L'arrivée prochaine de Google TV en France se fera dans le plus strict respect des droits des créateurs, des producteurs et des diffuseurs, a prévenu Frédéric Mitterrand. Probablement échaudé par le dossier délicat de la numérisation des oeuvres, le ministre de la culture a prévenu que Google devra respecter des droits et des devoirs.

L’inquiétude des chaînes télévisées françaises est-elle remontée jusqu’au ministère de la culture ? Alors que ces dernières souhaitent encadrer très strictement l’affichage de services tiers sur les téléviseurs connectés, Frédéric Mitterrand a averti Google que l’arrivée de sa plate-forme interactive en France ne pourrait se faire sans un respect scrupuleux des droits d’auteur.

« Je tiens à insister sur le fait que les nouveaux services comme la Google TV ne sauraient se développer sans respecter les droits et devoirs […] des créateurs, des producteurs et des diffuseurs, et notamment ceux qui imposent de recueillir l’autorisation des ayants droit avant de donner l’accès à des contenus audiovisuels » a-t-il indiqué lors d’un colloque parisien.

« Google, bientôt Apple et probablement d’autres encore, et les chaînes de télévision vont engager des discussions, et je serai donc particulièrement vigilant à ce qu’elles permettent à la chaîne de valeur et à la rémunération de la création d’être préservées » a ajouté le ministre de la culture et de la communication, qui a néanmoins convenu que l’arrivée de la télévision connectée était une « opportunité » et non un « péril« .

Google, qui est également confronté à la méfiance des chaînes télévisées américaines, avait publié en octobre un communiqué laconique dans lequel l’entreprise américaine rappelait que sa plate-forme interactive ne fait qu’accéder aux programmes déjà disponibles sur le web. Aux États-Unis, plusieurs réseaux ont pris des mesures visant à limiter ou bloquer l’accès de Google TV à leurs programmes.

À plusieurs reprises, la firme américaine a égratigné le droit d’auteur à la française. Ce printemps, le cofondateur de Google, Larry Page, s’était rendu à Paris pour rencontrer en particulier Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand. Lors de son déplacement, il avait confié que « si nous devions réécrire la loi [sur le droit d’auteur, ndlr), nous le ferions autrement » pour éviter de brider l’innovation et la concurrence.

Un souhait qui ne sera certainement pas exaucé par les chaînes de télévision françaises, puisque ces dernières veulent brider l’innovation, en cherchant à contrôler les flux à leur seul bénéfice. Les chaînes de télévision cherchent en conséquence à imposer une charte restrictive aux constructeurs de téléviseurs connectés.

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