Nicolas Sarkozy aurait-il une dent contre Xavier Niel ? Depuis son arrivée au pouvoir en 2007, le président de la République n'a pas cessé de ralentir ou de bloquer la candidature de Free comme quatrième opérateur mobile. Depuis l'appel d'offres pour la licence 3G, Nicolas Sarkozy a clairement indiqué être défavorable à l'arrivée d'un nouvel acteur sur ce marché très verrouillé.

Longtemps verrouillé, le marché de la téléphonie mobile a une chance unique de redevenir un secteur concurrentiel. Officiellement lancé le 1er août dernier, l’appel d’offres est un assurément parcours de longue haleine qui va devoir départager les différents candidats dans cette course à la 4e licence mobile 3G. Parmi les différents challengers officiellement engagés ou potentiellement intéressés, une entreprise mène la danse : Iliad, maison-mère du fournisseur d’accès Free – deuxième FAI français en nombre d’abonnés -, fondé par Xavier Niel et propriétaire à 65 %.

En à peine dix ans, Xavier Niel aura fait de sa société l’un des acteurs majeurs de l’Internet en France. Souvent à la pointe de l’innovation, le fournisseur d’accès a multiplié les offres toujours plus ambitieuses et révolutionnaires, forçant la concurrence à s’aligner coûte que coûte, pour ne pas perdre de parts de marché dans un secteur qui a vu les naitre et disparaitre de nombreuses entreprises. Sauf que cette success-story semble ne pas contenter tout le monde, en particulier dans les plus hautes sphères de l’Etat.

Dans un portrait publié dans Paris-Match, la journaliste Anne-Sophie Lechevallier nous apprend ainsi que Nicolas Sarkozy lui-même nourrirait une certaine hostilité à l’égard de Xavier Niel. « Sarkozy n’a jamais digéré qu’il investisse dans Bakchich, qui le critique. Il le prend pour un gaucho » avance une source gouvernementale. Ses convictions personnelles, son opposition farouche au projet de loi Hadopi ou son intérêt pour la licence mobile 3G auraient rajouté de l’huile sur le feu, déclenchant la vindicte présidentielle.

Parmi les quelque 800 entreprises qu’il a aidées ou créées cfigurent le site de musique gratuit Deezer ou les sites d’information Mediapart et Bakchich. Ces choix irritent l’Elysée’ note la journaliste. Alors, il était temps pour le locataire de l’Elysée de riposter en sabotant constamment l’arrivée d’un quatrième opérateur mobile. Le mois dernier, le président de la République s’improvisait même économiste pour estimer que « le prix le plus bas n’est pas forcément le meilleur« . Et d’enchainer en se déclarant « réservé » sur la possibilité de voir un nouvelle concurrent troubler le triopole des opérateurs mobiles que sont Orange, SFR et Bouygues Télécom.

Sans doute que Martin Bouygues – ami personnel de Nicolas Sarkozy et témoin de son second mariage -, patron du groupe Bouygues, a également joué un rôle prépondérant l’hostilité à peine voilée du président de la République à l’encontre du chef d’entreprise. Martin Bouygues, qui s’était dit sceptique sur l’arrivée d’un nouveau concurrent sur le marché mobile, certainement inquiet de perdre des parts de marché et être obligé de rogner sur ses marges insolentes. Il n’en fallait pas moins pour que Nicolas Sarkozy vole à son secours.

Comme nous l’écrivions le mois dernier, depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, l’Elysée ne cesse de faire obstacle à l’accession de Free au marché de la téléphonie mobile. Dès novembre 2007, le Président avait décidé d’outrepasser les compétences de l’Arcep et de Bercy et de prendre lui-même en mains le dossier de la quatrième licence 3G. Depuis, alors que la licence 3G aurait due être obtenue dès février 2008, l’octroi des précieuses fréquences se fait au rythme d’une ligne très bas débit.En avril 2008, il avait même été fait écho de l’intention de Nicolas Sarkozy de renoncer purement et simplement à ouvrir le marché à un quatrième opérateur.

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