L’affaire a nourri toutes sortes de rumeurs. Dans la journée du 11 février 2026, il a été rapporté la décision de suspendre tous les vols à destination et en provenance de l’aéroport d’El Paso, au Texas, pour une durée de dix jours. À l’époque, l’administration de l’aviation civile aux États-Unis (FAA) avait cité des raisons de sécurité, sans préciser lesquelles.
Plusieurs pistes d’explication ont été avancées. D’aucuns ont noté qu’El Paso se trouve non loin du polygone d’essai de missile de White Sands, une base de lancement de l’armée américaine. D’autres ont souligné la proximité de la frontière mexicaine, et la piste d’incursions de drones pilotés par des cartels de la drogue dans l’espace aérien américain.
C’est ce qu’indiquait ainsi le secrétaire aux Transports des États-Unis, Sean Duffy : « La FAA et le Pentagone ont agi rapidement pour contrer une incursion de drones appartenant à un cartel. La menace a été neutralisée et le transport commercial dans la région n’est plus en danger. Les restrictions ont été levées et les vols normaux reprennent. »

Une chose est sûre, l’évènement était notable : « Une interdiction totale de survol d’une ville américaine, y compris les hélicoptères d’évacuation sanitaire et de police, est sans précédent dans l’histoire récente », observait un correspondant de CNN. Il faut sans doute remonter aux attentats du 11 septembre 2001 pour retrouver des restrictions de ce type.
Finalement, les activités aéroportuaires à El Paso ont repris assez vite. La zone d’exclusion aérienne temporaire qui a été mise en place a été levée quelques heures plus tard. « La fermeture temporaire de l’espace aérien au-dessus d’El Paso est levée. L’aviation commerciale n’est pas menacée. Tous les vols reprennent normalement », a écrit la FAA.
Un laser du Pentagone contre un ballon de fête
Cependant, la communication martiale de l’administration Trump autour de cette « menace neutralisée » colle mal avec les éléments qui commencent à émerger dans la presse, de l’Associated Press à Fox News, en passant par le New York Times. Ainsi, cette fermeture ponctuelle n’aurait pas été causée par un envahissement extérieur, mais par une erreur interne.
D’après les éléments journalistiques rapportés ces dernières heures, le souci provient de l’utilisation par le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (Customs and Border Protection — CBP) d’un laser anti-drone à haute énergie, une technologie encore expérimentale. L’engin en question est le système Locust d’AeroVironment.

Il est rapporté que l’équipement, prêté par le Pentagone (qui possède des exemplaires du dispositif), visait ce que les agents pensaient être un drone d’un cartel de la drogue mexicain. Mais, à en croire des sources proches du dossier, il s’agissait en réalité d’un simple ballon de fête, ce qui tranche avec le narratif avancé par Sean Duffy.
Un manque de coordination de l’administration
Au-delà de l’anecdote un peu navrante, les médias américains rapportent surtout une cacophonie administrative qui a entraîné tout ce bazar. Selon l’Associated Press, le tir a été effectué à proximité de la base militaire de Fort Bliss, au Texas, sans avoir averti au préalable la Federal Aviation Administration pour qu’elle ne soit pas prise de court.
Mais c’est ce qui est arrivé. Incapable d’évaluer les risques immédiats pour les pilotes commerciaux de l’activation d’une arme à énergie dirigée dans un couloir aérien civil, l’autorité régissant les activités aériennes aux USA n’a pas eu d’autre choix : il a fallu verrouiller le ciel en urgence, au début sur une très longue durée, pour mettre les choses au clair.
Si les choses sont rentrées finalement dans l’ordre au bout de quelques heures, ce dysfonctionnement bureaucratique majeur a malgré tout eu des conséquences bien réelles pour la population : vols annulés ou retardés, voyageurs bloqués dans les aéroports ou encore évacuations médicales forcées de se dérouter ailleurs.
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