L'agitation autour de la quatrième licence 3G n'en finit pas. Alors que le nom du nouvel opérateur est loin d'être connu, les opérateurs actuels continuent leurs critiques envers leur futur candidat. Ils reprochent notamment au gouvernement d'avoir accordé une grosse ristourne au futur arrivant, alors qu'à l'époque, ils avaient dû payer trois fois plus cher... mais pour une licence complète trois fois plus grosse.

L’arrivée d’un nouveau concurrent n’est jamais une bonne nouvelle, surtout lorsque celui-ci va chasser allégrement dans le pré carré autrefois contrôlé par les trois grands opérateurs français. Alors, tout naturellement, on cherche à minimiser l’évènement, tout en décrivant les grandes difficultés auxquelles devra faire face ce dernier. C’est ainsi ce qu’a fait Martin Bouyges, PDG du groupe éponyme, lors de la présentation des résultats.

Selon lui, l’arrivée d’un quatrième opérateur, qu’il s’agisse de Free ou d’un autre, n’est tout simplement pas viable pour le marché français. Non seulement les conditions ne s’y prêtent pas, mais en plus le modèle économique ne tiendra pas la distance. Par ailleurs, Martin Bouygues envisage comme Orange de déposer un recours auprès de la Commission européenne. Le président du groupe goûte en effet assez peu à la ristourne octroyée par les autorités publiques pour décrocher la quatrième licence 3G.

En effet, celle-ci sera accessible pour 240 millions d’euros, soit un bloc de 5 MHz. À l’époque, Orange, SFR et Bouygues Télécom avaient dû pour leur part débourser la somme de 619 millions d’euros pour obtenir le précieux sésame. Or dans sa présentation, Martin Bouygues a évidemment omis un détail important : le quatrième opérateur ne disposera que d’une licence incomplète, puisque les trois autres ont d’une autorisation pour un bloc total de 15 MHz. Une différence de taille qui justifie sans aucun doute le prix pratiqué pour la quatrième licence 3G.

Mais malgré la grande logique du gouvernement et de la Commission des Participations et des Transferts (acquérir un tiers de la licence pour un tiers du prix), cela n’empêchera sans doute pas le groupe de porter l’affaire devant les autorités européennes. « Quand on passe de 600 millions à 240, il doit être aussi normal qu’on nous rembourse » a-t-il justifié.

La faisabilité du projet le laisse tout autant sceptique. « Je ne vois pas en quoi le gouvernement peut vendre une licence pour déployer un réseau alors même qu’on sait pertinemment que le déploiement est impossible« . Et de s’aventurer sur le terrain du droit : « en droit privé, vendre un bien ou un service impropre à son usage est un délit« Évidemment, des problèmes vont survenir lorsque le quatrième opérateur va entrer dans l’arène.

Ainsi, pour les antennes-relais, le déploiement de nouveaux équipements devient très nettement compliqué pour les opérateurs. Les demandes d’installation sont de plus en plus refusées, tandis que les structures déjà en place sont parfois retirées. Difficile dans ces conditions de couvrir convenablement tout le territoire français… sauf si, une astuce peut être trouvée, comme dans le cas de Free qui s’appuiera de toute évidence sur son propre réseau de Freebox.

Deuxième fournisseur Internet en nombre d’abonnés haut-débit, Free pourra compter sur le dense maillage des futurs boitiers Freebox et sur la technologie Femtocells 3G pour assurer une couverture optimale de l’Hexagone. En effet, des minuscules antennes 3G seront vraisemblablement intégrées dans les Freebox, permettant de former très vite un réseau 3G à travers tous les clients hauts-débits (ADSL et fibre). Non seulement Free évitera les problèmes que rencontrent les trois autres opérateurs, mais en plus le FAI s’économisera de lourds investissements.

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