pour vingt minutes de communications en plus. Ce qui fait passer le tarif RSA pour une offre réservée aux plus aisés. Un comble.

En présentant cette offre, Xavier Niel s’était mis en colère contre le gouvernement. « L’Etat s’est entendu avec trois opérateurs monopolistiques de ce pays pour faire un forfait RSA, que l’on appelle nous en interne le forfait « Racket Super Arnaque ». C’est-à-dire que plus vous êtes pauvres, plus je vous en mets dans la tête. Moins vous avez les moyens, plus je vous vends des choses chères. C’est scandaleux. On était partie pour faire qu’un seul forfait, et ça nous a vraiment scandalisé« , avait-il raconté.

Depuis, les principaux opérateurs ont tous proposé des offres à environ 10 euros pour 2 heures de communication. Ce qui est plus intéressants que les offres labellisées RSA.

>> Voir notre comparatif de Free Mobile avec les offres concurrentes

En bonus :

Partager sur les réseaux sociaux

Plus de vidéos