« On veut sans doute me faire payer la loi Hadopi« , avait cru remarquer le ministre de la culture Frédéric Mitterrand au plus fort de la polémique sur ses récits de voyages en Thaïlande. La défense, assez grotesque, avait été faiblement relayée. On l’a retrouvée toutefois dans la bouche d’Eric Mettout, le rédacteur en chef de L’Express.fr, qui avait trouvé judicieux de brandir pour exemple un article de Numerama lors d’une émission produite par Arrêt sur Images… alors que le tout premier article de Numerama sur « l’affaire Mitterrand » fut publié après le passage sur TF1 de Frédéric Mitterrand. Si Eric Mettout sait lire un article aussi bien qu’il lit une date, on ne s’étonnera pas qu’il avait alors trouvé notre article sur Mon Copain Rachid abjecte. Il fallait le lire bien, pour bien le comprendre. Passons.

Voilà la théorie reprise par Challenges, de manière inédite. Non seulement Frédéric Mitterrand aurait été victime de la loi Hadopi, mais en plus ces salauds d’internautes nazis ou collabos auraient instrumentalisé le Front National. C’est un très crédible et courageux témoin anonyme qui le raconte au magazine. « Le Front national a été instrumentalisé… Nous avons créé le buzz sur Internet et nous recommencerons avec Mitterrand et avec ses successeurs« , dit « cet activiste qui réclame l’anonymat« .

Alors, qui sont ces activistes qui auraient instrumentalisé le Front National ? Si l’on remonte la chronologie, Marine Le Pen a mis le feu aux poudres en intervenant sur France 2 le 5 octobre 2009. Quelques jours plus tôt, le 29 septembre, c’est « Omnibuzz » sur Agoravox qui avait écrit l’article qui semble avoir inspiré la dirigeante du FN. Rien ne permet a priori de le classer dans les activistes anti-Hadopi.

En revanche, la veille, c’est la Ligue Odebi qui avait publié la première charge et rappelé les confessions de Frédéric Mitterrand. La Ligue Odebi, adepte des méthodes musclées, peut sans nul doute être classée dans les activistes anti-Hadopi. Mais de là à lui prêter l’idée d’instrumentaliser Marine Le Pen… il y a un pas difficile à franchir.

Ce serait d’autant plus surprenant que la Ligue Odebi n’est pas adepte de l’anonymat, bien au contraire. L’un de ses animateurs était présent la semaine dernière au Fouquet’s, comme co-auteur de la Bataille Hadopi.

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