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Gallimard veut imposer le droit d'auteur de France à toute la francophonie (MAJ)

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 19 Mars 2010 à 13h32 - posté dans Société 2.0

Parce que selon elle "les contenus français sont destinés à un public français", Gallimard a demandé à la bibliothèque d'oeuvres libres de droit Wikisource de retirer de son catalogue tous les livres libres de droit au Québec mais encore protégés par le droit d'auteur en France.

Mise à jour : une source proche du dossier nous fait savoir que Gallimard ne souhaite pas dire que "les contenus français sont destinés à un public français", comme ça a été d'abord rapporté sur Wikisource. Mais que "le site Wikisource vise un public français et, par conséquent, d'après les règles françaises de conflit de lois, le droit d'auteur s'applique à ce contenu". L'éditeur semble ainsi souhaiter que les Français ne puissent pas accéder aux oeuvres protégées qui seraient libres de droit ailleurs, mais demande le retrait des oeuvres dans les cas où un tel blocage ne serait pas possible. C'est notamment ce que prévoit le site ebooksgratuits.com, qui propose un filtrage géographique.

L'affaire fait assez logiquement bondir dans les milieux littéraires numériques. Le mois dernier, l'éditeur français Gallimard a enjoint le site collaboratif américain Wikisource (créé par l'éditeur de Wikipedia) à retirer de ses serveurs toutes reproductions des oeuvres de Paul Eluard, André Gide, Jean Giono, Paul Valéry, Guillaume Apollinaire, Jean-Pierre Calloc'h, Robert Desnos, Max Jacob, Charles Péguy, Louis Pergaud, Victor Segalen, et Jean de la Vile de Mirmont. Autant d'auteurs morts depuis plus de 50 ans dont les textes sont désormais libres de droit au Québec, mais qui ne sont pas morts depuis assez longtemps pour que leurs oeuvres soient également libres de droit en France.

Dans l'hexagone, au décès de l'auteur le droit d'auteur persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours au moment du décès, et pendant les 70 années qui suivent. En principe, toutes les oeuvres des auteurs décédés avant 1940 (comme Apollinaire, Pergaud, Segalen, Péguy...) devraient donc être libres de droit en France depuis le 1er janvier.

Mais pour un motif qui n'a absolument rien de culturel et tout d'un patriotisme instrumentalisé à des fins économiques, les auteurs "morts pour la France" voient leurs droits prorogés de 30 ans. De même, les droits sont également prorogés de la durée (dans son entendement le plus large) des deux guerres mondiales. Les ayants droit bénéficient ainsi d'une protection prorogée de 6 années et 152 jours pour la première guerre mondiale et de 8 ans et 263 jours pour la seconde. Le législateur a estimé que pendant ces quelques quinze années cumulées, les auteurs n'avaient pas pu exploiter normalement leurs oeuvres. On n'a pas compensé le manque à gagner des boulangers qui n'ont pas pu vendre de pain ou les bouchers qui n'avaient plus de viande à vendre, mais l'auteur a un statut privilégié, au sens quasi ancien-régime du terme. Ce qui fait que les oeuvres de nombreux auteurs morts il y a bientôt 100 ans ne peuvent toujours pas être reproduites librement en France.

Mort pour la France en 1918, Apollinaire ne sera ainsi dans le domaine public qu'en 2034 ! (1918 + 70 ans + 30 ans + 15 ans = droits d'auteur maintenus jusqu'à la fin de l'année 2033). Soit de très longues années après la libération des droits au Québec et dans d'autres pays francophones qui n'ont pas ni la même durée initiale de protection, ni les mêmes règles de prorogation.

Or à l'heure d'Internet, cela pose un problème important. Peut-on interdire aux internautes habitant des pays francophones de diffuser sur Internet des oeuvres qui sont chez eux libres de droit, mais qui ne le sont pas encore en France ?

Pour Gallimard, la réponse ne fait pas de doute. L'éditeur a demandé à Wikisource, édité par la fondation américaine Wikimedia, de retirer les oeuvres des auteurs invoqués au motif que "les contenus français visent un public français". Selon Gallimard, tout contenu en français serait donc publié à l'intention des internautes français, et c'est donc le droit français qui s'applique en cas de conflit de droits.

Sur Internet, pour Gallimard, le droit d'auteur de France doit donc devenir universel et s'imposer à l'ensemble de la francophonie. Même si le Canada, par exemple, a jugé qu'une protection des droits de 50 ans post-mortem respectait davantage l'esprit du contrat social conclu entre les auteurs et la société civile.

Cette position énerve profondément François Bon, un Français exilé au Québec qui édite le blog TiersLivre.net : "Qu'ils se les gardent, Éluard et Reverdy et Apollinaire, mais c'est la phrase, qui me fait mal, et qui est un peu même une insulte à ces trois-là : " les contenus en français sont destinés à un public français "".

Publié par Guillaume Champeau, le 19 Mars 2010 à 13h32
 
 
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Commentaires à propos de «Gallimard veut imposer le droit d'auteur de France à toute la francophonie (MAJ)»
 

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Ridicule, dangereux pour la culture, horrifiant pour les auteurs (qui ne sont même plus maîtres de leurs oeuvres pour les vivants) ,insulte a certains auteurs (qui prônaient la culture et le partage).

Bref, l'édition littéraire rejoint les éditions phonographiques et cinématographiques dans l'abjecte élitisation de la cultrure
J' hallucine ! quelle honte mais quelle honte !!
Vraiment.
Quand j'entends le mot Gallimard, je sors mon revolver.
Surtout qu'on en bouffe au kilomètre des auteurs morts, quelle personne saint d'esprit va acheter leurs oeuvres ? (Second degré, hein ^^)
scandaleux.
Le rayonnement de la culture française n'a pas de beaux jours en perspective. Et parallèlement, l'exception française dans ce cas est vraiment une honte.
Quid de la Polynésie française dont la constitution empêche d'appliquer des lois sur le droit d'auteur comme Hadopi ?
Faut changer la constitution française pour le plus grand plaisir de Gallimard, Sony, Universal, Warner... ?

au passage, à propos de droit d'auteur
il est bon de rappeler que Jean Ferrat tombera dans le domaine en 2080. Perso, j'ai de grandes chances d'être mort avant.
Donc s'offre à nous 3 solutions :
- Télécharger l'intégrale (~10 albums) en MP3 sur la Fnac... à 80 � !! V'là la promo.
- Espérer vivre jusqu'à 2080 pour enfin pouvoir le télécharger librement, le remixer etc...
- aller sur eMule

j'ai fait mon choix =)


80 € les 800 Mo... le bit ne connait pas la crise pour les Majors =)
Et voilà ... (copier/coller) car c'est tellement VRAI :

"De même, les droits sont également prorogés de la durée (dans son entendement le plus large) des deux guerres mondiales. Les ayants droit bénéficient ainsi d'une protection prorogée de 6 années et 152 jours pour la première guerre mondiale et de 8 ans et 263 jours pour la seconde. Le législateur a estimé que pendant ces quelques quinze années cumulées, les auteurs n'avaient pas pu exploiter normalement leurs oeuvres. On n'a pas compensé le manque à gagner des boulangers qui n'ont pas pu vendre de pain ou les bouchers qui n'avaient plus de viande à vendre, mais l'auteur a un statut privilégié, au sens quasi ancien-régime du terme.

Voilà ... où nous en sommes.

Voilà pourquoi je ne cesserais de le crier haut et fort ...
P..... de M.... ALLEZ VOTER
Il fallait s'y attendre top ou tard.
Ils savent plus quoi inventer :(
Un bon exemple pour illustrer le mot : Absurde !
Va falloir boycotter Gallimard maintenant... Maintenant, on va sortir que le piratage c'est un manque à gagner pour le bouquin aussi, et tout le monde sera content...
Avec les tablettes à venir, c'est la prochaine cible... le bouquin... alors ils prennent les devant...
Gallimard, qui ose vendre des livres électroniques sur Nintendo DS bourrés de fautes d'orthographe comme "Du côté de chez Swann" de Marcel Proust ? :shifty:

Et si Wikisource, site non hébergé en France, envoyait Gallimard se faire voir ? Gallimard n'a rien à exiger d'un site américain et la justice française n'y a aucun pouvoir...

les auteurs "morts pour la France" voient leurs droit prorogés de 30 ans
Ou comment exploiter la mort d'un auteur pour attribuer une rente à vie à ses enfants et aux enfants de ses enfants, voire même aux enfants des enfants de ses enfants ! :shock: Les descendants des "simples" soldats morts pour la France se voient-ils attribuer le même traitement de faveur ? :blink:

"les contenus français visent un public français"
Ce qui est sûr, c'est qu'une énormité pareille a quant à elle une portée universelle... :crazy:
"les contenus français visent un public français" Et la France aux français :D
la culture pour tous qu'ils disait nos politiques :D

on se fend la poire et c'est que le début :D

j'aimerais trop être dans 1 an ou 2 :D
plus ça tend vers l'absurde, et plus on se rapproche de la fin du droit d'auteur tel que nous le vivons aujourd'hui.
c'est donc une bonne nouvelle, car ça sent vraiment le sapin pour tous ces cons !

vive le québec libre ! ;D
Quelqu'un a lu "Ubik" ?

Les dirigeants de Gallimard, un peu comme ceux du SNEP, roulent en calèche et s'éclairent à la lampe à pétrole.
tropsaoulé, le 19/03/2010 - 14:44
plus ça tend vers l'absurde, et plus on se rapproche de la fin du droit d'auteur tel que nous le vivons aujourd'hui.
c'est donc une bonne nouvelle, car ça sent vraiment le sapin pour tous ces cons !

"La situation est excellente"
C'est qui le patron de GALLIMARD, ce gros #@$*+ ?
Environ 200 millions de francophones dans le monde (dixit wikipédia / article "francophonie"), les livres en français ne s'adresseraient qu'au tiers de ceux-ci ?
(en supposant que tous les habitants de France sont francophone, c'est osé, je sais...)
Apollinaire, Pergaud, Segalen, auteurs dont les textes ont été retirés à la demande de Gallimard, sont en ligne sur Gallica, le site de la Bibliothèque nationale de France ( http://gallica.bnf.fr ), et sur d'autres sites en France. "Le Grand Meaulnes", roman édité par Gallimard, dont l'auteur Alain-Fournier est mort pour la France en 1914, et succès permanent, est édité par d'autres éditeurs depuis 2009, donc dans le domaine public. La loi française est très confuse et mal rédigée. Pour l'instant, l'hébergeur Wikimedia en Floride a retiré les textes en application du "Online Copyright Infringement Liability Limitation Act" qui dit que l'hébergeur doit retirer un contenu à la demande de quelqu'un qui semble être un ayant-droit dessus. Mais dans un délai de 14 jours, le responsable du contenu peut se faire connaître et réclamer son droit. Le contenu est alors rétabli et celui qui veut le retirer doit faire un procès à celui qui l'a mis. Gallimard essaie de faire peur à Wikimedia France, qui devra se déclarer responsable du contenu pour que la procédure américaine se déroule. Jusqu'ici, Wiimedia a toujours gagné ce genre de procès. Pour tout savoir: http://fr.wikisource...15_février_2010
hillson, le 19/03/2010 - 15:12
C'est qui le patron de GALLIMARD, ce gros #@$*+ ?

Il pourrait rejoindre Ubu-soft! :rire:
la-men-ta-ble.

j'ai honte pour Gallimard (et une nouvelle société à boycotter, une!)

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