L'apparition des téléviseurs connectés est surveillée de près par les chaînes de télévision. Celles-ci ont élaboré une charte dont l'unique rôle est de contrôler l'innovation à leur seul bénéfice. Et d'empêcher l'apparition de contenus et de services tiers sans leur consentement.

En lançant une plate-forme d’interaction entre le web et la télévision, Google a clairement montré son désir de partir à la conquête des milliards de téléspectateurs dans le monde. L’enjeu financier étant considérable pour la firme américaine, elle a donc pris soin de s’entourer de plusieurs partenaires industriels de première importance afin de mettre toutes les chances de son côté.

Une enquête conduite par la société GroupM, filiale du groupe WPP, montre que les foyers français seront 7,6 millions à disposer d’un téléviseur connectable à Internet en 2012. En 2014, plus de 4 téléviseurs sur 10 (42,2 %) dans le monde devraient être reliés à Internet. La firme américaine devra néanmoins compter sur la résistance des chaînes télévisées, qui ne veulent pas céder la moindre parcelle de terrain à Google.

Depuis ce printemps, plusieurs chaines françaises ont signé une charte visant à préciser les « modalités d’affichage des contenus et services en ligne sur les téléviseurs et autres matériels vidéo connectés« . On retrouve ainsi des chaînes comme TF1, le groupe France Télévisions, Canal+, le groupe M6, Arte, BFM, iTélé, La Chaîne Parlementaire, TMC, NT1, Gulli ou encore DirectStar.

En particulier, les chaines télévisées exigent « le respect de l’intégrité du signal de chacune des chaînes signataires afin que les éditeurs puissent contribuer à exercer un contrôle total et exclusif sur les contenus et services affichés en surimpression ou autour de leurs programmes« . Les éventuelles redirections des téléspectateurs devront se faire systématiquement avec l’accord préalable de la chaîne concernée.

« Lors de l’affichage du programme en plein écran ou en écran partiel, les surimpressions, incrustations ou apparitions de services, contenus éditoriaux, publicitaires, raccourcis, sollicitations publicitaires ou d’achats ne peuvent être maitrisés et contrôlés que par le seul éditeur de la chaîne concernée » est-il encore indiqué. Et le verrouillage est large.

« Ni un choix proposé par un tiers, opérateur, industriel ou fournisseur de service, ni un choix paramétré par le téléspectateur lui-même ne sont acceptés, y compris si ce choix provient d’un autre matériel connecté au téléviseur » indique la charte. Au risque d’entraver durablement l’innovation sur les téléviseurs.

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