Les artistes de la musique avaient été les premiers à s’y mettre. Grâce à Internet, les musiciens n’ont plus besoin de passer avec succès le filtre des maisons de disques et des programmations radios pour se faire connaître, ni celui des rayons des disquaires pour vendre leurs productions. A l’image de Radiohead, Nine Inch Nails, et des milliers d’artistes connus ou méconnus, les écrivains eux-aussi peuvent désormais s’affranchir de l’intermédiaire, incontournable hier, qu’est l’éditeur de livres.

C’est le cas de Marc-Edouard Nabe, qui a lancé sa propre plateforme en ligne où l’on peut commander ses nouveaux ouvrages, et une grande partie des anciens dont il a pu récupérer les droits. Faute de contrat écrit signé, il a pu retrouver les droits sur 22 livres édités par les Editions du Rocher, et de quelques autres livres édités par Gallimard ou Dilettante, qu’il propose désormais sur son site. A l’avenir, tous ses romans seront édités par lui-même, ce qui n’est pas un maigre avantage comme le résume le magazine littéraire BSC News :

Après 27 livres édités aussi bien chez Gallimard qu’au Dilettante, il auto-publie son nouveau roman : L’homme qui arrêta d’écrire. Un véritable pied de nez à l’édition.  » J’en ai assez des éditeurs blasés et des libraires boycotteurs. J’ai imprimé mille exemplaires de ce roman, qu’on ne pourra commander que sur ma plate-forme, marcedouardnabe.com. Au lieu de toucher mes misérables 10 % de droits d’auteur, désormais, je serai à 70 % « , déclare-t-il à l’Express (30 % à l’imprimeur). Nabe se fout de vendre beaucoup : avec le peu qu’il vendra, il gagnera plus qu’en touchant un maigre avaloir (les tarifs sont à la baisse) et 10 % de droits d’auteurs. Le prix de son roman de sept cent pages ? 28 euros – à peu près le prix du dernier Sollers. Vous pouvez le commander dès le 14 janvier, vous recevrez un livre avec une couverture élégante, papier bouffant, sans code-barres ni mention du prix.

Ca n’est pas pour autant la mort de l’éditeur. Il faudra « simplement » qu’ils travaillent beaucoup plus leur image de marque avec une ligne éditoriale affirmée par un accompagnement poussé dans l’écriture (un rôle trop souvent oublié de l’éditeur), et par un travail de promotion efficace du livre. Il faudra aussi, sans doute, qu’ils réhaussent la part du prix du livre reversée aux auteurs. A défaut, leur mort sera aussi lente que certaine.

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