Google sera poursuivi par plusieurs gros éditeurs français

Guillaume Champeau - publié le Mercredi 31 Mars 2010 à 17h24 - posté dans Société 2.0

Albin Michel, Flammarion, Eyrolles et Gallimard vont poursuivre en justice Google, qu'ils accusent de violer leurs droits d'auteur en scannant leurs ouvrages français disponibles dans les bibliothèques américaines, pour en diffuser des extraits sur Google Books. Ils rejoignent ainsi le combat de La Martinière et du Syndicat National de l'Edition (SNE), qui ont obtenu une première victoire judiciaire en décembre 2009 contre le géant américain. Google, qui a fait appel de la décision, n'a plus le droit de référencer les oeuvres du groupe La Martinière, propriétaire des éditions Le Seuil, et donc plus le droit d'en faire la promotion quand bien même des études ont démontré que la diffusion des livres sur Internet encourageait l'achat des versions papier.

"En début d'année, quelques contacts avec Google nous avaient laissés espérer une évolution favorable sur ce dossier, mais rien n'a changé finalement", a regretté au salon du livre Antoine Gallimard, PDG des éditions éponymes.

Alors que le livre numérique se développe à grande vitesse, l'éditeur muscle son opposition à la diffusion des ouvrages sur Internet, jusqu'à interdire la publication sur Internet d'ouvrages encore protégés en France, mais tombés dans le domaine public dans d'autres pays francophones. L'éditeur souhaite que les Français ne puissent pas y avoir accès, ou que le droit français s'impose alors à toute la francophonie.

Au nom de l'exception culturelle, les éditeurs sont soutenus dans leur démarche par le gouvernement français, qui est cependant de plus en plus timide dans son opposition à Google. S'il plaide pour une alternative gauloise à Google Livres, financée par le Grand Emprunt, Frédéric Mitterrand se montre plus ouvert à l'idée d'un partenariat avec la firme américaine, à l'image de celui signé en Italie au au début du mois. Il faut "tenir un langage non pas de force mais d'égalité face à Google", a ainsi nuancé le ministre de la Culture au salon du livre.

Un protectionnisme acharné des éditeurs français contre Google n'aurait absolument aucun intérêt culturel, si ce n'est celui de rendre la littérature française invisible sur le net, et donc de donner encore davantage de poids à une culture américaine déjà omniprésente. Pas sûr que ça soit vraiment le meilleur calcul.

Publié par Guillaume Champeau, le 31 Mars 2010 à 17h24
 
 
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Commentaires à propos de «Google sera poursuivi par plusieurs gros éditeurs français»
 
Depuis que des Numéramiens parlent ici de Minitel 2.0 ... Je souris.
Mais c'est exactement ce qui est en train de se produire.
S'il s'agissait de livres entier ... je comprendrais. Mais des extraits seulement. Cela ne peut qu'influencer favorablement l'achat d'un livre.
C'est un peu comme si j'écoutais à la télé un résumé de ce livre.
J'ai souvent acheté des livres après un résumé "intéressant".
ils sentent que google est interessé alors ils font leur paons

suffiraient que google lache l'affaire en disant "bah gardez les vos bouqins a la con, les fromages qui puent, on se contentera du reste du patrimoine culturel de l'humanité, et on vous laisse vos trucs a vous on s'en passera" là je suis sur que ca changerait les attitudes :)
Quelle alternative vont proposer les éditeurs Français?
Guillaume,
Je ne crois pas que ce soit le véritable but des éditeurs que de filtrer les diffusions sur Internet dans le seul but de freiner la "consommation numérique"; D'autant plus que durant les "Assises de la loi Création et Internet", le syndicat du livre (je crois que c'était le SNE justement) était même plutôt favorable à un passage au tout numérique (j'ai trouvé même que c'était les plus ouverts à ce sujet durant le débat).

Je pense que ce qui inquiète les éditeurs, c'est que Google a eu une politique particulière pour ce dossier, qui est un peu "à-l'arrache".

Les chefs de projet - pour la partie "numérisation des livres" - le disent eux mêmes: on fait avant, on demandera après (moins politiquement parlant: ils avaient dit si je me souviens bien "ils nous attaqueront si cela les déranges", aka "on s'en bat un peu les roustons, on a des thunes s'ils veulent nous attaquer")

Maintenant il faut savoir ce qui est le plus rapide: faire en douce, braquer les éditeurs et risquer un refus du dossier numérique par ces derniers pendant un moment; ou bien faire un travail de fond, à la base et avoir une politique ouverte initiée par les éditeurs eux-mêmes.

Les deux se valent, mais j'ai peur qu'on perdent plus de temps a convaincre de nouveau pour le 1er choix. Et qu'on perdent du temps à mettre en place des plateformes légales pour le 2ème.
BenjaminG > je pense que Google est échaudé par l'expérience des successeurs de Napster et compagnie, qui systématiquement lorsqu'ils ont voulu négocier des accords avant de réaliser leurs projet sont reçu des fins de non recevoir de la part des labels/studios, ou des exigences telles qu'elles rendaient le projet non viable dès le départ. Du coup certains ont fait le forcing. C'est le cas par exemple de Deezer, né d'abord dans l'illégalité. La plupart des services à succès ont "fait d'abord, demandé ensuite". Je ne sais pas si c'est bien, mais c'est une nécessité malheureusement pour faire évoluer les mentalités et bousculer certains rapports de force.
shyboy, le 31/03/2010 - 17:53
Quelle alternative vont proposer les éditeurs Français?
Payer pour quelques pages d'un livre bien sur! Ca fait rêver...

Google a ses travers, mais là, on tombe dans du grand n'importe quoi( comme d'habitude devrai-je dire... )!
C'est bien vrai. On n'obtient aucune liberté sans forcing. Rien n'est donné. La guerre des anciens et des modernes a toujours été et sera toujours.
"financée par le Grand Emprunt" => heureusemet que la dette nationale n'est que 1200 milliards d'euros ...
Pas de chance, aux USA il existe le "fair use". Et en France le droit de citation:

En France c'est le code de la propriété intellectuelle qui le détermine, et en particulier l'article L122-5. Les conditions de la loi française sont simplement (art L122-5 CPI) : « Lorsque l'?uvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire : [â€] 3º Sous réserve que soient indiqués clairement le nom de l'auteur et la source : a) Les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d'information de l'?uvre à laquelle elles sont incorporées ». Le droit de citation est gratuit et autorisé à tous.

Google wins.

It
Google, Yahoo, Ebay, etc... C'est quoi? des trucs bidons devenus des multinationales. Pourquoi aux pays du MacDo, des hamburgers et autres Hot Dogs crée-t-on de telles sociétés et qu'en Europe c'est le surplace, le suivisme ou le réactionnaire. Qu'est devenu la fameuse silicon valley Européenne?
herbeapipe, le 31/03/2010 - 21:09
"financée par le Grand Emprunt" => heureusemet que la dette nationale n'est que 1200 milliards d'euros ...

Tu me rassures je pensais que c'était 2000 milliards :D
on ne peut pas en tout cas reprocher à google d'être moteur.

quand on voit l'attitude attentiste des majors du cinéma et de la musique face à internet, on est en train de se dire que les éditeurs français du livre sont en train de faire la même bêtise... et ensuite, ils vont se plaindre...
Un protectionnisme acharné des éditeurs français contre Google n'aurait absolument aucun intérêt culturel, si ce n'est celui de rendre la littérature française invisible sur le net, et donc de donner encore davantage de poids à une culture américaine déjà omniprésente. Pas sûr que ça soit vraiment le meilleur calcul.
tout est dit dans cette phrase !
Google, Yahoo, Ebay, etc... C'est quoi? des trucs bidons devenus des multinationales. Pourquoi aux pays du MacDo, des hamburgers et autres Hot Dogs crée-t-on de telles sociétés et qu'en Europe c'est le surplace, le suivisme ou le réactionnaire. Qu'est devenu la fameuse silicon valley Européenne?

Ebay, c'est un français à la base, Pierre Omidyar, bon, il a déménagé aux USA avant de faire son projet. Entreprendre en France sur internet, c'est difficile maintenant, mais c'était pire à l'époque de Google, Yahoo et al.
Il faut "tenir un langage non pas de force mais d'égalité face à Google", a ainsi nuancé le ministre de la Culture au salon du livre.

Donc Google est au même niveau que l'état Français c'est ça ?
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