Les relations entre Oracle et la communauté du logiciel libre sont en train de se tendre. Lundi, le comité en charge du développement du système d'exploitation libre OpenSolaris a décidé de se dissoudre et de mettre un terme au développement. Ils critiquent les orientations impulsées par le groupe américain.

L’an dernier, Oracle a mis la main sur Sun Microsystems pour 7,4 milliards de dollars (environ 5,9 milliards d’euros). L’opération avait été suivie avec attention par les autorités américaines et européennes, par crainte qu’elle entraine une concentration trop importante du marché des systèmes de gestion de base de données (SGBD). Mais le rachat avait tout de même été validé des deux côtés de l’Atlantique.

Avant cette acquisition, Sun Microsystems travaillait sur le projet de système d’exploitation libre OpenSolaris. Lors de l’acquisition de Sun, Oracle qui produit des logiciels propriétaires avait assuré que le projet serait maintenu. Mais un an plus tard, la logique commerciale l’a emporté. Dans un courrier électronique interne révélé le 13 août, Oracle a mis fin à ce projet d’O.S. libre.

Dans son courrier, l’entreprise indique vouloir basculer les clients d’OpenSolaris vers une solution gratuite mais propriétaire, Solaris 11 Express. Une décision mal vécue pour les développeurs du projet initial. Sur son blog, l’un des développeurs du système d’exploitation estime que cette décision « est une vraie perversion de l’esprit du logiciel libre« .

Conséquence de cette réorientation impulsée par Oracle, l’OpenSolaris Governing Board (OGB) a décidé d’y mettre un terme et a voté à l’unanimité sa propre dissolution. Le bureau d’OpenSolaris condamne notamment l’absence d’un employé chargé de faire la liaison entre l’OGB et Oracle et le manque d’intérêt du groupe pour les projets libres.

Ce conflit intervient par ailleurs au moment où Oracle porte plainte contre Google pour l’exploitation de technologies Java autrefois détenues par Sun Microsystems. L’entreprise reproche au géant de Mountain View d’avoir violé sa propriété intellectuelle en contournant ses brevets sur la technologie Java. Cette dernière est effectivement utilisée par Google dans le développement du système d’exploitation Android. Détenus auparavant par Sun Microsystems, ils appartiennent désormais à Oracle.

La firme de Mountain View avait estimé qu’à travers cette plainte, « Oracle avait fait le choix d’attaquer Google et la communauté open source de Java« . « Nous continuerons de défendre fermement les standards open source et nous continuerons de travailler avec l’industrie pour développer la plate-forme Android » avait-elle ensuite ajouté.

Oracle se trouve dans une situation inconfortable. Les engagements pris dans les projets open source autrefois portés par Sun Microsystems n’ont pas été tenus dans les faits. Signe que l’entreprise est hostile à l’open source, malgré les discours rassurants tenus l’an passé.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés