Le rachat de Sun par Oracle tourne à l'incident diplomatique

Guillaume Champeau - publié le Mardi 10 Novembre 2009 à 17h09 - posté dans High-Tech

 Le département américain de la Justice (DOJ) qui avait autorisé en août dernier l'acquisition de Sun Microsystems par Oracle a fait savoir lundi dans un communiqué qu'il n'était pas d'accord avec les positions exprimées par la Commission Européenne, qui s'est inquiétée de l'impact d'une telle fusion sur le marché des bases de données. Sun, qui a racheté la base de données libre MySQL en janvier 2008, se trouverait avalé par son principal concurrent, Oracle, qui édite des bases de données sous licence propriétaire.

Bruxelles, qui est plus sévère que les autorités américaines en matière de lutte contre les monopoles, a décidé d'ouvrir une enquête en septembre et a évoqué dans un communiqué l'impact potentiellement négatif que pourrait avoir l'opération sur un marché très concentré. Comme l'expliquait le mois dernier Richard Stallman à Neelie Kroes, la commissaire européen chargée de la concurrence, le fait que la base de données MySQL soit diffusée sous licence libre GPL n'est pas une raison une raison suffisante pour ne voir aucun problème à son rachat par l'éditeur des bases de données concurrentes Oracle. Il n'y aurait plus notamment la garantie que les bénéfices des licences commerciales vendues actuellement par Sun soient toujours réinvestis dans le développement de MySQL.

Lundi, réagissant au communiqué de Bruxelles, le DOJ a estimé que les clients auraient toujours une variété de choix de leur base de données après la fusion, et nié que le rapprochement puisse être anticoncurrentiel. Mardi, la Commission Européenne a répondu sèchement. "C'est inhabituel. Je ne me souviens pas d'un cas où la Commission Européenne ait jamais publié un communiqué concernant des enquêtes en cours dans une autre juridiction", a lancé Jonathan Todd, le porte-parole de Neelie Kroes. "Nous avons nos méthodes, ils ont les leurs. Nous appliquons les règles européennes de contrôle des fusions, ils appliquent la réglementation américaine du contrôle des fusions".

Oracle saura le 19 janvier au plus tard si la Commission Européenne donne son feu vert à la transaction. Si oui, elle pourrait l'assortir d'un certain nombre de conditions favorables à un développement continu de MySQL.

 
 
21
Commentaires à propos de Le rachat de Sun par Oracle tourne à l'incident diplomatique
 

1
2
sum02
Le 10 Novembre 2009 à 17h52
J'espère qu'on aura toujours droit a notre pare feux OpenOffice Anéfé.
kerabera
Le 10 Novembre 2009 à 18h03
lol ^^
Razorback
Le 10 Novembre 2009 à 18h12
Ah ben oui M. les amerlock, quand l'Europe prend un peu d'indépendance ça vous gêne hein, vous ne contrôlez plus tout partout...
ça ne fait que commencer, mes pauvres.
Kekounet
Le 10 Novembre 2009 à 18h12
De là à dire que ça a tourner à l'incident diplomatique... C'est un peu exagéré je trouve Kad...
Ageur
Le 10 Novembre 2009 à 18h16
Kekounet, le 10/11/2009 - 18:12
De là à dire que ça a tourner à l'incident diplomatique... C'est un peu exagéré je trouve Kad...

Je cherche aussi le rapport :)
enter
Le 10 Novembre 2009 à 18h29
Il y a juste une question qui me turlupine : pourquoi est-ce que la Commission Européenne doit donner son accord pour le rachat d'une société américaine par une autre société américaine ?
demon666
Le 10 Novembre 2009 à 18h36
enter, le 10/11/2009 - 18:29
Il y a juste une question qui me turlupine : pourquoi est-ce que la Commission Européenne doit donner son accord pour le rachat d'une société américaine par une autre société américaine ?


je me pose exactement la même question!
herbeapipe
Le 10 Novembre 2009 à 18h39
C'est vrai ça, qu'en est il de OpenOffice ??
last
Le 10 Novembre 2009 à 18h42
Kad, le 10/11/2009 - 17:43

... le fait que la base de données MySQL soit diffusée sous licence libre GPL n'est pas une raison une raison suffisante pour ne voir aucun problème à son rachat par l'éditeur des bases de données concurrentes Oracle.
...
Lundi, réagissant au communiqué de Bruxelles, le DOJ a estimé que les clients auraient toujours une variété de choix de leur base de données après la fusion, et nié que le rapprochement puisse être anticonrrentiel.


?
Kad Redal
Le 10 Novembre 2009 à 18h43
enter, le 10/11/2009 - 18:29
Il y a juste une question qui me turlupine : pourquoi est-ce que la Commission Européenne doit donner son accord pour le rachat d'une société américaine par une autre société américaine ?
Parce qu'ils ont des bureaux en Europe, et qu'ils vendent en Europe. Si ça un impact sur le marché européen, ils s'estiment compétents. Les raisons juridiques exactes par contre qui font que l'avis de Bruxelles s'impose aux sièges américains, je les ignore.
demon666
Le 10 Novembre 2009 à 18h44
voilà j'ai l'explication,merci kad
enter
Le 10 Novembre 2009 à 18h59
>>>"Parce qu'ils ont des bureaux en Europe, et qu'ils vendent en Europe."

Et donc, il faut également l'accord des autorités chinoises, australiennes, congolaises et chiliennes ? Et si Auchan décide de racheter Carrefour, il faut également que les autorités tous les pays du monde soient d'accord ?
asrial
Le 10 Novembre 2009 à 19h07
enter, le 10/11/2009 - 18:29
Il y a juste une question qui me turlupine : pourquoi est-ce que la Commission Européenne doit donner son accord pour le rachat d'une société américaine par une autre société américaine ?
Parce qu'ils ont des bureaux en Europe, et qu'ils vendent en Europe. Si ça un impact sur le marché européen, ils s'estiment compétents. Les raisons juridiques exactes par contre qui font que l'avis de Bruxelles s'impose aux sièges américains, je les ignore.


les raisons juridiques s'expliquent par une réciprocité des accord signée il y a quelques années déj. (je peux cherher le texte exact si vous voulez)
En gros, il y a trois possibilités :
tout le monde est ok, la fusion se fait
les US ou l'UE refusent simplement, le dossier doit être refais et passer en commission une fois de plus.
Les US ou l'UE refusent ET POSENT UN VETO et le dossier tombe à la poubelle et les deux boites concernées peuvent pleurer, pas le peine d'y revenir et de representer quelque chose, c'est mort.
L'accord est de totale réciprocité. Si un véto est mit par l'un, l'autre commission doit obligatoirement la valider.
Pour l'instant, on en est au non simple, Oracle refusant de fournir les documents comptables (entre autres) demandé par l'UE. Le fait que l'information soit sortie tient au fait que Oracle a commencé à faire du chantage à l'emplois en menacant de licencier un millier d epersonne si l'UE acceptait pas ce qu'ils voulaient. Pour couper court aux magnouille, l'UE a revelé l'affaire sachant que la pression populaire et politique les feraient refléchir un brin.
Voila !
Kad Redal
Le 10 Novembre 2009 à 19h56
Merci pour ces précisions précieues Asrial :)
Armas
Le 10 Novembre 2009 à 22h45
Ca sent le sapin ...
Sergent o'gagneur
Le 10 Novembre 2009 à 23h12
Barf ... nos chers "élus" de la commission européenne n'ont qu'a développer eux-même un SGBD open-source, puisqu'ils se croient si malins. Cela leur donnera l'occasion de faire ?uvre utile au lieu de (bien) manger notre argent et de dire des c ....
Goldoark
Le 10 Novembre 2009 à 23h58
Mais bien sûr ! super l'argument de Sun. C'est open-source donc c'est pas grave ?

Oracle developpe son logiciel (payant et ultra-cher) et va développer en parallèle un logiciel gratuit et open-source tout en maintenant le niveau ?

Ils nous prennent vraiment pour des cons.
adlm
Le 11 Novembre 2009 à 00h45
depuis quand :
1/ Mysql est-il le concurrent de Oracle
2/ Sun est-il le PRINCIPAL (je cite) concurrent de Oracle
enter
Le 11 Novembre 2009 à 10h34
>>>"les raisons juridiques s'expliquent par une réciprocité des accord signée il y a quelques années déj."

Ouahou. Les USA et l'UE s'amusent entre eux et le reste du monde n'a qu'à crever.

Sinon, je reprends mon argument sur MySQL : il s'agit d'un projet OpenSource dont la philosophie est que n'importe qui peut intervenir pour le faire évoluer.

Qu'Oracle rachète la version commerciale de MySQL, c'est son problème. Qu'il continue ou non de maintenir un version Open Source, peu importe : Rien n'empêchera une branche Open Source de continuer à faire, si besoin, son chemin de son côté.

Ou alors, on nous aurait menti. L'Open Source a besoin d'une structure industrielle lourde derrière lui pour continuer à vivre ?
enter
Le 11 Novembre 2009 à 10h40
>>>"Oracle developpe son logiciel (payant et ultra-cher) "

Ca, c'était vrai avant, mais ça fait un paquet de temps qu'Oracle a largement changé sa politique tarifaire.

1) En développement, toutes les versions d'Oracle sont gratuites.
2) En production, les versions d'Oracle commencent à 180$ (prix public) par utilisateur.

Bien entendu, Oracle n'est pas une base de données pour particuliers. Mais pour une entreprise, les prix sont tout à fait abordables.
Bien entendu aussi, si tu veux un Oracle pour 1000 utilisateurs, avec réplication inter-sites et sur machines quadriprocesseurs à clusters et disques redondants et haute disponibilité, ça coûte cher.

1
2
 
31.914 avis de la presse (tests) référencés
1.394.093 produits détaillés
1.264.571 prix comparées
Derniers articles publiés
Trouver les meilleurs prix avec Numerama
1.394.093 produits comparés
1.264.571 prix actualisés
31.914 avis de la presse référencés !
à partir de 137.80 €
 
à partir de 54.98 €
 
Logiciels à télécharger
Client alternatif multi-réseaux.
 
Voler pendant la 2nde guerre mondiale
 
Lecteur de DVD avec options de catalogue
 
Copier un disque dur sur un autre
 
Création de page Web pour débutant
 
Numerama est un site du réseau PressTIC