Travis Kalanick, CEO d'Uber, a démissionné du conseil de consultation économique de Donald Trump. Il entend ainsi marquer son désaccord avec le MuslimBan adopté par le président.

Uber, le leader des VTC, semble avoir enfin choisi son camp au sujet de la politique menée par Donald Trump. En effet, Travis Kalanick, son CEO, a décidé de quitter le conseil économique du président, composé de 18 leaders de la tech, dont Jim McNerney (Boeing), Mary Barra (GM) et Elon Musk (SpaceX et Tesla).

Dans un mail envoyé à ses employés, Kalanick explique ainsi : « Plus tôt aujourd’hui, j’ai parlé brièvement avec le président en ce qui concerne son décret sur l’immigration et les problématiques qu’elles provoquent pour notre entreprise. Je lui ai aussi dit que je ne participerai pas à son conseil économique. Rejoindre ce groupe n’était pas une approbation du président ou de ses décisions politiques, mais malheureusement cela a été mal interprété. »

Une position loin du pragmatisme d’Elon Musk

La décision du CEO fait suite à une vague de protestations qui a ciblé directement Uber, après son intervention à l’aéroport JFK de New York, considérée comme une manœuvre commerciale mettant à mal les protestations anti-Trump entamées par les manifestants. Cela a mené à une campagne nommée #DeleteUber qui incitait les clients d’Uber à supprimer l’application et à passer à d’autres services de covoiturage, comme par exemple Lyft. D’après le New York Times, 200 000 utilisateurs auraient supprimé l’application d’Uber à cette occasion.

Néanmoins, un autre événement a mené Kalanick à cette décision : ses employés lui ont envoyé plusieurs lettres pour expliquer comment son engagement avec l’administration Trump les a affectés de manière négative.

Ainsi, ce jeudi Kalanick répond à ses employés : « L’immigration et l’ouverture aux réfugiés est un aspect important du succès de notre nation et, honnêtement, d’Uber aussi. […] Nous lutterons pour les droits des migrants de nos communautés, de manière que tout le monde puisse être soi-même avec de l’optimisme et de l’espoir pour le futur.  »

Elon Musk, de son côté, préfère adopter une stratégie pragmatique, en tentant de lancer une médiation entre le président et la population américaine. En effet, le patron de Tesla et de SpaceX a lancé sur son compte Twitter : « Lisez, s’il vous plaît, le décret sur l’immigration. Donnez-moi vos idées d’amendements. J’irai chercher un consensus avec les conseillers et le présenterai au président. »

À lire sur Numerama : Les données d’Uber sur la circulation, une mine d’or pour les villes et leurs urbanistes

Partager sur les réseaux sociaux