L'ancien patron du SNEP reconnaît des "résistances démocratiques"

Guillaume Champeau - publié le Mardi 21 Juillet 2009 à 15h03 - posté dans Musique Numérique

Ancien président du SNEP, le lobby des majors de l'industrie du disque en France, Gilles Bressand dit comprendre aujourd'hui que les résistances à la vision répressive du téléchargement sont de nature "démocratiques". Mais le repenti cache une stratégie : après le bâton, l'aumône.

Président du label XIII Bis Records, Gilles Bressand est un observateur privilégié du fonctionnement des lobbys de l'industrie du disque en France. Il a été à la tête du principal d'entre eux, le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP), entre 2001 et 2006. En pleine controverse sur la chasse aux réseaux P2P, la sacralisation des DRM et l'adoption de la loi DADVSI.

Dans une tribune publiée sur Electron Libre, Gilles Bressand tente de prendre du recul. Lui qui a déjà vécu la censure du Conseil constitutionnel avec la loi DADVSI constate autour de la riposte graduée la force des "résistances" qui s'opposent à la stratégie répressive des majors. "Quoi que j'en pense, nous sommes pris à défaut de ne pas nous interroger sur la nature de ces résistances... Ce sont des résistances démocratiques", écrit le patron de label.

Déjà en décembre 2005, lorsque les députés avaient voté par surprise un volet de la licence globale, dans une assemblée désertée par la majorité. "C'était un peu comme si une poignée de députés avait rétabli la peine de mort à la faveur d'un hémicycle vide et d'une heure tardive", se rappelle Bressand. "Nous incriminons alors, pèle-mêle, le manque de courage des députés absents, et la légèreté d'un ministre négligeant le b.a.-ba de la gestion parlementaire : compter ses voix. Mais l'Assemblée avait voté, et il nous a fallu plusieurs mois pour défaire puis enterrer la licence globale".

Depuis, l'industrie a vécu le vote au Parlement Européen de l'amendement Bono, qui affirmait qu'Internet était un droit fondamental. Puis elle a vu sa confirmation, et constaté la fermeté du Parlement. Elle a vu, aussi, le coup du rideau réussi des députés socialistes pour faire échec à la loi Hadopi, puis la censure nette et sévère du Conseil constitutionnel. "Acteur de la filière musicale, j'ai bien entendu été choqué par la portée de cette décision ; mais en tant que citoyen, également, je ne pouvais que m'incliner devant une juridiction incarnant un des piliers du socle démocratique", reconnaît Gilles Bressand.

"En terme de résistance, il ne s'agit pas ici de lobbys, d'aficionados pro-libertaires de l'Internet, ou de fournisseurs d'accès aussi rétifs à appliquer Hadopi qu'à reconnaître leur responsabilité passive dans le pillage de oeuvres, mais de trois instances emblématiques du pacte social : les assemblées du peuple d'un côté, le gardien de la constitution de l'autre. Il serait déraisonnable de ne pas tenter de comprendre la portée de ces résistances démocratiques".

Alors, repenti de l'ancien président du SNEP, qui reconnaît enfin que Numerama et tous ceux qui se sont battus contre la riposte graduée façon Hadopi et contre la loi DADVSI se battaient en fait pour le respect d'un socle démocratique et républicain ? Oui. Ou bien nouveau calcul.

Car Gilles Bressand sait que l'Hadopi 2 est la dernière carte répressive qu'acceptera de jouer le gouvernement. Frédéric Mitterrand a déjà annoncé que "l'Hadopi 3" sera programmée dès la rentrée pour trouver cette fois de nouvelles sources de rémunération pour les maisons de disques et les studios de cinéma. C'est l'idée de taxer les FAI qui arrive en force. Une idée très impopulaire auprès des internautes, d'autant plus si elle se fait sans contrepartie.

"L'enjeu de la filière est de se projeter avec audace dans l'après Hadopi. Les Etats généraux du droit d'auteur annoncés par le président de la République en seront l'occasion", avance ainsi Gilles Bressand. "Afin de se libérer de cette suspicion "d'impureté", de ne pas apparaître comme les défenseurs des intérêts particuliers d'une industrie en souffrance, d'être porteurs de choix pour la création de demain, de placer les artistes et les auteurs au centre du débat, il faudra faire notre petite révolution interne".

En clair, il faudra montrer patte blanche pour demander des sous aux contribuables en faveur de l'industrie culturelle qui n'a demandé que le bâton depuis de trop nombreuses années.

Publié par Guillaume Champeau, le 21 Juillet 2009 à 15h03
 
 
10
Commentaires à propos de «L'ancien patron du SNEP reconnaît des "résistances démocratiques"»
 
Un seul hic : dès qu'une taxe sur les FAI sera votée (car elle SERA votée, à mon avis), la quasi-totalité des internautes y verra l'autorisation de choper tout ce qui est téléchargeable.

Autrement, résumons :
- il faut se fournir en Belgique ou en Allemagne à cause d'une taxe dingue sur les DVDs et disques durs (à ce titre, habiter à Lille a ses avantages, le marché le dimanche, c'est la caverne d'Ali Baba :D )
- on paiera une taxe sur notre connexion internet
Pour compenser un manque à gagner causé par une activité pénalement punissable de 300 000 � de peine pénale.

Cherchez la logique ;)
Votre industrie a l'IMPUDENCE de s'attaquer au bien le plus sacré des démocraties leur constitution au nom de VOTRE BIEN PRIVE voir de votre profit pour les cas les plus graves et vous voulez que on vous regarde faire? votre industrie est un DANGER nous avons le droit voir le devoir (article 2 déclaration des droit de l'homme de 1789) de vous faire barrage au vu de la menasse que vous constituez pour les démocraties de ce monde.
Dans quel monde vivons-nous? Quand une industrie ne devient plus rentable, ne n'est pas au peuple de payer pour la préserver, ce ne sont pas les artistes qui sont en danger, mais bien l'industrie gravitant autour d'eux. Nous consommateurs, sommes capable de leurs assener le dernier coup, arrêtons d'acheter CD et DVD, Vive les concert (qui rétribue correctement les artistes qui ce donne la peine.)
C'est moi, ou il regrette le fondement démocratique de notre république?

Non, parce que s'il est pas content, qu'il compare et s'exile dans un pays nettement moins démocratique un peu plus à l'est ... Non seulement la situation du téléchargement illégal y sera peu ou prou la même, mais on va voir comment il sera traité quand il se permettra de critiquer les fondements du pays.

Non mais je rêve là ! Tu m'étonnes que nos démocraties vont mal, entre un gouvernement qui se moque de pousser des lois x fois anticonstitutionnelles et des lobbys qui rêvent de cadres de lois dictatoriaux !
je rapelle un truc a l'origine les droit auteurs ont ete crees pour proteger les artistes des promoteurs qui les exploitaient sans vergogne .
mais comme l'artiste manifestement ne sais pas se defendre ou aime se faire voler et battre il a laisse les promoteurs (maisons de disque prendre les commandes de sa destine .
ha lala
faudrait refondre tout ca en marquant dans le marbre que les gains doivent etre repartie 50/50 entre l'artiste et la maison de disque et que les frais promotionels ne peuvent etre a la charge de l'artiste comme cest actuellement le cas !!!!!
C'est moi, ou il regrette le fondement démocratique de notre république?

Non, parce que s'il est pas content, qu'il compare et s'exile dans un pays nettement moins démocratique un peu plus à l'est ... Non seulement la situation du téléchargement illégal y sera peu ou prou la même, mais on va voir comment il sera traité quand il se permettra de critiquer les fondements du pays.

Non mais je rêve là ! Tu m'étonnes que nos démocraties vont mal, entre un gouvernement qui se moque de pousser des lois x fois anticonstitutionnelles et des lobbys qui rêvent de cadres de lois dictatoriaux !
C'est comme cela avec les serpents que la Démocratie nourrit dans son sein...
je rapelle un truc a l'origine les droit auteurs ont ete crees pour proteger les artistes des promoteurs qui les exploitaient sans vergogne .
mais comme l'artiste manifestement ne sais pas se defendre ou aime se faire voler et battre il a laisse les promoteurs (maisons de disque prendre les commandes de sa destine .
ha lala
faudrait refondre tout ca en marquant dans le marbre que les gains doivent etre repartie 50/50 entre l'artiste et la maison de disque et que les frais promotionels ne peuvent etre a la charge de l'artiste comme cest actuellement le cas !!!!!
Oui les pertes/investissements pour les particuliers/le public et les bénéfices pour le privé.
Marrant cela me rappelle plein de choses cela!
sans oublier que les collectes de la sacem n'ont JAMAIS diminué, contrairement au pouvoir d'achat des français (des français normaux, pas des dirigeants des grandes sociétés qui s'en foutent plein les fouilles d'un coté et licencient de l'autre au même moment), mais n'ont cessé d'augmenté alors que ces pourris se disent "en crise"!
allez, on continue de privatiser les gains et de mutualiser les pertes, comme ça, sans vergonne, en demandant toujours plus au pauvre cerf de payer la dime aux seigneurs (saigneurs??), et vous vous dites que la démocratie va mal? putain mais c'est bien plus grave que ça: il n'y a PAS de démocratie ici!
pourquoi nos ancêtres ont-ils pris la bastille, je vous le demande! pour en arriver ou nous sommes? laissez-moi rire!
Je vous propose un petit jeu.
Vous allez sur http://www.myspace.com/13bisrecords
Vous prenez chaque artiste français l'un après l'autre : Alain Chamfort, Elmer Food Beat, etc.
Vous allez sur Pirate Bay et vous entrez leur nom dans la zone "search"
Vous comptez les occurences
Vous vérifiez ainsi combien le BT a fait mal à l'industrie.
Et comme c'est les vacances, vous rigolez un coup.
"pour trouver cette fois de nouvelles sources de rémunération pour les maisons de disques et les studios de cinéma."

Et pour l'artiste, il est prévu qqc ?
Télécharger
Ant Academy
Jeu d'adresse - Jeu de serpent au look Lemmings
 
eMule 0.46c [SF-IOM]
eMule (et mods eMule) - Mod eMule très complet
 
Phelix
Catalogues et pochettes - Supprimez les doublons de vos fichiers musicaux
 
Spamihilator
Anti-spam - Lutter contre le spam
 
Juillet 2009
 
Lu Ma Me Je Ve Sa Di
29 30 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31 1 2
3 4 5 6 7 8 9
Matoumba
EntrepreNantes
Numerama est un site du réseau PressTIC