C’est un lecteur, Xavier, qui nous signale cette curiosité. France 2, qui se met à la presse écrite grâce à internet, a publié mardi un article dans sa rubrique Culture, qui propose « trois mixtapes à télécharger pour l’été« . L’initiative serait excellente si elle n’était pas, selon toutes vraisemblances, illégale. Les mixtapes sont en effet des compilations de chansons réalisées le plus souvent (pour ne pas dire toujours) sans l’autorisation des artistes ou de leurs maisons de disques. La pratique est répandue depuis longtemps, en particulier dans la scène hip-hop, mais elle n’en est pas moins « imPURe » selon les prescriptions du code de la propriété intellectuelle et la communication de l’Hadopi.

Preuve en est que sur les trois mixtapes conseillées par la chaîne, une seule est encore disponible.

Tyler The Creator, leader de Odd Future, avait publié sur son Tumblr son « Summer Camp Mix« , une compilation de chansons « que j’aime écouter, qui me rappellent l’été à la maison« . Mais le lien Mediafire pour télécharger la compilation est mort. « Le fichier que vous avez demandé a été supprimé de MediaFire pour une violation de nos conditions contractuelles« , explique le site d’hébergement.

France 2 conseillait aussi la compilation « Lovers Melt 2 » réalisée par le DJ et producteur Flying Lotus. Un mixtape « délicieusement soul, parfait pour buller en hamac et taillé sur mesure pour les siestes crapuleuses« , pour lequel France 2 proposait un lien direct vers MegaUpload. Mais là encore, « malheureusement, le lien sur lequel vous avez cliqué n’est pas disponible« , explique le site, ajoutant que « ce fichier a été supprimé pour violation de nos Conditions de service« .

Seule la compilation « Summertime 2 » de Mick Boogie & Dj Jazzy Jeff reste téléchargeable. La chaîne propose un lien vers la page officielle du mixtape de 46 titres, qui lui-même renvoie vers un player flash hébergé sur le site de Mick Boogie, et vers un téléchargement de fichier .zip hébergé par MediaFire. Pour le moment, le fichier est toujours disponible. Mais encore combien de temps ?

Bien sûr, loin de nous l’idée de critiquer France 2. On ne peut que se féliciter de cette bourde, qui illustre à quel point la protection des droits d’auteur n’est pas la protection de la culture, mais la protection d’un monopole sur la distribution des œuvres…

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