Pour sa première participation à des élections, le Parti Pirate français réalise un score très honorable avec un peu plus de 2 % des voix dans le fief UMP de la 10ème circonscription des Yvelines. Un résultat encourageant si l'on observe l'histoire du Parti Pirate suédois.

Pari gagné. « Il s’agit de notre première candidature, il y a trois semaines personne ne nous connaissait, et nous n’avons pas pu faire de distribution de tracts ou même d’affiches. Quel que soit le résultat, ce sera déjà un signal fort, et nous ne pourrons espérer que progresser par la suite« , avait prévenu avant le scrutin le candidat du Parti Pirate français, Maxime Rouquet. Dimanche, pour sa toute première expérience électorale, le Parti Pirate a obtenu 2,06 % des voix lors du premier tour des élections législatives partielles de la 10ème circonscription des Yvelines.

Un score pas si ridicule que cela celui si l’on observe que des partis historiquement très bien implantés dans le paysage politique national, comme le Front National (4,03 %) ou le Parti Communiste Français (4,72 %), ne sont pas si loin. Le Parti Pirate a obtenu 469 suffrages dans un scrutin qui n’a mobilisé que 23 % des électeurs inscrits, loin derrière les 9993 votes du candidat UMP Jean-Frédéric Poisson (43,92 %), ou les 4583 voix de l’écologiste Anny Poursinoff (20,15 %). Le Parti Socialiste n’a gagné que 12,44 % des voix avec 2829 bulletins de vote.

Le score du Parti Pirate est d’autant moins ridicule qu’il faut observer l’exemple suédois. Lors de sa première candidature, aux élections législatives de 2006, le Parti Pirate n’avait gagné que 0,6 % des voix. Trois années plus tard, aux élections européennes, ils ont réalisé un score de 7,1 %, suffisant pour envoyer leur tête de liste au Parlement Européen.

Pour réaliser cette fabuleuse ascension, le Parti Pirate suédois avait bénéficié d’un climat juridique et politique favorable avec le procès de The Pirate Bay, ce qu’a eu en partie le Parti Pirate français avec l’adoption de la loi Hadopi et le projet de loi Loppsi. Mais le Piratpartiet avait aussi et surtout fait montre d’une extraordinaire capacité à mobiliser sa base, à s’inviter dans les médias et à s’organiser avec un discours structuré et des représentants d’un très grand professionnalisme. Des qualités que le Parti Pirate français doit encore démontrer s’il veut se donner les meilleures chances pour les législatives de 2012.

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