Les difficultés judiciaires que rencontre le vice-président de Samsung pourraient sceller le destin de l'entreprise sud-coréenne. La société vient d'approuver la gestion indépendante de ses filiales. Un premier pas avant la dissolution du conglomérat ?

Samsung tombe de Charybde en Scylla. Alors que la justice sud-coréenne a placé en examen Lee Jae-yong — l’héritier et le vice-président du conglomérat asiatique — pour corruption, détournement de fonds, parjure et dissimulation de biens à l’étranger le 28 février 2017, le groupe risque aujourd’hui d’exploser en plusieurs plus petites entités indépendantes, ce qui signerait la fin de la société telle qu’on la connaît.

Yonhap rapporte en effet que la compagnie a présenté un « nouveau plan d’innovation managérial » dans lequel il est notamment question de procéder à la « dissolution totale du bureau stratégie d’entreprise du groupe Samsung, qui a joué le rôle de tour de contrôle du conglomérat  » et au «  basculement vers un système de gestion indépendante au sein des filiales ».

CC Oskar Alexanderson

Dans ce cadre, « l’appellation du groupe Samsung disparaîtra désormais avec le système de gestion indépendante des filiales. Les recrutements groupés de personnels n’auront plus lieu à l’avenir. Les recrutements seront assurés par chaque filiale », poursuit l’agence de presse sud-coréenne. Les salariés qui travaillaient dans cette « tour de contrôle » seront redéployés dans les filiales, explique le Korea Herald.

Le journal précise qu’en plus de la disparition de ce bureau et de l’autonomisation des filiales, la division chargée des relations avec les pouvoirs publics devrait aussi passer à la trappe du fait de son rôle supposé de lobbying. À la place, Samsung prévoit de faire appel à des cabinets d’avocats locaux pour défendre ses intérêts, officiellement pour ne plus avoir de contacts directs avec les pouvoirs publics.

« C’est un choc de voir Samsung démanteler l’intégralité de la structure et couper les liens entre les filiales comme s’il brisait une flotte », a réagi Chung Sun-sup, directeur général du cabinet Chaebul cité par Le Figaro. L’engrenage de la décentralisation pourrait provoquer le démantèlement progressif du groupe, du fait notamment de la présence de trois héritiers dont l’un est actuellement dans les mains de la justice.

C’est un choc de voir Samsung démanteler l’intégralité de la structure

Malgré l’autonomisation qui est en train de s’opérer entre les filiales de Samsung, certains contacts devraient perdurer. Yonhap explique ainsi que « les trois grands piliers, à savoir Samsung Electronics, Samsung Life Insurance et Samsung C&T, devraient conserver des liens de consultation pour les grosses affaires afin d’ajuster les décisions tout en maintenant leur autonomie ».

Les difficultés que traverse actuellement Samsung sont directement liées au scandale Choi Soon-sil, qui est en cours depuis fin 2016 en Corée du Sud. Celui-ci concerne l’influence qu’a eu une femme d’affaires sud-coréenne, Choi Soon-sil, sur la présidente Park Geun-hye, en jouant le rôle de confidente. En l’espèce, la direction de Samsung est suspectée d’être passée par Choi Soon-sil pour influencer le gouvernement.

La présidente Park Guen-hye.
CC Young-Jin Yoo / World Bank

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