Uber devra à nouveau affronter la justice aux États-Unis pour savoir s'il est une simple plateforme d'intermédiation entre les VTC et leurs clients, ou bien l'employeur des chauffeurs avec une obligation de respect des droits sociaux des salariés.

Il fallait s’y attendre. Quelques semaines à peine après qu’Uber a annoncé un accord amiable à 100 millions de dollars en Californie et au Massachusetts, le service de VTC se retrouve à nouveau traîné devant la justice, pour les mêmes raisons. Comme dans ces deux États, les chauffeurs de l’Illinois demandent au tribunal de reconnaître qu’ils sont placés dans un tel état de dépendance à l’égard d’Uber qu’ils doivent bénéficier du statut de salarié, plutôt que d’être considérés comme des « travailleurs indépendants ».

Selon Techcrunch, la class action a cette fois-ci une portée nationale, ce qui permettrait à tous les chauffeurs de l’ensemble des États-Unis de se joindre à l’action, à l’exception de ceux qui ont accepté l’accord amiable signé en en Californie et au Massachusetts. Là bas, Uber a accepté de payer 84 millions de dollars tout de suite, et 16 millions supplémentaires en cas d’entrée en bourse réussie, pour que les chauffeurs conservent leur statut d’indépendant et ne profitent donc des protections sociales assorties au statut de salarié.

Ils choisissent Uber parce qu’ils veulent être leur propre patron

Les VTC qui s’inscrivent sur la plateforme Uber demandent que la justice oblige leur « employeur » à respecter les droits des employés, et en particulier que soient payées les heures supplémentaires, les congés payés, les frais d’entretien du véhicule, ou même les pourboires qui seraient soit inclus dans la facture du client établie par Uber, soit tout simplement ignorés parce que tout est payé à l’avance par carte bancaire.

En toute logique, Uber devrait proposer le même type de règlement amiable. Mais tout l’intérêt de l’accord trouvé en en Californie et au Massachusetts était d’éviter une jurisprudence qui aurait pu infuser tout le pays. Il n’est donc pas dit que l’entreprise accepte d’étendre à l’ensemble des États-Unis un accord aussi coûteux. Les négociations s’annoncent tendues et pourraient prendre des années.

En attendant, Uber continue de prétendre que la grande majorité de ses chauffeurs VTC ne demandent pas à être traités comme des salariés. « Aux États-Unis, près de 90 % [des VTC] disent qu’ils choisissent Uber parce qu’ils veulent être leur propre patron. Les chauffeurs valorisent leur indépendance », avait ainsi affirmé Travis Kalanick, le patron d’Uber, dans un billet de blog.

Sur son site, la plateforme affiche des témoignages de chauffeurs, tous plus heureux les uns que les autres de travailler avec Uber :

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