Sans ce malentendu, nul ne sait quand ni comment les premières émoticônes auraient vu le jour. Mais, fort heureusement, une simple plaisanterie entre scientifiques — qui a mal tourné — a fini par donner naissance à ce petit sourire devenu universel :-). Voici son histoire.
Un gros malentendu entre scientifiques
16 septembre 1982. Neil Swartz, informaticien à l’Université Carnegie Mellon, publie un problème de physique sur le tableau d’affichage électronique de la faculté. Rien de bien extravagant : il s’interroge sur le comportement d’objets dans un ascenseur en chute libre. Pour illustrer son propos, il imagine un scénario (très) précis : une bougie allumée fixée au mur, une goutte de mercure posée au sol… et l’ascenseur qui tombe. « Que se passe-t-il pour la bougie et le mercure ? », demande-t-il. Jusqu’ici, tout est normal : il s’agit d’une question entre scientifiques parmi tant d’autres.

Mais à peine quelques messages plus tard, l’ambiance change du tout au tout. Howard Gayle, un autre informaticien, répond par un message affolé ouvrant sur un énorme « ATTENTION ! ». Il raconte qu’un ascenseur aurait été « contaminé au mercure » et aurait subi « de légers dégâts causés par un incendie » pendant une expérience, relate Ars Technica. Une histoire inventée de toutes pièces… mais qui, contre toute attente, est prise au sérieux par plusieurs lecteurs.
Malgré plusieurs messages précisant qu’il s’agissait d’une blague, il était déjà trop tard. Très vite, le petit forum se transforme en atelier d’urgence. Comment éviter que ce genre de quiproquo ne se reproduise ? Dès le lendemain, le 17 septembre, Neil Swartz propose une première idée : ajouter un simple astérisque (*) dans l’objet « de toute notification qui doit être prise comme une blague. ».
Comment sont-ils passés de * à :-) ?
Les suggestions se multiplient aussitôt. Certains proposent de distinguer les bonnes blagues des mauvaises avec * ou %. D’autres rappellent qu’à Carnegie Mellon, on utilise déjà parfois un petit sourire textuel, « \__/ », même s’il ne s’est jamais imposé. Et puis arrive le 19 septembre 1982. Scott Fahlman, professeur assistant en informatique, publie un message qui n’a rien d’extraordinaire en apparence. Pourtant, il va changer la manière dont nous communiquons en ligne.

Il écrit simplement : « Je propose la séquence de caractères suivante pour marquer les blagues : :-) À lire de côté. » Puis il ajoute : « :-( pourrait servir pour les messages sérieux. Peut-être devrions-nous aussi l’utiliser pour les messages qui ne sont PAS des blagues, compte tenu des tendances actuelles. »

Alors oui, Scott Fahlman n’a peut-être pas inventé le fait de marquer le caractère humoristique de certains messages, ni d’exprimer ses émotions dans un chat. Mais sa proposition, claire, simple et immédiatement imitable, va devenir une sorte de point de départ « officiel » de cette nouvelle façon d’interagir. Une deuxième révolution aura d’ailleurs lieu plus d’une décennie plus tard : en 1995, le Japonais Shigetaka Kurita donne naissance aux premiers émojis au sens moderne — un terme formé à partir des mots japonais « e » (image) et « moji » (lettre).
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