Le piratage, meilleur vecteur d'exposition pour une oeuvre culturelle ?

Julien L. - publié le Mardi 17 Novembre 2009 à 20h42 - posté dans Peer-to-Peer

Un cinéaste a vu la notoriété de son dernier film prendre une ampleur insoupçonnée. La raison ? Le long-métrage s'est tout simplement retrouvé sur les réseaux peer-to-peer. Le réalisateur reconnait que s'il n'est pas vraiment enthousiaste à l'idée de savoir que des internautes profitent son oeuvre gratuitement, il est quand même ravi de l'exposition offerte par le P2P.

Le peer-to-peer, fléau du droit d'auteur ou excellent outil marketing ? Si les avis ne manqueront pas de diverger sur la question, selon si l'on se place du côté des ayants droits ou des internautes adeptes du téléchargement, Jamin Winans a désormais une opinion bien tranchée. Réalisateur et scénariste sur le film Ink, le cinéaste estime que "s'il n'est guère enthousiaste de voir des personnes découvrir son film sans payer", est cependant ravi de voir BitTorrent offrir à son oeuvre "une exposition absolument exceptionnelle".

"Ce week-end, quelque chose d'assez extraordinaire s'est produit" explique Jamin Winans dans un e-mail envoyé aux personnes impliquées dans ce projet. "Ink a été piraté. Quelqu'un l'a publié sur différents sites dédiés au piratage, et nous savions que cela arriverai. Ce que nous n'avions pas prévu, c'est son succès fulgurant (en moins de 24 heures). Ink est devenu le film le plus téléchargé sur plusieurs sites spécialisés, avec parfois 150 000 à 200 000 internautes".

"Résultat, Ink est désormais classé 16e sur IMDB et fait parti des 20 films les populaires au monde" s'exclame le cinéaste. "Tout a commencé à la suite d'un buzz totalement souterrain que vous nous avez aidé à créer. Nous n'avions pas de distributeur, pas de véritable plan publicitaire, mais le bouche à oreille que vous avez débuté à fait exploser le film dès lors qu'il été disponible en ligne" analyse-t-il. "Nous ne savons pas exactement ou tout cela va nous mener, mais une telle exposition est incontestablement une chose positive" termine-t-il.

Ce n'est pas la première fois qu'un contenu culturel piraté a propulsé ou relancé les ventes et l'exposition d'un artiste. Cet été, nous vous rapportions l'histoire d'un groupe de musique, Barcelona, qui a vu son succès exposer suite à l'utilisation illégale d'un de leurs morceaux de musique dans une vidéo vue plus de trois millions de fois sur YouTube. Et ce n'est pas un cas isolé : Moby et Coldplay avaient expérimenté une diffusion gratuite de certains morceaux. Résultat, l'un et l'autre s'étaient retrouvés en tête des ventes sur les plates-formes musicales... peut-être qu'un jour, les ayants droits en tireront les conclusions qui s'imposent...

Publié par Julien L., le 17 Novembre 2009 à 20h42
 
 
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Commentaires à propos de «Le piratage, meilleur vecteur d'exposition pour une oeuvre culturelle ?»
 

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Juste une petite remarque, "director" se traduit en français par "réalisateur" et non pas directeur.
Et oui !
Et si une Licence Globale existait, ce genre de film aurait aussi bien marché et aurait rémunéré ses ayants droits.
Je pense que beaucoup de films qui restent aujourd'hui dans l'ombre pourraient voir le jour sous les meilleurs auspices avec une LG.

Mindo, le 17/11/2009 - 20:42
peut-être qu'un jour, les ayants droits en tireront les conclusions qui s'imposent...
Malheureusement, ce sont bien souvent les majors qui décident et influencent...
Bonsoir,
comme quoi le partage ouvre des perspectives.....

PS: merci Julien pour l'article ;)
Si les versions P2P et diffusées dans les salles obscures sont les mêmes, le spectateur lambda cherchera la version P2P gratuite et rares seront ceux qui paieront une place au cinéma. Même si une projection en salle vaut mille fois un visionnage sur écran plat.

Il faut donc une différence entre les deux versions. Malheureusement, rares seront les réalisateurs qui accepteront, par exemple, de créer une "version courte" de leur film, une sorte de "P2P cut" d'une trentaine de minutes, destinée à satisfaire la curiosité des réseaux pirates...

Pour la musique, c'est un peu pareil : une bonne partie des titres "studio" diffusées en P2P pour le buzz (une sorte de "maxi P2P" comme au temps du vynil), et l'intégralité des titres en live dans les salles de concert. L'album "studio" complet viendrait APRÈS, exactement comme les B.O. des films : pour se remettre en mémoire les émotions du live, et non AVANT.
Le P2P fait une nouvelle victime : les critiques.
cay-le-mal!
 
[2 petites coquilles :
"nous savions que cela arriverai" => "que cela arriverait"
"a vu son succès exposer" => "son succès exploser" ]
Sinon, excellent article. Il serait grand temps que certaines vérités soient rétablies.
Oui !!!!! le partage des oeuvres culturelles est un vecteur "d'achat culturel" !!
Internet = Intranet = Minitel 2.0 ... et puis quoi encore !! fuckkkkk la régression et la dictature !!!!!
Et d'ailleurs les chiffres du CNC montrent assez clairement que le piratage n'a pas fait baissé la fréquentation des salles. L'exemple qu'on peut citer naturellement est celui de 'Bienvenue chez les cht'is' qui était largement disponible sur Internet au moment de sa sortie en salles (et dans une qualité tout à fait correcte) et qui a quand même fait les scores qu'on connait..

Au sein du collectif Kassandre nous affirmons ce qui est devenu pour beaucoup une évidence mais qui est encore rejeté par certains : le téléchargement, s'il est bien utilisé peut propulser la fréquentation des salles.

http://www.kassandre...ous-l-avait-dit
Lapo, le 18/11/2009 - 00:40
Si les versions P2P et diffusées dans les salles obscures sont les mêmes, le spectateur lambda cherchera la version P2P gratuite et rares seront ceux qui paieront une place au cinéma. Même si une projection en salle vaut mille fois un visionnage sur écran plat.

Il faut donc une différence entre les deux versions. Malheureusement, rares seront les réalisateurs qui accepteront, par exemple, de créer une "version courte" de leur film, une sorte de "P2P cut" d'une trentaine de minutes, destinée à satisfaire la curiosité des réseaux pirates...

Pour la musique, c'est un peu pareil : une bonne partie des titres "studio" diffusées en P2P pour le buzz (une sorte de "maxi P2P" comme au temps du vynil), et l'intégralité des titres en live dans les salles de concert. L'album "studio" complet viendrait APRÈS, exactement comme les B.O. des films : pour se remettre en mémoire les émotions du live, et non AVANT.

Sauf que la version complète serait de suite la préférée des pirates. Tant qu'à être dans l'illégalité, autant ne pas faire les choses à moitié.
Crepitus, le 18/11/2009 - 09:05
Lapo, le 18/11/2009 - 00:40
Si les versions P2P et diffusées dans les salles obscures sont les mêmes, le spectateur lambda cherchera la version P2P gratuite et rares seront ceux qui paieront une place au cinéma. Même si une projection en salle vaut mille fois un visionnage sur écran plat.

Il faut donc une différence entre les deux versions. [...]

Sauf que la version complète serait de suite la préférée des pirates. Tant qu'à être dans l'illégalité, autant ne pas faire les choses à moitié.
Ouaip, sachant que les versions "raccourcies" existent déjà : les trailers.

Le film intégral sera irrémédiablement dispo sur les réseaux p2p. Exit la version courte.

Par contre, ils peuvent encore jouer sur la qualité : diffuser volontairement le film intégral en version moisie, avec son mono et tout, histoire qu'une séance de cinéma reste intéressante par rapport à un divx dans son salon.

Le seul avantage du cinéma par rapport à un salon, c'est la qualité de l'image, l'écran, le son et le confort de la salle. Choses qu'on a difficilement chez soi.
Supprimez ça, et les salles de ciné ne servent plus à rien.
josephparis, le 18/11/2009 - 03:40
Et d'ailleurs les chiffres du CNC montrent assez clairement que le piratage n'a pas fait baissé la fréquentation des salles. L'exemple qu'on peut citer naturellement est celui de 'Bienvenue chez les cht'is' qui était largement disponible sur Internet au moment de sa sortie en salles (et dans une qualité tout à fait correcte) et qui a quand même fait les scores qu'on connait..

Au sein du collectif Kassandre nous affirmons ce qui est devenu pour beaucoup une évidence mais qui est encore rejeté par certains : le téléchargement, s'il est bien utilisé peut propulser la fréquentation des salles.

http://www.kassandre...ous-l-avait-dit
En aparté, je me demande bien pourquoi tant de gens l'ont vu. Le film, de mon point de vue, ne vaut vraiment pas le coup, des films bien plus sympa ont fait beaucoup moins d'entrées. Personnellement, j'y suis allé parce que j'étais curieux, mimétisme des autres millions "si des millions de personnes y vont, ça vaut peut-être le coup." Ben non ça le valait pas. :p

It
TotoRhino, le 17/11/2009 - 21:32
Et oui !
Et si une Licence Globale existait, ce genre de film aurait aussi bien marché et aurait rémunéré ses ayants droits.
Je pense que beaucoup de films qui restent aujourd'hui dans l'ombre pourraient voir le jour sous les meilleurs auspices avec une LG.

Mindo, le 17/11/2009 - 20:42
peut-être qu'un jour, les ayants droits en tireront les conclusions qui s'imposent...
Malheureusement, ce sont bien souvent les majors qui décident et influencent...

Rare, je suis totalement en phase avec ce que tu dis là.

Les majors exigent systématiquement que les auteurs cédent leurs droits d'éditions pour tout contrat.(NB Droit d'édition=droit de propriété de l'oeuvre). Les créateurs sont tout de suite pieds et poings liés, certes ils leur reste bien le droit de propriété intellectuel (en France), mais ils n'ont plus rien à dire ni ne peuvent plus rien décider quand à leur création. Artistes esclaves.

Sans doute vaut-il mieux rester libre, puisqu'aprés tout, le principal travail des majors, la promotion des oeuvres et leur distribution, peut se faire maintenant tout seul sur le net. La preuve en est. On comprend que les majors soient inquiets.

Personnellement, je ne signe plus rien depuis quelques temps,j'ai déjà deux nouveaux albums dans mes tiroirs , mais j'attends de voir comment les choses évoluerons et comment je peux m'organiser pour rester définitivement en auto-production. Je réfléchis beaucoup, grâce aussi à Numérama que je tiens encore à remercier içi. Reflechir le numérique, c'est ce qui m'avait attiré, et c'est vraiment ça, promesse tenue. Si je provoque de temps en temps, c'est aussi pour pousser la reflexion dans ses retranchement et parfois ses incohérences.

D'ailleurs je conseille à tout les musiciens d'aller faire un tour sur Zimbalam.com avant de signer quoi que ce soit avec qui que ce soit, car pour seulement 10%, votre musique sera en vente sur les principaux sites de téléchargement. Autre chose que cette méga arnaque de My-major compagny, qui reste une major, mais financée par des internautes " petits spéculateurs" et surtout trés naïfs. L'artiste reste pieds et poings liés, mais en plus ce sont les internautes qui payent collectivement des fortunes pour les produire dans l'espoir d'une maigre retribution. Un comble! Et ou va l'argent? C'est selon la décision des dirigeants,ils en font ce qu'ils veulent, alors moi je dis bravo au fils Goldman , il a su créer un créneau vraiment en or, gagnant à 100%, que ça vende ou pas! Et quand en plus ça vend, c'est le jack-pot! C'est sûr que lui , il a réfléchi le numérique.
"Et oui !
Et si une Licence Globale existait, ce genre de film aurait aussi bien marché et aurait rémunéré ses ayants droits."

Même pas besoin de licence globale, ce phénomène avait déjà eu lieu pour le film "Man From Earth" (excellentissime d'ailleurs) et le réalisateur a fait tout simplement une page internet permettant de faire des dons si tu as apprécié le film pour financer son prochain : http://www.manfromearth.com/
Tybalt, le 18/11/2009 - 12:42
Même pas besoin de licence globale...
Si, ne serait-ce que pour légaliser le téléchargement et arrêter ainsi cette répression débile.
Vivement que le climat redevienne serein entre les artistes et les fans.
Quant à nos hommes d'état, qu'ils retournent à des tâches plus fondamentales pour la société, il reste une crise à gérer et je crains qu'elle n'ait pas dit son dernier mot :(
Ah tiens je l'ai téléchargé sur Torrent411 la semaine dernière ! :D
Oui, la licence globale est de toute façon néssécaire dans le cadre de notre législation, à moins de supprimer le droit de propriété dans son ensemble , ce qui est une pure utopie.

Quand aux dons, les artistes ne devraient JAMAIS faire la manche, et surtout pas sur le net. C'est trés dégradant, et ça fait croire faussement aux internautes qu'ils ont tout les droits, ce qui est loin d'être le cas.

L'équilibre est dans le respect mutuel, car c'est aussi trés dégradant que de télécharger comme Piratomane le fait.
La licence globale n'est pas une nécessité;
Avant de crier hourra à ce principe, étudiez comment il va être mise en place, et vous déchanterez très rapidement.
non masi vous n'avez pas comprit que les ayants droits veulent mourrir plus vite avec les lois que l'on nous sort. c'est ca le but.

gagnez moins en un temps records et se mettrent tout le monde à dos.

laissez faire, le baton enfin plutôt la barre de fer va leur faire très très mal..
EDU, le 18/11/2009 - 17:29
non masi vous n'avez pas comprit que les ayants droits veulent mourrir plus vite avec les lois que l'on nous sort. c'est ca le but.

gagnez moins en un temps records et se mettrent tout le monde à dos.

laissez faire, le baton enfin plutôt la barre de fer va leur faire très très mal..

L'internaute piratophile souffre de ce que j'appellerais le "complexe du dinosaure". Il croit que la technologie régie l'évolution du droit juridique.
C'est évident qu'il faut un cadre légal au téléchargement, comme à toutes les autres activités humaines. La licence globale est la meilleure solution.

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