Libre Accès : « Ni SACEM, Ni Jamendo ! »
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 10 Février 2009 à 12h43 -
posté dans Musique Numérique
![]() Le collectif Libre Accès, qui organise jeudi ses Assises Liberté, Création et Internet, a souhaité réagir à l'initiative de Jamendo de proposer aux commerces des licences payantes pour l'exploitation de son catalogue de musique libre. Numerama publie en exclusivité une tribune dans laquelle le collectif demande à rejeter à la fois les méthodes de la Sacem et celles de Jamendo, et à trouver une troisième voie :
Nous assistons à une nouvelle forme de libéralisation de la culture, où une plateforme de musique en vient à commercialiser des œuvres en libre diffusion, en se posant comme concurrente d'une société de gestion de droits d'auteurs. Cette attaque d'une société commerciale démontre certainement le grand désarroi d'auteurs qui ne font plus confiance à une société de gestion censée les représenter. Il est dommageable que la politique de certaines Sociétés de Gestion en Europe ne semble pas plus morale que le business d'une startup internet. Nous nous posons une question : qu'apportera cette vision des choses à la culture libre, si on entend celle-ci comme une « autre culture » ? En effet, reproduire à l'infini les « mêmes modèles », est-ce là le projet ? N'est-ce pas le moment au contraire d'être créatifs, et d'innover ? Cela fait plus de 150 ans que la SACEM fait son travail de collecte des droits de ses sociétaires, comment va-t-elle considérer cette entreprise qui la concurrence à partir de cette année ? Assiste-t-on à une fragilisation du statut des compositeurs qui n'arrivent plus à se fédérer autour de la libre diffusion des œuvres sur Internet ? Si l'on s'en tient au strict "business plan" développé par Jamendo :
Et du côté de la SACEM :
C'est le pot de terre contre le pot de fer... D'une part, nous avons du mal à comprendre qu'il faille utiliser les mêmes modèles économiques pour développer la musique et la culture libre, qui reposent sur des principes philosophiques, économiques totalement différents, pour ne pas dire diamétralement opposés au système classique incarné par les maisons de disques (la créativité n'est pas inféodée au marché dans la culture libre) ; d'autre part, nous ne considérons pas la SACEM comme « l'ennemi à abattre », ne serait-ce que parce qu'elle joue depuis longtemps un rôle important et souvent très positif dans la vie de nombreux artistes, et qu'elle est efficace là où les licences ouvertes ne le sont pas encore (la rémunération des diffusions radio et télé notamment). Cet affrontement, qui plus est, nous le jugeons prématuré. Nous sommes persuadés qu'il n'aura d'autre conséquence que de stigmatiser un peu plus les licences ouvertes, alors que notre dessein est au contraire de faire en sorte que tout le monde en reconnaisse l'intérêt, la dignité, la pertinence. Scier la branche sur laquelle nous sommes assis, est-ce bien raisonnable ? Le véritable danger pour la diversité culturelle, il est évident que c'est le puissant lobby des majors, qui écrase la créativité sous la botte du marché, et pousse les pouvoirs publics à voter des lois contraires aux droits de l'homme et du citoyen, dans le mépris total des ayant droits comme du public ! Comment la SACEM peut-elle encore prétendre défendre (tous) les auteurs, alors que la quasi totalité de ses revenus lui proviennent de l'industrie du disque et de ses artistes ? Bien qu'ils s'en défendent, il est évident que les représentants de la SACEM ne peuvent lutter à armes égales contre ceux qui la font vivre, et qui siègent à son Conseil d'Administration. Pour preuve de ce que nous avançons sur ce point, le soutien sans faille de la SACEM à la loi « Creation et Internet » (et à la précédente loi DADVSI), que nous considérons comme une grave erreur de sa part, ou pire : une contradiction avec ses missions historiques. Cette loi en effet, n'aura d'autre conséquence que d'asseoir plus encore le monopole des Maisons de Disques, que la SACEM est censée combattre, puisque les intérêts des Majors/Éditeurs/Diffuseurs/Distributeurs sont de tout temps entrés en conflit avec les intérêts des ayants droits (historiquement c'est même ce qui a motivé la création de la SACEM). C'est pourquoi nous dénonçons le modèle de répartition actuel de la SACEM. Nous le trouvons totalement injuste et surtout inadapté aux nouvelles pratiques dont nous nous réclamons, induites par l'avènement d'internet et des licences ouvertes. D'autre part, comment défendre celui que Jamendo développe en ce moment, qui se contente d'imiter le premier, à la mode « esclavage 2.0 », sans proposer de véritable représentation aux artistes ? Toutefois, nous espérons qu'il sera possible d'entamer un (vrai) dialogue avec la SACEM, dont l'objectif serait de parvenir à avancer sur la reconnaissance des licences ouvertes (et surtout de ceux qui les utilisent aujourd'hui et les utiliseront demain). Cela suppose bien entendu que cette vieille dame accepte enfin d'évoluer, et qu'elle s'affranchisse de l'emprise des maisons de disques. Personne n'a à gagner d'un affaiblissement de la représentation des auteurs en France ! Nous lui proposons humblement notre expertise, et verrons si nous serons entendus ! Si ce n'est pas le cas, nous aviserons, sans pour autant déroger à l'éthique que nous défendons... L'exemple des Pays-Bas et du Danemark en matière d'utilisation des licences Creative Commons par des sociétés d'auteurs nous semble être une bonne base de travail. À la SACEM de tenir réellement compte d'évolutions qui semblent désormais inéluctables. À nous de l'aider à mieux les appréhender. L'important est que les artistes européens aient vraiment le choix en ce qui concerne leur mode de gestion des droits d'auteur. Nous n'aurons de cesse de défendre ce point de vue ! Aux antipodes de la démarche de Jamendo, nous faisons le choix de la diplomatie, plutôt que celui du conflit ouvert. Il est vital de garantir la pérennisation de sociétés défendant les auteurs, tous les auteurs. L'avenir proche dira si nous avons fait le bon choix... Les Assises « Liberté, Création et Internet » du 12 février seront une première occasion pour en débattre. Pour Libre Accès : Eric Aouanès (président de l’association Musique Libre ! et co-fondateur de la plateforme Dogmazic) , Jérémie Nestel (MACAQ, Radio du Ministère de la Crise du Logement), bituur esztreym (co-fondateur de Musique Libre ! et de dogmazic.net), Didier Guillon-Cottard (Festival Artischaud) Sur le même sujet
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Commentaires à propos de Libre Accès : « Ni SACEM, Ni Jamendo ! »
pleindeuss
Le 10 Février 2009 à 13h16
entierement d'accord. il faut que la sacem retourne a sa mission d'interet public et non privé.
![]() painsek
Le 10 Février 2009 à 13h48
Jamendo est une société ouverte au Luxembourg, par des résidant français. Ca démontre déjà une certaine mentalité (profitant de la France pour y vivre et du Luxembourg pour payer moins d'impôts).
De plus il suffit de lire le blog du fondateur de Jamendo pour voir que son but est en gros de devenir un acteur important dans le monde de la musique à tout prix, quitte à remplacer la SACEM ou les maisons de disques. Autrement dit, profiter de la philosophie de la musique libre afin de devenir une grosse entreprise et gagner pleins de sous. Il n'y a pas de volonté de défendre les artistes chez Jamendo, on les utilise juste pour avoir du contenu. ![]() ![]() shamankick
Le 10 Février 2009 à 13h50
Demarche intelligente et constructive de nos amis de Dogmazic.
Reste quand même une interrogation de premier ordre : Mais ils sont ou les artistes ??? Faudrait qu'ils se remuent les fesses , perso j'ai pas envie de défendre des fantomes. ![]() furaxxx
Le 10 Février 2009 à 15h18
Jamendo a au moins le mérite de jeter un pavé dans la mare alors que tout le monde cherche à éviter de faire publiquement le constat qui pourtant crève les yeux: des millions d'?uvres musicales sont DIFFUSÉES chaque jour sur internet par les internautes qui agissent alors comme autant de radios ou télévisions. La politique actuelle tente d'interdire cette pratique car elle remet en cause, non pas le droit d'auteur, mais les circuits de financement traditionnel de la production, mais une autre politique pourrait consister à faire payer chaque internaute pour un droit à la diffusion, au même titre que le restau du coin paye un forfait pour avoir le droit de diffuser autant de musique qu'il souhaite. Mais dans ce cas, l'argent irait aux artistes et pas aux producteurs, c'est là que ça coince.
Jamendo ne propose pas la panacée, mais son action ne peut donc que secouer le cocotier? ![]() ![]() bronto
Le 10 Février 2009 à 16h21
Discuter avec les mecs à qui on doit la taxation astronomique des supports vierges, y compris les disquettes 3.5" et surtout la loi DADVSI, eux qui poussent pour le HADOPI et qui menacent de procès par milliers si cette foutue HADOPI n'était pas adoptée ? Eux qui ont poussé au point que ça a gesticulé au sommet de l'Europe et que le vote du parlement européen a été jeté à la poubelle ? Désolé, mais c'est trop tard. Beaucoup trop tard. C'est hors de question en ce qui me concerne, Entre la SACEM, discuter avec la SACEM qui se serait amendée (je ne sais pas ce qu'il faut fumer pour y croire) et Jamendo, j'ai vite choisi. Peut-être que s'ils s'en prennent plein la gueule ils voudront discuter, mais pour moi c'est niet. Vae victis.
![]() ![]() e_ther
Le 10 Février 2009 à 17h50
Mais si en tant que compositeur-interprète (musique instrumentale largement improvisée, mais si j'avais besoin de textes j'en serais l'auteur), je ne VEUX pas que ma musique génère le moindre profit ?
Si je veux la mettre à disposition du public gratuitement, sous une licence libre qui autorise tous les usages, sauf son exploitation commerciale, en étant certain qu'elle puisse être diffusée le plus largement possible, mais pas contre la moindre rétribution (pourquoi pas dans des bars ou ailleurs, il suffit qu'un ordinateur soit connecté à la sono et que le maître des lieux se connecte, par exemple, sur Dogmazic) ? Je compose, diffuse et fais de la scène sous divers pseudos, jamais sous mon vrai nom, souvent au sein de collectifs. Et si je fais de rares apparitions sur des compilations, je m'assure avant que le CD sera vendu à prix coutant (micro-labels donc, ça va de soit...). Je sais que ce n'est pas le modèle dont rêvent les musiciens "professionnels", mais je vois autour de moi des 10aines d'artistes qui ont la même position. Pour info, j'ai été professionnel, avec et sans le statut d'intermittent, mais j'ai décidé de m'extraire de ce carcan pour créer en toute liberté, sans la contrainte de la pression économique. Je bosse donc par ailleurs (toujours dans la musique par contre), ce qui me laisse quand même assez de temps pour composer, jouer live, enregistrer, voire tourner et même faire des résidences de temps en temps... ![]() deniss
Le 11 Février 2009 à 01h29
On croit rêver de voir publier sur numerama un article aussi partisan tout droit sorti d'une bande d'intégristes bien connus.
Facile de taper sur Jamendo quand on est un tas d'anarchisants qui n'a jamais rien accompli à part une succession d'assoces 1901 toutes plus miteuses les unes que les autres. ![]() furaxxx
Le 11 Février 2009 à 07h56
@e_ther: En fait tu réalises le souhait du prézydent actuel, ainsi que des trois derniers ministres de la culture, à savoir être artiste le soir et le week-end, vu que ce n'est pas un "vrai" métier mais un simple hobby.
Bien sûr, c'est ton droit le plus absolu, mais si tu passes par un intermédiaire autre qu'associatif pour faire connaître ton travail, tu ne peux pas t'attendre à ce qu'il ne souhaite pas être rémunéré pour son travail :-) ![]() ![]() bronto
Le 11 Février 2009 à 11h45
Euh, deniss, le tas d'anarchisants a au moins monté une asso loi 1901 dont le site web a un PR de 6 (et ce, sans budget SEO). Miteux comme ça, je dirais que ça va encore, mais toi, as-tu déjà fait la moitié du quart du dixième de ceux que tu méprises ? Paille, poutre, toussa ? je trouve leur façon de demander à discuter avec la SACEM assez déplorable, mais bon, ce n'est pas une raison pour ne pas reconnaître la valeur de leur boulot.
![]() vnatrc
Le 11 Février 2009 à 12h16
Dans la série du miteux, je demande la borne : http://automazic.net/
la plateforme de distribution : http://pragmazic.net/ Et le fait que l'on parle de musique libre en France depuis 2001, c'est miteux ? Comme si Jamendo n'avait jamais parlé au grand SACHEM, on croit rêver ! Pourquoi ont-il payé pour participer aux assises des pro-HADOPI alors ? ![]() moukate
Le 11 Février 2009 à 12h29
J'ajouterais bien deux sous à la réflexion développée ici :
il me semble que le débat de "fond" sur la démarche de jamendo porte sur les 50% qu'ils prennent de manière avouée. En effet, leur "stratégie" (ou tout autre terme plus ou moins anglais) est parfaitement légitime, dans la mesure où le schéma économique du libre ne repose plus sur l'exclusivité (avec "monopoles" et autres goulets d'étranglement de la diffusion) mais sur la rémunération de "services" à leur juste valeur, cf le logiciel libre. Les endroits commerciaux sont parfaitement en droit de diffuser de la musique libre autorisant une utilisation commerciale, et ceci, sans rien payer. Comme ils ne sont pas au courant, ont la flemme, et ont d'autres intérêts, ils préfèrent passer par des intermédiaires qu'ils paient d'une manière ou d'une autre pour sonoriser leur lieu. Un nouvel intermédiaire vient de surgir sur le marché : jamendo. Il facture un service aux lieux. Afin que ce service ne soit pas trop ridicule, il lui faut un catalogue un peu plus grand que l'ensemble de la musique libre autorisant les utilisations commerciales. Il faut donc que les artistes lèvent cette clause d'une manière ou d'une autre, contre espèces sonnantes et trébuchantes (ha ! les vils ! insert smiley here). Les artistes pourraient très bien chacun agir indépendamment, démarcher les lieux, signer des contrats au cas par cas... euh... dans le pays des bisounours. Pas le temps, pas les contacts, et le lieu, lui, il veut une radio, des playlists, pas 50 contrats et du taff derrière. Le lieu il veut bien (éventuellement) filer des sioux si ça fait comme avant et que ça coûte moins cher. En particulier, il préfère s'adresser à un seul intermédiaire qui a l'air pro. Bon. On voit que vaguement des intérêts convergent : les artistes veulent bien lever la clause NC contre des sous, les lieux veulent bien filer (un peu) de sous s'ils ne s'occupent de rien d'autre et que ça ne fait pas de vagues. Jamendo se pause en intermédiaire, et se rémunère sur ce service, car les deux parties ont besoin de cela (les artistes ont besoin de faire une offre collective tout en gérant individuellement leurs droits, les lieux veulent un seul interlocuteur). Jusqu'ici tout va bien. Le concept, évidemment, n'est pas novateur, mais cela n'importe pas. En effet, le libre n'étant pas exclusif, il n'y a pas 1 ou 2 ou 3 voies, il y en a autant que d'acteurs, et elles peuvent toutes être empruntées simultanément. Tant mieux. Ce qui serait choquant, à terme, c'est que le "prix" du service de la gestion individuelle et efficace des droits d'auteur converge vers 50% pour l'intermédiaire : là oui rien n'aura changé... Tant que jamendo sera seul sur le "marché" (n'en déplaise à l'AIMSA, mais on verra comment ça évoluera), ils ont raison de leur point de vue d'entreprise de se gaver. Ce n'est guère une troisième voie que de vouloir défendre les artistes en prétendant que la levée des clauses NC leur profite au maximum ! C'est le but que tous affichent, mais en se sucrant plus ou moins au passage (et suivant des méthodes différentes de répartition)... Je ne trouve pas gênant que jamendo enfonce des portes ouvertes, ni même qu'il fasse payer "cher" cela... Ca serait gênant que dans un an encore jamendo soit seul, ou que tous les autres gravitent encore autour de 50% seulement pour les artistes. Quant aux artistes, heureusement, ils devront perdre du temps à signer 50 contrats différents avec 50 structures (entreprises, assos, et autres) qui proposeront 50 catalogues (semblables) avec 50 services de sonorisation (semblables) à leurs 50 réseaux (différents) pour 50 prix (semblables) en répartissant les bénéfices aux artistes selon des formules semblables (ou pas, pour le coup, et c'est là que ça devient intéressant). Snif. Mais mieux vaut ça qu'un seul interlocuteur (à mon sens)... Dans ce schéma, essayer de convaincre la sacem de jouer un tel rôle parmi d'autres acteurs est très important. J'dis pas qu'ça va marcher, hein, mais c'qui importe ce sont les artistes, pas d'avoir raison contre les méchants (désolé pour le post bien trop long et moyennement relu) ![]() moukate
Le 11 Février 2009 à 12h31
edit : ce post n'a plus de raison d'être vu que j'ai édité mon commentaire au-dessus...
![]() philaxel
Le 11 Février 2009 à 14h53
Salut
ma réaction à cette tribune sur mon blog http://www.philaxel....nt-pas-copains/ cordialement Philippe Axel www.philaxel.com ![]() ![]() bronto
Le 11 Février 2009 à 19h29
@moukafe : très bien le post, et tu as tout à fait raison quand tu dis "Dans ce schéma, essayer de convaincre la sacem de jouer un tel rôle parmi d'autres acteurs est très important. J'dis pas qu'ça va marcher, hein, mais c'qui importe ce sont les artistes, pas d'avoir raison contre les méchants". Le hic, c'est que la SACEM, c'est pas qu'ils sont cons, obtus, etc. etc. (quoique...), mais c'est que structurellement, ils sont tenus par des intérêts qui sont objectivement différents, pour ne pas dire opposés à ceux des utilisateurs et des artistes. Tu ne peux pas les "convaincre" de rectifier une boulette. Tu peux, par contre, imposer un rapport de force pour les *forcer* à changer. Et là-dessus, l'approche de Jamendo, malgré leur participation à toutes les réunions pro-HADOPI, me paraît plus efficace. Pas qu'ils soient gentils ou autre, mais simplement en raison de l'existence leur projet de "sonorisation". En tout cas, chercher à discuter maintenant, c'est pour moi hors de question. On verra bien dans quelques années, une fois qu'ils seront dans une position, disons bien différente. C'est vrai que je peux pas les voir en photo, mais en plus il objectivement dans l'intérêt de tout le monde ou presque d'attendre qu'ils soient plus "disposés" à causer.
![]() vnatrc
Le 11 Février 2009 à 22h22
Moi je demande simplement et concrètement combien ça va rapporter aux éternels dindons de la farce, les mêmes qui pensent que maman SACEM va tout faire pour eux... À mon avis ça ne fera pas lourd, vu que d'un côté les 50% iront à une vingtaine de personnes en gros, et de l'autre, il faudra diviser ça en 10000. C'est juste une affaire de logique... pyramidale.
![]() Laurent Petitgirard
Le 11 Février 2009 à 22h46
Bonsoir,
Une précision et une question. 1/ Jamendo dit représenter dix fois moins de répertoire que la Sacem. Du fait des accords de réciporcité entre sociétés d'auteurs, la Sacem représente en France plus de 15 millions d'oeuvres. Pensez vous réellement que Jamendo en représente 1,5 million....? 2/ Vous affirmez : "La répartition des droits par le SACEM à ses sociétaires se fait de manière très inégalitaire, avec des modes de calcul favorisant exagérément quelques centaines d'artistes les plus diffusés dans les mass-media classiques." Je vous mets au défi de prouver ce que vous avancez qui est absolument faux. Vous confondez la stupidité de la diffusion et la répartition. Ce n'est pas la Sacem qui favorise le matraquage de débilités dans les radios ou les télévisions, mais les diffuseurs qui ouvrent (ou vendent) leur temps d'antenne à des "produits" formatés sans intérêt. Vous estimez que la Sacem est injuste dans sa répartition car elle ne limite pas les gains des "gros" pour les reverser aux "petits", mais dans ce cas là elle ne serait plus une société d'auteurs, mais une mutuelle et ce n'est en aucun cas son rôle. La justesse de la répartition, ne vous déplaise, c'est qu'une minute d'une chanson de Paul Mac Cartney ou de Monsieur Dupont génèrera, sur la même antenne et à la même heure, les mêmes droits. Si le premier est mille fois plus diffusé que le second, ce n'est pas de la faute de la Sacem et il touchera bien sûr mille fois plus. Ah les droits d'auteurs à la tête du client, c'est précisémment ce que vous dénoncez, mais en fait c'est ce que vous prônez à l'envers. La répartition de la Sacem reproduit fidèlement les absurdités de la diffusion, voilà ce que j'admets très volontiers, faîtes autrement et vous rentreriez dans l'arbitraire, accessoirement tous les contrats internationaux exploseraient. Par contre, au niveau de son budget culturel, que je vous suggère d'examiner en détail, la Sacem, qui là possède la maîtrise du choix d'aide aux programmations, soutient le jazz, les musiques actuelles ou la musique contemporaine et certainement pas la StarAc ou les productions de Pascal Nègre. Enfin, puisqu'à chaque fois vous vantez l'ouverture d'esprit de la BUMA (l'équivalent néerlandais de la Sacem), sachez bien que cette société répartit beaucoup via les sondages et que les petits auteurs, tels par exemple les accordéonistes dans des bals, ne voient jamais un sou, les droits sont rajoutés à la masse, c'est à dire aux multinationales qui contrôlent les conseils d'administration de ces sociétés que vous admirez tant. Merci de me répondre sans m'insulter et donc de m'indiquer avec des exemples précis en quoi la Sacem n'est pas équitable dans ses modes de calcul de sa répartition. Cordialement. Laurent Petitgirard ![]() ![]() bourgpat
Le 11 Février 2009 à 23h30
L'égalité est elle l'équité.
Depuis longtemps ont connait le fait que les majors achètent du temps d'antenne auprès des radios en leur offrant divers avantages (lots de cadeau à refourger à leur auditeurs, exclusivité pour l'accès aux nouveaux titres. Vous défendez une égalité complète sans règlementation aucune. Le problème ets que cette égalité à été détournée pour en plus désavantager certains artistes contre d'autres. ne serait il pas temps de limiter les revenus qui peuvent être retirés par un artistes du fait de la diffusion. Les majors cherchant un nouvel équilibre devront alors promouvoir plus d'artistes pour obtenir les même revenus. Car en l'absence de promotion c'est toute l'avenir d'un disque et de son auteur qui sont mis en jeux. Résultat, en 2006, moins de 6 % des références vendues accaparaient 90 % du marché. Les radios ont aussi contribué à appauvrir le marché. Un rapport établi en 2006 par l'Observatoire de la musique sur 31 stations, soit 92 % de l'audience, a chiffré ce que tout auditeur, même occasionnel, subodorait probablement : moins de 3 % des titres diffusés occupent les trois quarts du temps d'antenne musicale. Sur les radios jeunes comme NRJ, Skyrock, mais aussi le Mouv', radio publique, c'est encore pire : les 40 titres présumés les plus populaires représentent 60 % des diffusions. Certains passent 15 fois par jour sur la même antenne, 55 fois par jour toutes stations confondues. A quand de la discrimination positive pour les jeunes artistes. Car tant que vous payerez plus pour toujours plus de matraquage ce cercle vicieux continuera. La règlementation est bien utilisée pour contraindre le marcher malgré les accord internationaux, nos chères radio sont contrainte aujourd'hui à 80% de programmation française en dehors des règles du marcher. ![]() Ricodahalvarez
Le 11 Février 2009 à 23h58
Cher Monsieur,
loin de moi l'idée de vous manquer de respect en quelque manière, notre tribune n'est-elle pas une invite au dialogue avec votre société d'auteurs ? Bien sûr, je ne puis rien présager de la réaction des membres de ce site que nous remercions au passage d'avoir eu la gentillesse de nous laisser exprimer notre point de vue. Je vais tâcher de répondre à vos objections, dans la limite de mes connaissances. Sur votre 1/ je n'ai pas grand chose à dire, sinon, qu'il faudra remplacer les 10% que nous attribuons à tort à jamendo, par 1% qui correspond mieux à la réalité. Sur votre 2/ il y a tant à dire... De votre point de vue, les diffuseurs seraient responsables de la mauvaise répartition des droits ? N'avez vous pas le sentiment de vous dédouaner en disant cela ? C'est tout de même ces misérables ritournelles qui vous assurent votre confortable salaire dans cette société d'auteur. Vous avez le courage de dénoncer cet état de fait, c'est tout à votre honneur, mais je parie que vous n'êtes pas majoritaire dans cette vision des choses. Et vogue la galère pour les vrais créateurs... Vous demandez un preuve que la répartition favorise un nombre microscopique d'artistes surmédiatisés, et vous me donnez l'argument qui prouve ce que nous avançons dans notre tribune... Je ne peux que vous remercier, rhétoriquement parlant bien sûr. Et vous n'êtes aucunement responsables de cet état de fait ? Alors pourquoi suivre aveuglement les délirantes lois que les majors tentent d'imposer depuis des années ? Qu'avez-vous précisément contre une conception "mutualiste" de la répartition ? C'est justement un problème de fond, l'injustice de la répartition, et c'est pour cela précisément que nous voulons (par le dialogue entendons-nous bien) vous pousser à évoluer ! Vous citez l'égalité de la minute de M. Dupont par rapport à celle de M. Mc Cartney. Soit. Mais vous n'allez pas nous faire croire que vous vous souciez autant de M. Dupont ? Et, au final, on en revient toujours au même cercle vicieux : vous poussez les artistes qui s'inscrivent chez vous à devenir des Mc cartney, car les Dupont ne vous rapportent rien. Sur les droits d'auteur à la tête du client, je ne vois pas ce que vous voulez dire, je vous prierai de bien vouloir éclairer ma lanterne. Nous défendons la gestion individuelle des droits d'auteur, et voyons d'un mauvais ?il que des artistes ne soient pas du tout rémunérés, sous prétexte que leur rémunération est trop minime, ou qu'il faille absolument passer par la SACEM pour toucher des droits, etc. Et nous dénonçons aussi que votre société perçoive des sommes pour des artistes qui ne sont pas chez vous, sous prétexte qu'ils sont ignorants de la marche à suivre pour les percevoir "sans vous". En bref, vous ne donnez pas les arguments qui plaident le mieux en votre faveur. Je ne peux que vous inviter de nouveau à venir débattre demain avec nous. Et surtout, comme nous vous y invitons officiellement par ce texte, à faire en sorte qu'un véritable dialogue s'installe entre tous les acteurs en présence sur cet épineux problème de la répartition, que ne vous en déplaise votre institution n'incarne plus comme elle le devrait. Bien cordialement, Eric Aouanès ![]()
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