Selon des documents judiciaires, les chauffeurs Uber aux États-Unis pourraient réclamer plusieurs milliards de dollars de dédommagement s'ils étaient reconnus comme dépendants de la plateforme de VTC.

Lorsqu’Uber a accepté de payer 100 millions de dollars à ses chauffeurs pour mettre fin à une procédure judiciaire en Californie et au Massachussets, beaucoup se sont étonnés de l’énormité de la somme, alors que l’accord ne couvre que deux états aux États-Unis. C’était un encouragement à imiter la procédure pour réclamer d’autres dommages et intérêts. De fait, une autre plainte est déjà engagée dans l’Illinois, avec une possibilité d’extension à l’ensemble du pays.

Mais aussi forte que la somme puisse paraître, elle n’est rien en comparaison de ce que pourrait devoir payer Uber, si la justice américaine reconnaissait que les chauffeurs ne sont pas des travailleurs indépendants comme le prétend le service de VTC, mais bien des salariés comme le demandent les plaignants.

Uber estime son risque à 429 millions de dollars

En effet selon l’agence Reuters, des documents produits dans le cadre de la validation judiciaire de l’accord amiable en Californie et au Massachussets montrent que les chauffeurs des deux états pourraient réclamer jusqu’à 852 millions de dollars d’arriérés de dédommagement. C’est ici l’estimation réalisée par les avocats des VTC, mais ceux de Uber calculent eux-mêmes que les dommages et intérêts à verser pourraient s’élever à 429 millions de dollars. En coupant la poire en deux, la somme réelle de dédommagement pourrait donc être de plus de 600 millions de dollars.

En réclamant un statut de chauffeur salarié, les VTC estiment qu’Uber doit leur rembourser l’ensemble des frais engagés pour leur activité, en particulier les frais d’essence et d’entretien du véhicule. Ils estiment aussi, culture américaine oblige, être bénéficiaires de 20 % de la facture, au titre des pourboires qui sont normalement versés à un employé dans les services.

L’accord amiable doit encore être approuvé par la justice, et ce n’est pas encore fait. Lyft s’était ainsi fait retoquer un accord amiable qui portait sur 9 % de la somme auxquels pouvaient prétendre des chauffeurs. Ici, l’accord négocié porte sur moins de 10 % des sommes auxquelles les chauffeurs prétendent avoir droit.

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