Téléchargement illégal : France 2 persiste et signe (et tant mieux)
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 08 Juillet 2011 à 09h53 -
posté dans Société 2.0
Alors que nous indiquions jeudi que France 2 avait encouragé au téléchargement illégal en proposant sur son site trois mixtapes, dont deux avaient d'ailleurs été supprimés des services d'hébergement, la chaîne a choisi de... remettre des liens qui fonctionnent. La chaîne persiste, à tort juridiquement, au nom de "l'information pour nos internautes". Et l'on ne peut que s'en réjouir.
"Loin de nous l'idée de faire l'apologie des sites de téléchargement illégal comme le suggère le site Numérama. Nous tenons à préciser que les trois mixtapes pré-citées ont été mises à disposition de tous les internautes par les artistes eux-mêmes et annoncées sur leurs fils Twitter, pour certaines dans un premier temps via des plateformes de téléchargement (Mediafire, MegaUpload)", explique la chaîne publique. "Que les artistes aient décidé ensuite de les publier ailleurs et de dévalider celui des plateformes est indépendant de notre volonté". Loin d'avoir pris notre article en considération, France 2 explique même avoir mis à jour les liens pour proposer des liens de téléchargement qui, cette fois, fonctionnent ! Malheureusement pour France 2, et il faut bien comprendre que ça n'est pas une critique, sa démarche reste illégale. Car celle des artistes qui proposent leurs mixtapes l'est. Le principe d'une mixtape n'est pas de proposer sa propre musique en téléchargement. Ca n'est pas de compiler les chansons pour lesquelles l'on possède soit-même les droits. C'est de rassembler dans un même ensemble des chansons écrites et produites par d'autres, qui forment une sélection musicale cohérente. Or cet assemblage est fait, presque systématiquement, sans l'autorisation des auteurs et/ou des maisons de disques dont les chansons sont ainsi diffusées. La compilation Summertime2 présentée par France 2 propose par exemple des chansons de R. Kelly, Stevie Wonder, ou James Brown, et l'on doute très fortement que eux ou leurs ayants droit aient donné l'autorisation. Si nous "dénonçons" (notez les guillemets) France 2, ça n'est certainement pas pour attaquer la chaîne ou pour souhaiter qu'elle s'abstienne de diffuser ce type de liens à l'avenir... mais pour que le poids du droit d'auteur actuel, devenu insoutenable dans l'ère numérique, soit compris par ceux qui d'ordinaire le promeuvent. S'ils réalisent le ridicule induit par la protection absolue des droits, peut-être rejoindront-ils la bataille pour une révision du droit d'auteur. C'est dans ce même esprit que nous évoquons les contrefaçons par l'UMP, ou que nous relations dernièrement le cas de Jacques Pradel sur RTL. France 2 a raison, au fond, lorsque la chaîne s'explique en concluant que "ces mixtapes très prisées dans la musique électronique et le hip-hop étant réalisées dans une démarche artistique à but non lucratif, nous considérons qu'en faire état est une information pour nos internautes". Mais il faudrait que ça devienne effectivement un droit reconnu, par exemple via une licence globale, et non un droit que l'on s'arroge au nom d'un bon sens que personne, ici, ne conteste. Alors, France 2, rejoignez-vous le camp de ceux qui s'opposent à la riposte graduée et qui souhaitent une vraie réforme du droit d'auteur, en faveur d'une meilleure diffusion des oeuvres et de la culture ? à lire aussi
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Commentaires à propos de «Téléchargement illégal : France 2 persiste et signe (et tant mieux)»
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CaptainKiller
le 08/07/2011 à 09:58
La licence globale est une réponse nocive et toxique à un non-problème http://blog.romainri...licence-globale
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Commentaire sur Numerama.com
Je suis très agréablement surpris par la démarche de France 2, ici ! Même si je suis un peu déçu qu'ils aient eu l'air de mal prendre le premier article, à croire qu'ils n'ont pas lu la même chose que moi.
En totu cas j'ai hâte de voir la suite de l'affaire ! A quand les mixtapes PURes ? Encore le confusionnisme de Champeau qui sévit. En Copyright l'autorisation préalable n'est pas nécessaire et les oeuvres de R. Kelly, Stevie Wonder, ou James Brown sont sous Copyright lequel ne reconnaît pas non plus le droit moral. De plus, en vertu des accords de réciprocité ce sont très certainement les SPRD française qui gèrent leurs droits. Enfin, pour peu que les droits soient acquittés, je ne vois pas ce qui empêcherait France 2 de diffuser ces extraits de titres.
Il convient aussi de lire la loi, Article L122-5 : Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : [...] 3° Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source : a) Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées ; Cependant on a bien compris le discours idéologique : « le droit d'auteur c'est mal ! » quitte à inventer des calembredaines pour le prouver. J'ai d'ailleurs posté un commentaire en ce sens sur l'article de France2 suite à leur mise à jour, mais je ne pense pas qu'il y aura de réponse
Euh... tu racontes absolument n'importe quoi Makhno. C'est faux du début à la fin de ton commentaire.
Guillaume, le 08/07/2011 - 09:53
La compilation Summertime2 présentée par France 2 propose par exemple des chansons de R. Kelly, Stevie Wonder, ou James Brown, et l'on doute très fortement que eux ou leurs ayants droit aient donné l'autorisation ouai donc en fait tu n'en sais rien si les mixtapes mises à dispo par France 2 sont illégales ou pas... Ce que j'aime c'est l'argumentaire de F2 : les mixtapes étant proposées par leurs auteurs de manière officielle (via Twitter et leur site) + largement diffusé par des internautes, elles deviendraient de fait légales...
Pas besoin d'être juriste pour comprendre que ce ne peut être le cas, mais bon, affaire à suivre. On remarquera quand même au passage qu'un simple particulier avec un peu d'audience aurait proposé la même chose, les ayant-droits lui seraient tombé dessus direct... Bref, en attendant une réaction de Pascal Negre, je propose quon leur envoie Vidéoclub leur expliquer les bases du droit d'auteur version HADOPI CaptainKiller, le 08/07/2011 - 09:58 La licence globale est une réponse nocive et toxique à un non-problème http://blog.romainri...licence-globaleC'est du n'importe quoi cet article, l'auteur prend comme argument principal, le fait qu'avec la LG, on ne pourrai pas savoir qui doit toucher quoi ... C'est sur qu'avec la taxe sur les supports vierges et les taxes sur les FAI on peut .. La seule chose pour laquelle les majors refusent la LG, c'est uniquement le contrôle des fichiers, avec les taxes, elles gagne de l'argent gratuitement, oui je dis bien gratuitement, puisque elles n'ont à offrir aucune contrepartie .. Car en plus d'être taxé, si tu veux de la musique, tu dois toujours passer à la caisse. Là est toute l'astuce .. Makhno vs Guillaume... L'insecte qui osa un jour rêver d'être un David qui terrasserait Goliath...
Construis un peu tes trolls Mak, tu nous fais honte. T'es chiant à lire et tu sers à rien. Khisanth, le 08/07/2011 - 10:27
Ce que j'aime c'est l'argumentaire de F2 : les mixtapes étant proposées par leurs auteurs de manière officielle (via Twitter et leur site) + largement diffusé par des internautes, elles deviendraient de fait légales... Pas besoin d'être juriste pour comprendre que ce ne peut être le cas, mais bon, affaire à suivre. On remarquera quand même au passage qu'un simple particulier avec un peu d'audience aurait proposé la même chose, les ayant-droits lui seraient tombé dessus direct... Peut-être parce que le simple particulier n'a pas les contacts nécessaires pour "clearer" sa mixtape... Des mecs comme Flying Lotus et Dj Jazzy Jeff sont loin d'être des nouveaux venus, en tant que DJ's professionnels je pense qu'ils touchent un peu leur bille niveau droit d'auteur (de même que Brainfeeder et Stonesthrow sur lesquels est effectivement proposé le mix de flying lotus)... Makhno, le 08/07/2011 - 10:16 Encore le confusionnisme de Champeau qui sévit. En Copyright l'autorisation préalable n'est pas nécessaire et les oeuvres de R. Kelly, Stevie Wonder, ou James Brown sont sous Copyright lequel ne reconnaît pas non plus le droit moral. De plus, en vertu des accords de réciprocité ce sont très certainement les SPRD française qui gèrent leurs droits. Enfin, pour peu que les droits soient acquittés, je ne vois pas ce qui empêcherait France 2 de diffuser ces extraits de titres. Il convient aussi de lire la loi, Article L122-5 : Lorsque l'oeuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : [...] 3° Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source : a) Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'oeuvre à laquelle elles sont incorporées ; Cependant on a bien compris le discours idéologique : " le droit d'auteur c'est mal ! " quitte à inventer des calembredaines pour le prouver. Ouh la vilaine mauvaise foi... "France 2 a raison, au fond, lorsque la chaîne s'explique en concluant que "ces mixtapes très prisées dans la musique électronique et le hip-hop étant réalisées dans une démarche artistique à but non lucratif, nous considérons qu'en faire état est une information pour nos internautes". Mais il faudrait que ça devienne effectivement un droit reconnu, par exemple via une licence globale, et non un droit que l'on s'arroge au nom d'un bon sens que personne, ici, ne conteste."
Tout est dit, là. Même avec un maximum de mauvaise foi, des verres de lunettes en bois d'arbre ou un hémisphère droit nécrosé, on doit pouvoir comprendre que le sujet de l'article, c'est ça. « [...] Nous tenons à préciser que les trois mixtapes pré-citées ont été mises à disposition de tous les internautes par les artistes eux-mêmes et annoncées sur leurs fils Twitter [...] »
Ce ne sont pas les auteurs ou interprètes ou artistes qui régissent la diffusion de leur oeuvre, ce sont les éditeurs ou producteurs. Le droit d'auteur existe pour protéger le créateur (l'auteur) d'une oeuvre vis-à-vis des marchands d'arts et de littératures (éditeurs) dont le métier est de promouvoir et de diffuser l'oeuvre auprès du public. Il existe des auteurs qui vendent et promeuvent eux-même leurs oeuvres et dans ce cas ce sont leurs droits d'édition qu'ils défendent vis-à-vis du public et des commerçants-diffuseurs (librairies, médias, etc) Makhno vs Guillaume... L'insecte qui osa un jour rêver d'être un David qui terrasserait Goliath...
Construis un peu tes trolls Mak, tu nous fais honte. T'es chiant à lire et tu sers à rien. Insultes pas les insectes SVP France2 n'a pas compris que ce n'est pas le "lieu" de téléchargement des mixtapes qui étaient en cause, mais leur existence même.
De même, Makhno tente de jeter la confusion: le texte cité ne colle pas au principe du "mixtape" qui ne fait pas une "courte citation" et ne s'embarrasse pas toujours de citer l'auteur original (parce que nous sommes censés les reconnaître, peut-être?) Bref, Guillaume, et à travers lui le reste de Numerama je pense, ne demande l'abolition du droit d'auteur, mais une mise à jour de ce principe. A noter d'ailleurs que le droit d'auteur ne correspond déjà plus à son état d'esprit initial, qui était de défendre les artistes contre les "diffuseurs" (au sens large) et non contre leur public. Pourquoi insister pour ne pas le remettre au goût du jour? Pourquoi, surtout, ne pas admettre que dans un univers numérique où tout est "copie" (le principe de base d'Internet est de multiplier l'information, même lorsqu'il s'agit de seulement la consulter), les lois relatives à la reproduction "illicite" ne sont plus assez cohérentes car trop restrictives? Pourquoi défendre un allongement récurrent de la "protection" offerte par ces droits, interdisant ainsi à de nombreuses l'oeuvre l'entrée dans le domaine public, alors que beaucoup de créations récentes sont des reprises créatives (non de simples copies) de ce même domaine public? Pourquoi donc, si ce n'est parce que certains (hormis les artistes eux-mêmes, dont certains tirent bien leur épingle du jeu) en tirent un bénéfice démesuré? Ou parce que ceux qui sont maintenant bien établis refusent l'idée que d'autres puissent avoir le même succès qu'eux? Ces questions se posent de plus en plus, mais la résistance des gouvernements ("lobbyisés" à grands coups de "cadeaux" et de conflits d'intérêts) est rude. Si on diffuse des mixtapes sous licence Creative Commons (par exemple) qu'est-ce qu'il se passe? Peut-on alors considérer cela comme un oeuvre originale?
Typhus, le 08/07/2011 - 12:41 Si on diffuse des mixtapes sous licence Creative Commons (par exemple) qu'est-ce qu'il se passe? Peut-on alors considérer cela comme un oeuvre originale?Si on transpose cela à l'univers du livre, mettre bout à bout une série de bouquins qui se situent dans des univers proches, même sous CC et même si c'est sans but lucratif, tant que les auteurs ou les éditeurs ne sont pas prévenu et rémunéré, cela reste une compilation par définition illégale. Guillaume a donc parfaitement raison dans son raisonnement, mais cela, personne n'en doutait
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