Le consortium MPEG LA a annoncé hier qu'il annulait la redevance pour les sites et les plates-formes proposant gratuitement des vidéos encodées avec le format propriétaire H.264. Cette décision survient à l'heure où Google a libéré le code-source du VP8 et s'est associé à Mozilla et Opera pour proposer un format libre et ouvert pour concurrencer le H.264

Le consortium MPEG-LA se sentirait-il menacé par la montée en puissance du format WebM ? Dans un communiqué de presse (.pdf) diffusé hier, les détenteurs des droits de propriété intellectuelle du format vidéo AVC / H.264 ont annoncé qu’ils prolongeraient indéfiniment la gratuité de la licence pour les sites et les plates-formes proposant gratuitement leurs contenus vidéos.

Auparavant, le consortium avait posé une première échéance en 2011. À cette date, les utilisateurs du format propriétaire H.264 auraient dû commencer à verser des royalties au MPEG-LA. En début d’année, le consortium a mis de l’eau dans son vin et s’est résolu à repousser l’échéance au 1er janvier 2016 pour les services proposant gratuitement des vidéos. En attendant, seuls les plates-formes proposant des vidéos payantes encodées en H.264 sont taxées.

La situation aurait pu rester en l’état si Google n’était pas intervenu dans le débat. Propriétaire de la première plate-forme vidéo sur Internet et concepteur de l’un des principaux navigateurs web du marché, la firme de Mountain View était donc la première concernée par la redevance envisagée par le consortium MPEG-LA. Car l’absence de consensus autour du codec vidéo à utiliser dans le HTML 5 a laissé craindre le pire.

En effet, deux écoles se sont affrontées sur le sujet. Il y avait d’un côté les promoteurs d’une solution libre, Ogg Theora, qui regroupaient notamment la fondation Mozilla, la société Opera ou encore la plate-forme Dailymotion. De l’autre, nos retrouvions les partisans du codec propriétaire et payant H.264, avec Apple, Microsoft ou Vimeo.

La situation est rapidement devenue cornélienne. En effet, si Ogg Theora avait le mérite d’être libre et gratuit, il affichait cependant des performances moins impressionnantes que son homologue propriétaire. À l’inverse, le H.264 était effectivement payant et propriétaire, mais se targuait d’être l’un des meilleurs codecs actuels, si ce n’est le meilleur.

En achetant On2 en début d’année, la firme de Mountain View a ouvert une troisième voie. En effet, Google a publié le code-source du codec VP8 sous licence libre. Or, celui-ci possède des qualités assez proches du format H.264. D’ailleurs, Google s’est associé à Mozilla et Opera pour développer un format audio / vidéo ouvert, WebM, rassemblant VP8, Ogg Vorbis et Matroska.

L’abandon de la redevance pour les vidéos gratuites est un semi-échec pour le consortium MPEG-LA. Sans l’intervention de Google, le format propriétaire H.264 aurait été un piège terrible pour la communauté du libre. En effet, cette gratuité provisoire aurait inévitablement poussé le H.264 comme standard technologique.

Cependant, cette privation d’une partie de la manne financière conférée par la licence d’utilisation jouera peut-être en faveur du H.264 à plus long terme. En proposant une licence gratuite à vie aux plates-formes gratuites pour l’affichage des vidéos encodées en H.264, le consortium favorise l’adoption de son codec. Et gagne des points dans la bataille qui l’oppose au WebM.

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