Après plusieurs semaines de polémiques, la Commission européenne a finalement donné son accord au rachat de Sun par Oracle. Malgré les risques potentiels planant sur l'avenir de MySQL, l'instance européenne a considéré que le jeu de la concurrence n'est pas entravé.

C’est donc officiel. La Commission européenne a donné hier son feu vert au projet de rachat de Sun Microsystems par Oracle. Selon l’organe exécutif de l’Union, cette « opération n’entrave pas de manière significative le jeu d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci« .

Selon la Commission, même si Oracle avait en tête d’achever MySQL, « une autre base de données ouverte, PostgreSQL, est considérée par de nombreux utilisateurs de ce type de logiciels comme une alternative crédible à MySQL et pourrait dans une certaine mesure remplacer la force concurrentielle que cette dernière représente actuellement sur le marché des bases de données« .

De plus, « la Commission a aussi constaté que des « forks » (logiciels construits sur la base de code de MySQL), autorisés sur le plan juridique étant donné que MySQL est une base de données ouverte, pourraient également être développés à l’avenir et exercer rapidement une pression concurrentielle suffisante sur Oracle« .

De nombreuses voix s’étaient élevées contre ce rachat, à commencer par Richard Stallman. « La Commission européenne devrait bloquer l’acquisition de MySQL à travers le rachat de Sun par Oracle. Les défenseurs de l’acquisition disent naïvement qu’Oracle ne peut pas nuire à MySQL, car une version libre de ce logiciel est mise à la disposition de tous sous licence GNU GPL version 2.0. Et, si Oracle n’est pas un bon hôte pour la version GPL du code, les développements futurs seront repris par d’autres. Cette défense doit être rejetée » avait-il déclaré.

« Si Oracle acquiert MySQL, elle sera la seule entité capable de libérer le code autrement que sous la GPL. Oracle ne sera pas tenue de vendre ou de proposer à un prix raisonnable les licences commerciales de MySQL. Plus important encore, Oracle n’aura pas l’obligation d’utiliser les revenus de ces licences pour faire évoluer MySQL » avait-il poursuivi. L’affaire avait même pris une dimension politique et diplomatique, en donnant lieu à une petite passe d’armes entre le Département de la Justice et la Commission européenne.

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