Dans une lettre adressée au commissaire chargé de la concurrence, Richard Stallman et diverses organisations demandent à l'Union européenne de bloquer le rachat de MySQL par Oracle, à travers l'éventuelle acquisition de Sun. En effet, Oracle propose déjà une solution SGBD, Oracle Database, qui est bien installée sur ce secteur.

Grand défenseur de la liberté en informatique, Richard Stallman, fondateur et président de la Free Software Foundation (FSF), a demandé à l’Union européenne de bloquer l’acquisition de MySQL. Développé dans un premier temps par MySQL AB, le système de gestion de base de données (SGBD) fut acquis par Sun Microsystems suite au rachat de l’entreprise suédoise en janvier 2008 pour un milliard de dollars. Un an plus tard, ce fut au tour de Sun de passer sous la coupe d’Oracle Corporation. Or, Oracle édite déjà une solution de SGBD, Oracle Database.

Pour le militant, ces manœuvres financières risquent d’être préjudiciable pour les développements futurs de MySQL, dans la mesure où une seule et même société va gérer deux produits concurrents Soutenu par des représentants de Knowledge Ecology International et de l’Open Rights Group, Richard Stallman a ainsi écrit une lettre à l’attention de Neelie Kroes, lecommissaire européen chargée de la concurrence.

« La Commission européenne devrait bloquer l’acquisition de MySQL à travers le rachat de Sun par Oracle » déclare le programmeur. « Les défenseurs de l’acquisition disent naïvement qu’Oracle ne peut pas nuire à MySQL, car une version libre de ce logiciel est mise à la disposition de tous sous licence GNU GPL version 2.0. Et, si Oracle n’est pas un bon hôte pour la version GPL du code, les développements futurs seront repris par d’autres. Cette défense doit être rejetée » tranche-t-il.

Rappelant que le logiciel utilise deux licences spécifiques dont l’une est sous licence publique générale GNU, Richard Stallman explique que « si Oracle acquiert MySQL, elle sera la seule entité capable de libérer le code autrement que sous la GPL. Oracle ne sera pas tenue de vendre ou de proposer à un prix raisonnable les licences commerciales de MySQL. Plus important encore, Oracle n’aura pas l’obligation d’utiliser les revenus de ces licences pour faire évoluer MySQL« .

Ce programme hybride de licences permet de générer des revenus tout en continuant un développement FLOSS (Free/Libre Open Source Software) du logiciel. « L’acquisition de MySQL serait un revers majeur pour les développements FLOSS d’une base de données » juge les signataires. Pour l’heure, l’Union européenne enquête sur le projet de rachat de Sun par Oracle, puisque ce rachat pourrait renforcer la position dominante de l’entreprise dans le secteur des SGBD, devant des solutions comme IBM DB2 et Microsoft SQL Server.

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