Lors de son passage à Paris, le président exécutif de Google a chargé la loi Hadopi. Il estime que les dispositions de la loi sont disproportionnées. L'ancien directeur exécutif du géant américain souhaite que les autorités réfléchissent à de nouvelles solutions pour protéger le droit d'auteur sur Internet sans déconnecter les internautes.

Ce n’est pas une surprise, Google n’a jamais été un fervent partisan de la riposte graduée. Alors que cette semaine avait lieu le tout premier forum international consacré à Internet, le président exécutif du géant américain a profité de son passage à Paris pour égratigner la loi Hadopi. Interrogé par l’Express, Eric Schmidt a estimé que le texte était « disproportionné« , notamment parce qu’il permet au final de déconnecter les internautes.

« De fait, la loi Hadopi est également disproportionnée. Couper l’accès à Internet ou demander aux fournisseurs d’accès de faire la police est une réaction excessive, il doit exister d’autres façons de régler ce problème » a commenté le chef d’entreprise, qui répondait à une question portant sur le durcissement des autorités américaines et européennes vis-à-vis du piratage et de la contrefaçon sur Internet.

« Si, aux Etats-Unis, le gouvernement nous demande de ne pas rendre certaines informations accessibles sur Internet, cette exigence sera disproportionnée au regard de la loi et de la liberté d’expression. Les condamnations peuvent être très lourdes » a-t-il ajouté. Lors d’une conférence à Londres, le président exécutif de Google avait déjà manifesté son hostilité face à des législations réclamant le filtrage du web.

Déjà en 2009, la firme de Mountain View avait déclaré être contre la suspension de l’abonnement Internet. Cela « met en danger les droits fondamentaux et les droits procéduraux des utilisateurs, en menaçant de suspendre l’accès à Internet des utilisateurs en se basant sur de simples allégations et en renversant la charge de la preuve sur l’utilisateur qui doit montrer qu’il n’y a pas eu de délit« . L’entreprise s’exprimait alors dans le cas de la Nouvelle-Zélande, l’un des rares pays à s’aventurer sur le terrain de la riposte graduée.

Un discours qui risque de se heurter à la volonté des dirigeants du G8 de lutter contre les infractions en ligne. « S’agissant de la protection de la propriété intellectuelle, en particulier des droits d’auteur, des marques déposées, des secrets commerciaux et des brevets, nous reconnaissons que nous devons mettre en place des législations et des cadres nationaux pour en améliorer le respect« .

« C’est pourquoi nous renouvelons notre engagement à prendre des mesures fermes contre les violations des droits de propriété intellectuelle dans l’espace numérique, notamment par des procédures permettant d’empêcher les infractions actuelles et futures. Nous reconnaissons que l’application effective des règles en matière de propriété intellectuelle nécessite une coopération internationale appropriée entre les acteurs concernés, associant le secteur privé« .

« Nous sommes déterminés à trouver les moyens de faciliter un meilleur accès et une plus grande ouverture à la connaissance, à l’éducation et à la culture, notamment en encourageant l’innovation dans le commerce en ligne de biens et de contenus, dans le respect des droits de propriété intellectuelle » termine le communiqué final, sur la question de la propriété intellectuelle.

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